La protection de la vie humaine et l’attention portée aux
plus faibles sont des impératifs moraux – dont l’utilité n’est plus à démontrer
pour qui veut renforcer le socle de notre « vivre ensemble ». Cette vérité a été énoncée à plusieurs reprises tout au long
de notre histoire.
Selon Wa Kamissoko de Krina, le général Fakoli Doumbia fit
le serment suivant au chef d’état Soundiata Keïta peu avant sa mort (en
1255) : «Si nous devons casser un village pour des raisons bien fondées,
si nous devons incendier un pays pour les mêmes raisons (…), sache (…) que si
tes quatre hommes de talent (naara naani) nous priaient de ne point exécuter de
tels actes, nous leur ferons honneur en renonçant (...). Nous ferons les mêmes
honneurs à tes cinq marabouts bénis (mori kanda luurulu) à qui nous demanderons
de prier pour nous (afin que vive la concorde …)».
Youssouf Tata Cissé, qui traduisit les propos du célèbre
traditionniste, rappelait également : «benkani, ngananu ngananu, sonya ani
jatoya», dire non au «rapt, à l’intrigue, au vol et à l’adultère» ; c’est
cela être chasseur» (donzo).
Le recours à la force répond donc à un objectif clair (la
concorde), il est régi par une valeur suprême (l’honneur) et implique un code
de conduite strict. Cette éthique contribua à faire la grandeur du Mandé.
Afin de préserver l’application impartiale du droit, dans le
Songhay, quand survenaient des conflits, leur résolution incombait souvent aux
hommes de Dieu et aux Anciens dont la probité et la dignité faisaient
consensus.
Au XVIIe siècle, Abderrahman ben Abdallah ben Imran ben Amir
Es Sa’di évoque Hammadi Amina, ardho du Macina qui n’acceptait comme médiateur
que l’imam de Djenné, déclarant :« Cette question ne doit pas être
traitée par des agents du pouvoir. C’est la prérogative des lettrés car il
s’agit d’établir la paix et la bonne volonté (‘islah) entre les hommes ».
La protection des civils était également la priorité de
certains généraux. C’est ce que soulignait Sidi Abdallah al-Kounti en 1751
lorsqu’il rapportait les propos d’un certain Oughmar ben Alad, qui « annonça
à ses guerriers qu’aucun d’entre eux ne devait faire le moindre mal aux
habitants de Tombouctou (…) et qu’il ne fallait s’en prendre qu’aux brigands et
aux combattants ».
De même, lorsque mourut Sékou Amadou (1845), le fondateur de
la Diina, Mouhammad ben Ali Pérédio cite l’hommage rendu par un poète de Walata
(Mauritanie) : «Pour les indigents, les indigents de Dieu, tu améliores
leur sort avec justice et bonté, tu dissipes leur chagrin. Tu les protèges de
toute agression et injustice par sollicitude pour eux, bannissant le souci et
la tristesse. Tu les apaises lorsqu’ils se plaignent d’une calamité qui les
accable, tu ne les délaisses ni en public ni en secret».
Alors que s’achève le temps du carême et que se poursuit le
mois du ramadan - temps de réflexion, de prière et d’actions bénéfiques - il me
semble opportun d’évoquer les valeurs de notre société.
Il convient également de rendre hommage aux efforts individuels et collectifs en faveur de l’harmonie et du pardon.
Conformément au mandat de la Mission de l’Union africaine
pour le Mali et le Sahel (Misahel), depuis Bamako, mon équipe et moi œuvrons
discrètement pour «Faire taire les armes» (initiative de l’Union africaine).
Cela n’exclut pas l’appui, nécessaire, aux Forces de défense et de sécurité : il faut des institutions solides pour que règne la force du droit.
Il s’agit d’une œuvre, ardue, qui mérite le soutien de chacun-dans le respect de nos tâches et complémentarités respectives.
Il y va de la réponse à la forte demande sociale de nos «compatriotes»
(maliens, sahéliens, (ouest) africains) -ainsi que de notre stabilité et notre
prospérité partagée.
Ambassadeur Maman Sambo SIDIKOU
Haut Représentant de l’Union africaine pour le Sahel et le Mali
Rédaction Lessor
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