Des bœufs en errance en train de paître
Les
rues et chaussées de Bamako ne sont pas fréquentées par les seuls humains. Du
lever au coucher du soleil, de nombreux animaux, en errance, fréquentent ces
endroits. Un âne dressé sur le terre-plein d’une avenue, des moutons fouillant
dans les poubelles à la recherche de restes d’aliments, des bœufs divaguant ça
et là sans berger. Ce sont autant d’illustrations du phénomène à Bamako.
Pis : quand ces animaux se faufilent entre les voitures, cela donne lieu à
des scènes surréalistes.
Leur
présence en plein cœur de Bamako étonne même les ruraux qui débarquent pour la
première fois dans la capitale. «J’ai remarqué quelque chose qui me préoccupe
sérieusement depuis mon arrivée à Bamako. Les moutons et les bœufs, à longueur
de journée, errent tranquillement comme si la capitale était un lieu de
pâturage. On les rencontre dans les concessions, sur les voies et autres espaces
public, dans les cours des écoles, les ruelles et même dans les marchés.
Ils
broutent tranquillement dans les espaces verts et leurs excréments sont
partout. Le plus étonnant, c’est que cette habitude incongrue est tolérée par
les populations», déplore le jeune Amadou Tamboura. Si leur présence n’est
guère surprenante dans les quartiers périphériques, leurs mouvements en pleine
ville est plutôt source d’ennuis dans la circulation, fait remarquer le
motocycliste Abdoul Karim Dembélé. «Chaque jour, en allant au service, nous
sommes gênés par ces animaux qui souvent, nous mettent en retard de cinq à quinze minutes ou même plus»,
témoigne-t-il.
De
son côté, pour éviter une déviation périlleuse, Moussa Sacko, commerçant au
Grand-marché de Bamako a dû cogner, en pleine course, un âne qui avait amorcé
la traversée de la voie. «L’âne est arrivé devant nous et nous n’avons pas pu
l’éviter, nous l’avons cogné. Ce jour-là, j’ai été obligé de rentrer à la
maison, car ça n’allait pas. C’est un véritable Fléau auquel il faut trouver
une solution», estime-t-il.
Dans
la plupart des cas, les bêtes se promènent sans berger. Nous nous sommes alors
rendus dans l’un des plus vastes parcs d’animaux de Bamako pour en savoir
davantage. Pour Samba Diallo, éleveur à Niamana, les bêtes ont le droit de se
promener librement, car il n’y a ni pâturage ni espace de promenade à Bamako.
La nuit, on garde les animaux dans les parcs, mais le jour, il est obligatoire
qu’ils sortent. L’aliment bétail coûte cher. On les amène en ville pour boire
au niveau des lavages et chercher le complément d’aliment dans les poubelles.
Les animaux ne peuvent être immobilisés comme des marchandises», affirme-t-il.
Autre déboire : «Une fois, à Badalabougou, deux voisines se sont disputées à cause des moutons. L’une était propriétaire des bêtes. L’autre s’est plaint auprès de sa voisine pour lui expliquer que ses moutons se sont introduits dans sa cuisine et ont mangé son mil en son absence. La propriétaire a traité la voisine de menteuse et jalouse. La discussion a mal tourné et les deux femmes ont failli en venir aux mains. Heureusement que les autres voisins ont intervenu à temps. Les accrochages de ce genre, à cause de ces animaux, sont monnaie courante et c’est très déplorable», regrette Moussa Koné, un habitant de Badalabougou.
MESURES
D’ACCOMPAGNEMENT- Pourtant cette année à travers la Direction urbaine de bon
ordre et la protection de l’environnement (Dubope), la mairie du District de
Bamako a procédé à la relecture des textes concernant la divagation des
animaux. Moro Diarra, directeur de la Dubope de la mairie du Districts de
Bamako explique : «L’arrêté n° 2023-023 / M - DB du 07 juin 2023, fixant
les tarifs fourrière pour animaux en divagation et véhicules ou engins en
situation non réglementaire dans le District de Bamako cite en son article 1er
les droits de fourrière journalier et de gardiennage pour abandon d’animaux.
Ainsi, pour les bovins, les équidés et les camélidés, la taxe de mise en
fourrière est de 17.500 Fcfa par tête. La taxe journalière de garde s’élève à
2.700 Fcfa par tête.
Quant aux ovins, caprins, canidés, porcins et
autres, la taxe de mise en fourrière est de 15.000 Fcfa par tête et la taxe
journalière de garde est 1.500 Fcfa par tête. Indépendamment de ces amendes, le
contrevenant peut encourir des sanctions judiciaires comme l’explique l’article
266 du code pénal», souligne Moro Diarra. Cet acte municipal a du mal à gérer,
par exemple, le phénomène aux alentours de la Cité ministérielle. Le responsable de la Dubope explique l’inefficacité
de l’arrêté règlementant la circulation des bêtes à Bamako par le manque de
mesures d’accompagnement.
«À cette date, la mairie du District de Bamako ne
dispose pas de fourrière pour animaux. D’ailleurs, les quelques rares fois où
les animaux sont saisis, ils sont évacués vers les fourrières de fortune,
c’est-à-dire des enclos, soit de la Commune I soit de la Commune IV. Aussi nous
sommes confrontés à un manque de moyens de transport appropriés des animaux
saisis, sans oublier le manque d’effectifs pour assurer le maillage de tout le
territoire du District de Bamako», regrette Moro Diarra.
Disons qu’en plus des retards chez les usagers et les accidents de la circulation, la divagation des animaux est également une menace pour le développement des espaces verts dans la ville de Bamako qui cherche à se faire belle. Une décision, doit être prise rapidement par les autorités pour débarrasser la ville d’un phénomène qui, en partie, est aussi responsables de l’insalubrité à Bamako.
Seibou Sambri KAMISSOKO
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