Les Français (blanc) aborderont le match contre les Espagnols avec les faveurs des pronostics
Aucun des trois pays les plus titrés de la Coupe du monde (le Brésil 5 trophées, l’Allemagne et l’Italie, 4 couronnes chacune) ne figure au tableau des demi-finales de cette 23è édition du Mondial. Le Brésil et l’Allemagne sont tombés, respectivement en huitièmes et seizième de finale, victimes de la Norvège et du Paraguay, alors que l’Italie n’a même pas réussi à se qualifier à la phase finale.
L’absence de ces trois nations qui ont marqué, chacune, à leur manière l’histoire de la compétition la plus prisée du monde, enlève-t-elle de la valeur aux demi-finales de ce Mondial, prévues aujourd’hui et demain et qui opposeront, d’une part la France et l’Espagne et d’autre part, l’Angleterre et l’Argentine. à notre avis, la réponse est claire et ne saurait souffrir de contestation : jugés sur l’ensemble de leur prestation, du début des éliminatoires à la phase finale, le Brésil, l’Allemagne et l’Italie ne méritaient pas de figurer dans le dernier carré de cette Coupe du monde 2026.
A l’inverse, l’Argentine, championne du monde en titre, la France, vice-championne du monde, l’Espagne et l’Angleterre, respectivement 2è et 3è nations au classement mondial FIFA trônent au sommet de la planète foot depuis plusieurs années, enchaînant les performances de haute volée.
L’Argentine de Lionel Messi est détentrice de la couronne mondiale et de la Copa América (2024), l’Espagne a remporté l’Euro 2024, la France a été finaliste de la Coupe du monde 2022 et demi-finaliste de l’Euro 2024 et l’Angleterre a été finaliste des deux derniers Euros (2020 et 2024).
Ce n’est pas tout, les quatre pays qui s’apprêtent à disputer les demi-finales de la première Coupe du monde à 48 équipes et co-organisée par trois nations (les États-Unis, le Canada et le Mexique) ne sont autres que les quatre premiers du classement mondial FIFA. L’Argentine domine ledit classement devant l’Espagne, la France et l’Angleterre. Pouvait-on espérer meilleure affiche que l’opposition entre les quatre équipes les mieux classées du monde ? Sans minimiser la valeur des autres équipes, dont certaines comme le Cap-Vert, la Norvège, l’Égypte, la Suisse, ont crevé l’écran et contester jusqu’au bout la suprématie des grandes nations, avouons que le plateau des demi-finales de ce Mondial 2026 est royal et fait saliver tout le monde.
L’Argentine de Léo Messi vise une quatrième couronne, après les sacres de 1978, 1986 et 2022, la France de Kylian Mbappé, son troisième trophée, après ceux conquis en 1998 et 2018, alors que l’Espagne de Lamine Yamal, et l’Angleterre de Harry Kane, sont en quête de leur deuxième couronne (leur unique victoire date, respectivement de 2010 et 1966). Pour la première demi-finale qui mettra aux prises la France et l’Espagne, aujourd’hui, le prodige espagnol, Lamine Yamal a annoncé la couleur dès la qualification de son pays. «Nous n’avons peur de personne. Nous sommes capables de battre n’importe quelle équipe. Désormais, nous sommes entièrement concentrés sur la France», a martelé l’ailier de la Roja (surnom de la sélection espagnole, ndlr). La réponse des joueurs français ne s’est pas fait attendre : «Il (Lamine Yamal, ndlr) peut dire ce qu’il veut, je ne suis pas inquiet. Il ne faut avoir peur de personne dans ce football», a répliqué le défenseur des Bleus, Ibrahima Konaté. Pour ce match, tous les regards seront braqués sur Kylian Mbappé, co-meilleur buteur de la Coupe du monde avec Lionel Messi (8 réalisations chacun) et Lamine Yamal, le joueur qui enflamme la planète foot depuis deux-trois ans. Les deux joueurs sont capables de faire basculer un match à tout moment et leur duel est attendu avec impatience et passion par les spectateurs. Le bilan des confrontations entre les deux sélections plaide en faveur de la Roja : 38 matches, 19 succès, 13 défaites, 6 nuls.
MESSI DEPENDANCE- L’autre demi-finale entre l’Argentine et l’Angleterre promet également une belle empoignade, et bien malin celui qui pourra dire laquelle des deux sélections décrochera son billet pour le bouquet final. Il y a encore quelques années et même au début de ce Mondial, peu d’observateurs auraient parié sur les Three Lions (surnom de la sélection anglaise, ndlr) face à l’armada de l’Albiceleste (surnom de la sélection argentine, ndlr). Mais la réalité du terrain a parlé, surtout côté anglais où le sélectionneur Thomas Tuchel et ses joueurs sont en train de surprendre tout le monde.
Certes, l’effectif du technicien allemand peut pécher par manque d’expérience avec des jeunes joueurs comme Bukayo Saka (24 ans), Anthony Gordon (25 ans), Noni Madueke (24 ans), Nico O’Reily (21 ans), Eliot Anderson (23 ans), Djed Spence (25 ans) qui peinent à confirmer les espoirs placés en eux, mais il n’empêche, l’Angleterre a soif de consécration internationale et a les armes pour barrer la route de la finale aux Argentins. Pour les Anglais, la clé de la rencontre passera probablement par la stratégie à mettre en place pour isoler, sinon empêcher Messi d'avoir son rendement habituel. Le capitaine argentin réalise un Mondial exceptionnel et est dans tous les bons coups des siens depuis le début de la compétition.
En attestent les statistiques de La Pulga : 8 buts, 6 passes décisives, un record dans l’histoire de la Coupe du monde. Toutefois, lors des deux dernières sorties de l’Albiceleste face, respectivement à l’Égypte en huitièmes de finale (3-2) et la Suisse en quart (3-1 après prolongations), le génie argentin est apparu en baisse de régime et pourrait manquer de fraicheur physique face aux Anglais. Or, quand Messi ne tourne pas à plein régime, l’Argentine arrive difficilement à poser le jeu et jouer son football, basé sur le jeu court et précis, les transitions rapides et les appels en profondeur.
Rien de tout ça n’a marché en quarts de finale contre la Suisse qui aurait pu s’imposer si elle n’avait joué en infériorité numérique pendant plus d’une demi-heure, suite à l’exclusion de Breel Embolo. Les Three Lions, version Thomas Tuchel, rêvent d’écrire une nouvelle page de l’histoire du football de leur pays et ont de bonnes raisons d’y croire, mais en face, il y a Messi, sans doute le joueur le plus injouable du monde.
Soulemane Bobo TOUNKARA
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