Nous sommes de ceux qui croient au pouvoir surnaturel, à la magie, aux forces occultes qui permettent à une personne d’agir sur le monde matériel par le biais de rituels spécifiques. Mais de là à penser que le long règne de Karounga Keïta à la tête du Djoliba était sous-tendu par les pouvoirs occultes, il y a un pas que nous ne pourrions franchir et pour une raison très simple : parce que c’est difficile, voire impossible de prouver cela.
Par contre, ce qui est sûr et qui était vérifiable pour tous ceux qui ont connu l’homme, c’est que Kéké était un homme intelligent, quelqu’un qui avait l’aptitude à garder, en toutes circonstances, présence d’esprit et maîtrise de soi. «Je connais Kéké depuis plus de trente ans, je ne l’ai jamais vu en colère», nous confiait en 2009 l’ancien vice-président du Djoliba, chargé de la section football, feu Lassine Diarra. Et d’ajouter : «Kéké est un homme incroyable».
C’est un simple fait du hasard qui nous a amené ce jour dans le bureau de feu Lassine Diarra, quelques minutes après la visite de Karounga Keïta. L’ancien vice-président des Rouges a passé près d’un quart d’heure à parler de Kéké, en insistant sur son admiration pour l’homme et la passion commune qui sous-tendait leurs relations : le football.
Ces genres de visite faisaient partie du quotidien de Karounga Keïta qui ne ménageait ni son temps, ni son énergie pour aller au contact des dirigeants, joueurs et supporters du Djoliba. Et quand il était empêché pour une raison ou une autre d’effectuer des visites, l’ancien président des Rouges faisait ses entretiens à Hérémakono-devenu aujourd’hui Complexe sportif Karounga Keïta-où il disposait d’un bureau.
Des problèmes, Kéké en a rencontré plusieurs, quand il occupait le banc des Rouges mais aussi pendant sa présidence, mais à chaque fois, il a réussi à rebondir, en s’appuyant sur sa capacité d’écoute et la stratégie qui consistait à mettre la famille du Djoliba au-dessus de tout. L’ancien international avait une autre force et pas des moindres : sa gestion financière qui a permis au Djoliba de devenir le premier club malien à réaliser un complexe sportif digne de ce nom. Le banquier qu’il a été pendant toute sa carrière professionnelle, a réussi, en quelques années, à transformer complètement les finances des Rouges.
Certes, les résultats sportifs n’ont pas été à la hauteur des attentes, mais la gestion financière de Kéké a permis aux Rouges de franchir un nouveau cap et de devenir ce qu’on peut appeler un club semi-professionnel. Avec un tel bilan, le défunt président des Rouges avait-il besoin de «Ngaran» pour asseoir son pouvoir ? Sans doute pas et le secret de la longévité de Karounga Keïta s’explique simplement par son parcours sportif élogieux et ses qualités de dirigeant.
Avec sa mort, le football malien, en général et la famille du Djoliba, en particulier, perd une légende, un homme qui a consacré près de la moitié de sa vie au ballon rond. Mais avec le Complexe sportif des Rouges qui porte son nom, Kéké restera éternel et son héritage continuera d’inspirer les générations futures.
Souleymane Bobo TOUNKARA
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LE MONDE SPORTIF SALUE LA MÉMOIRE D’UN GRAND HOMME
Mamoutou Touré «Bavieux», président de la Fédération malienne de football : «J’ai appris avec beaucoup de tristesse le décès de Karounga Keïta «Kéké», ancien membre du Comité exécutif de la Femafoot et président d’honneur du Djoliba. J’ai eu l’occasion de le côtoyer pendant de très longues années dans le cadre de l’animation du football. Le Mali et l’Afrique perdent en lui une icône. Que son âme repose en paix !»
Youba Cissé, membre du comité central des supporters du Djoliba : «La mort est un vêtement que chacun de nous portera un jour. À chaque fois qu’il se passe un mal au sein du club, Kéké était là pour réunir les membres du club. Karounga était tout pour le Djoliba et dire qu’il ne verra plus les joueurs, ça me fait mal. Repose en paix Kéké, qu’Allah t’accueille dans son paradis».
Boubacar Kolon Sidibé, ancien président du Stade malien : «Ma peine est immense, un monument du football malien nous a quittés aujourd'hui (dimanche, ndlr). J’adresse mes sincères condoléances à sa famille, à son club de cœur, le Djoliba et à ses proches».
Fanyeri Diarra, ancien joueur et ancien coach du Djoliba : «Je suis très attristé du départ de l’âme du Djoliba. Kéké représentait beaucoup pour le Djoliba et le sport malien. C’était un homme très courtois et très ouvert. Je prie pour le repos de son âme. Il va beaucoup nous manquer»
Sékou Seck, ancien entraîneur du Djoliba : «C’est un coup dur pour le football malien en général et pour le Djoliba en particulier. Ce grand homme a beaucoup contribué au développement du football national et de son club de cœur, le Djoliba. Dors en paix Kéké !»
Demba Koné, supporter : «Un baobab vient de tomber. Nous avons perdu une légende, un grand homme qui a consacré l'essentiel de sa vie au football, en général et au Djoliba en particulier. Son histoire se confond avec celle du Djoliba. La famille du Djoliba est durement éprouvée».
Me Famakan Dembélé, président du Réal : «Au nom du comité exécutif du Réal, nous présentons nos sincères condoléances à la famille de Karounga Keïta. Son nom et ses œuvres resteront à jamais gravés dans nos mémoires. Nous prions pour le repos de son âme».
Habib Sissoko, président du Comité national olympique et sportif : «Kéké était un géant, un monument, un passionné de sport. Merci pour tout ce que tu as apporté au football malien. Ton départ laisse un grand vide dans le sport national. Dors en paix, Kéké».
Propos recueillis par
Djènèba BAGAYOKO
Soulemane Bobo TOUNKARA
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