Des résidents des deux rives du Fleuve Sénégal, de Soutoukoulé à Niakaniaka, de Kamakolé à Papaga, les kaysiens demeurent confiants aux Forces de défense et de sécurité quant à la menace sécuritaire infligée à notre pays. Eu égard la densité de la circulation routière en cette matinée (entre 9 et 10 heures) de ce mercredi 29 avril.
Quelques hommes, tous ayant la quarantaine révolue, causent autour du thé devant une boutique de vente de produits alimentaires à Kayes N’Di, non loin du rond-point situé du cimetière de la même localité. A notre passage pour se ravitailler, ces adultes parlaient au sujet de la situation qui prévaut actuellement au Mali.
«Rassurez-vous ! Dans ces deux jours il y aura une nouvelle positive concernant les combats autour de Kidal», tente de rassurer un d'entre eux.
A notre question sur leur moralité par rapport au probable menace d'attaque terroristes qui plane sur la ville de Kayes, ces personnes ont, du coup, agit ensemble. « La peur n'est pas kaysienne...», réagit Mamadou Touré, tout en rappelant la réaction de la population lorsque de la première attaque terroriste de la Cité des Rails.
Ousmane Traoré, qui s'occupe du thé, réplique, coïncidant au passage au ciel d'un aéronef des FAMa. « Vous croyez que nous nous allons paniquer avec la présence de toutes ces appareils de surveillance au-dessus de nous...», dit-il en soulevant la théière sur le feu. Et d’ajouter : « Vous, si vous avez peur pourquoi ne pas rester terrer dans notre chambre?».
Ce grin, visiblement serein, s'emploie à nous rassurer. « Allez-y au rond-point vous allez vous rendre compte vous-même », nous indique, du doigt, un d'entre eux. Effectivement, au niveau de ces lieux situés à quelques pas d'eux, nous trouvons sur place des agents de la police en train de contrôler tous les véhicules qui passent par là. Ici, sans contestation aucune, tous les usagers venant du côté de l'aéroport de Kayes se soumettent aux fouilles des policiers.
Tout comme les commerces, l'administration, l'école ainsi que les ateliers de dépannage fonctionnent à merveille. Les élèves de l'école-jardin franco-arabe Dar Roul-Arkam de Kayes
N’Di sont en récréation à notre passage. Au regard de l'affluence, à l'image des autres établissement scolaires de la ville, tout indique l'absence d'une quelconque agitation, de souci tant physique ou morale chez les écoliers et leurs parents. Non loin de cette école privée, se trouve un atelier de maintenance.
Les chefs et leurs apprentis débattent sur l'actualité de la Région. A savoir, la prorogation du couvre-feu qui est désormais décrété jusqu'à nouvel ordre de 21 heures à 06h00, contrairement à la dernière décision qui commençait à 00h pour prendre fin à partir de 06h00 renouvelable chaque moi.
On ne se met pas d'accord sur la décision sécuritaire du Gouverneur. Chacun y va de ses commentaires. Estimant que le couvre-feu à partir de 21 heures est tôt, O.S est rancuné. Il renconte une anecdote incriminant les forces de sécurité.
« Les policiers m'ont arrêté la nuit lorsque je partais acheté des médicaments à la pharmacie pour ma femme qui accouchait. Ils n'ont pas voulu regarder la fiche médicale que le médecin m'avait donné. N'eut été l'intervention d'un parent porteur d'uniforme que ne l'ai fait venir, ma femme allait trépasser », se remémore-t-il.
Issa Sissoko estime que son cas est isolé. Selon lui, les autorités régionales ont pris cette décision par nécessité sécuritaire. « C'est dans notre propre intérêt. Personne n'ignore la menace sécuritaire», tente-t-il de convaincre sur nouveau le décret salutaire du couvre-feu.
Nous coïncidons à un accident de circulation routière, au niveau de la résidence du Gouverneur impliquant un conducteur de taxi-moto et un véhicule personnel ayant nécessiteux l'intervention des sapeurs pompiers au secours d'une femme qui était déjà sur la civière. Comme pour témoigner l'affluence de la circulation routière.
Également, nous constatons le même attroupement quotidien, au niveau du marché, sur la route passant devant le commissariat de police du 1er arrondissement en direction de la sortie de la ville vers le Sénégal. Par contre, au quartier Kahson, vers le camp militaire sérieusement sécurisé, nous remarquons quelques militaires, en binôme, portant l’arme, circulés.
D'autres sont en engins à deux roues d'opération. Faut-il noter que, selon les kaysiens, cette présence remarquable rassure davantage la population.
Oumar DIAKITE
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