Les pays invités au grand festin nourrissent tous le même rêve : se hisser sur la plus haute marche du podium et succéder au palmarès de la compétition à la Côte d’Ivoire, sacrée à domicile en 2024 (victoire 2-1 contre le Nigeria). Si la CAN réserve toujours son lot de surprises, force est d’admettre que quelques sélections se détachent du lot de cette 35è édition-du moins sur le papier-et devraient se retrouver au moins dans le dernier carré du tournoi.
Parmi ces nations, figure d’abord le Maroc, l’hôte de la CAN et 1ère nation africaine au classement mondial FIFA. Demi-finaliste de la dernière Coupe du monde au Qatar, une première pour un pays africain, le Maroc a tout pour plaire et reste sur la bagatelle de 16 victoires consécutives, toutes compétitions confondues, un record mondial. A domicile, les Lions de l’Atlas ne peuvent viser que le sacre et le capitaine Achraf Hakimi et les siens pourront compter sur le soutien de tout un pays.
Si de ce côté, l’hôte de la CAN n’a aucun souci à se faire, les choses ne s’annoncent pas faciles sur le terrain parce que d’autres nations peuvent également prétendre au graal, à l’image de la Côte d’Ivoire, championne d’Afrique en titre, le Nigeria toujours là, les Lions indomptables du Cameroun, rois du suspense (5 titres), l’Egypte, recordman de la CAN (7 trophées), la Tunisie qui affiche un bilan de 16 participations à la phase finale (série en cours), le Sénégal de Sadio Mané et bien entendu des outsiders aux dents longues capables de déjouer les pronostics.
Justement, la curiosité de cette CAN concerne les outsiders. Ont-ils les moyens de bousculer la hiérarchie dans le Royaume chérifien ? Si on ne peut jurer de rien, il est clair que des pays comme le Mali, l’Algérie, la Zambie, l’Afrique du Sud, l’Angola, la RD Congo, le Burkina Faso arrivent au Maroc pleins d’ambitions et vendront chèrement leur peau. Normal, quand on sait que dans la production du jeu proprement dit, ces nations n’ont pas grand-chose à envier aux favoris. En fait, la différence entre les cadors du continent et les autres nations se situent surtout au niveau des individualités, c’est-à-dire, des joueurs impactants qui jouent un double rôle : porter l’équipe et déstabiliser le jeu adverse.
Exceptés le Ghana, quadruple champion d’Afrique et dans une moindre mesure, la Guinée de Serhou Guirassy, presque tous les grands noms du football africain seront présents au Maroc, promettant de belles empoignades, comme on en a vu lors de la dernière CAN en Côte d’Ivoire où les Aigles sont tombés en quarts en finale devant les Eléphants, futurs vainqueurs de la compétition.
Dans le Royaume chérifien, le capitaine Yves Bissouma et ses coéquipiers visent plus haut et doivent une revanche aux supporters après avoir raté la qualification à la Coupe du monde 2026. Le Mali est aujourd’hui l’un des pays du continent dont on dit le plus grand bien, mais il y a une triste réalité derrière ce jugement : les Aigles n’ont jamais réussi à soulever le prestigieux trophée en 13 participations à la CAN. Jusque-là, la meilleure performance de la sélection nationale reste la finale de Yaoundé 72, perdue 3-2 devant le Congo.
Il faut dire que la disette a trop duré et commence à agacer nos compatriotes qui ne s’expliquent pas les multiples échecs des Aigles aux phases finales. Pourtant, les éliminatoires se passent presque toujours bien pour l’équipe et ce fut encore le cas pour cette CAN avec un bilan de 10 buts marqués en 6 matches pour seulement 1 encaissé. Cette année sera-t-elle celle de la confirmation pour la sélection nationale, version Tom Saintfiet ? C’est tout le mal que nous souhaitons pour le capitaine Yves Bissouma et ses coéquipiers qui doivent savoir que c’est l’occasion ou jamais d’écrire une nouvelle page de l’histoire de notre football.
Soulemane Bobo TOUNKARA
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