Commission de rédaction de la nouvelle Constitution : Les consignes du président Goïta

Au cours d’une cérémonie d’installation qu’il a présidée hier à Koulouba, le chef de l’état a tenu à rappeler que le projet de loi fondamentale doit faire appel aussi bien aux devoirs, à l’histoire qu’à nos valeurs sociétales. Il s’agira aussi de porter les aspirations profondes à un système cohérent de gouvernance. L’équipe du Pr Fousseyni Samaké devra rendre sa proposition dans deux mois

Publié mercredi 13 juillet 2022 à 05:38
Commission de rédaction de la nouvelle Constitution : Les consignes du président Goïta

Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a installé la Commission de rédaction de l’avant-projet de la nouvelle Constitution de notre pays. Tenue hier dans la salle des banquets du palais de Koulouba, la cérémonie a réuni, outre les membres de ladite Commission, le président du Conseil national de Transition (CNT), le colonel Malick Diaw, le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga, des membres du gouvernement et des présidents des institutions de la République.

Composé de vingt-cinq membres dont un président et deux rapporteurs, avec une diversité de profil, la Commission aura la lourde charge de maintenir l’inclusivité dans la démarche à adopter pour la rédaction de l’avant-projet de Constitution. Au nom de l’équipe, le président de la Commission, le Pr Fousseyni Samaké, a tout d’abord exprimé la reconnaissance au chef de l’état de la confiance placée en eux. « C’est un insigne honneur pour nous d’avoir été choisis pour œuvrer à l’élaboration d’un acte majeur dans le processus de refondation de l’état engagé par les autorités de la Transition », s’est-il réjoui. Soutenant que la décision d’établir une nouvelle Constitution est un facteur important de la volonté politique de faire prendre à notre pays un nouveau départ.

Selon le président de la Commission, l’un des principaux défis lancés aux constituants demeure de faire aller ensemble dans la Constitution les valeurs spécifiques à la version malienne et aux exigences de la gouvernance à tout état moderne. à cet effet, il appréciera que la diversité de profil des membres de la Commission est porteuse de richesses dans les approches en termes de rédaction de l’avant-projet de Constitution. Le Pr Fousseyni Samaké a, par ailleurs, assuré l’engagement total des membres de la Commission de procéder à une large consultation des forces vives de la nation, à tout mettre en œuvre pour accomplir la noble mission de haute portée pour notre pays.

Auparavant, il avait donné quelques explications concernant la Constitution. Pour lui, la Constitution  se présente comme la fondation de l’état compatible à notre système. Elle se trouve au sommet de l’ordre juridique. Les règles qu’elle fixe doivent être respectées par les normes et par tout autre acte juridique. Appelée loi fondamentale, loi suprême ou l’ordre suprême, la Constitution, selon le Pr Samaké, est la réponse première pour appréhender l’état, définir les droits et obligations des citoyens, le statut des pouvoirs publics chargé de la gestion de l’état, les grands principes que doit régir l’organisation du territoire.

Le spécialiste de droit public ajoutera que pour certains, c’est la Constitution qui définit l’identité de l’état. Alors que l’état lui-même est l’organisation politique et juridique de la société à l’intérieur d’un territoire donné. Il en résulte que la Constitution est en prise directe sur la société. Et l’une de ses positions principales, a expliqué le Pr Samaké, est d’énoncer des principes sur lesquelles se constitue le vivre ensemble. Dans ces conditions, il apparaît essentiel que la Constitution reflète les valeurs et les attentes de la société tout en ne perdant pas de vue que l’état et la société vivent aujourd’hui dans un monde globalisé.

 

DANS LA LOGIQUE DES ANR- Le colonel Assimi Goïta rappellera que le processus s’inscrit dans la logique des Assises nationales de la refondation (ANR) qui a décidé conformément à la volonté du peuple souverain de procéder à l’élaboration de la nouvelle Constitution. Ce, après le constat des dysfonctionnements dans la pratique institutionnelle qui se sont soldés par des ruptures de l’ordre constitutionnel. Selon le président de la Transition, la démocratie doit être un chantier qui exige que chaque génération y apporte sa pierre.


C’est pourquoi, a-t-il soutenu, elle ne doit pas non plus être un montage politico-juridique. Pour le chef de l’état, en raison de la détermination du peuple malien à dénoncer la mauvaise gouvernance et l’injustice sociale, les institutions démocratiques ne devaient aucunement servir d’alibi pour maintenir prisonnière la couche essentielle de la population. Au sein de laquelle est vivement ressenti le besoin d’une nouvelle Constitution, gage d’un lendemain meilleur et source d’apaisement sociopolitique de la République.


La Constitution étant le fondement  de l’état, de la source de la légalité et de la légitimité des institutions politiques, selon le président Goïta, celle-ci doit être l’affaire du peuple tout entier qui sera appelé, en définitive, à prendre sa décision souveraine au cours d’un référendum. « C’est pour donner corps à cet important projet que j’ai décidé de créer une Commission de rédaction de l’avant-projet de la Constitution dont les membres ont été choisis selon des critères de compétence, d’engagement patriotique, et d’impartialité », a-t-il assuré.

 

PORTÉE NATIONALE- Aux membres de la Commission, le chef de l’état a noté que la diversité de la composition de leur équipe et leurs expertises constituent des atouts qui assureront la réussite de la mission. Car, l’élaboration d’une nouvelle Constitution dans le contexte de la refondation de l’état ne doit pas être considérée comme une affaire des seuls ministres. « C’est pourquoi le choix a été fait de mettre en place une équipe pluridisciplinaire », a expliqué le colonel Assimi Goïta. Ajoutant qu’il s’agit d’un projet de portée nationale qui touche aux intérêts de toutes les couches socioprofessionnelles et conditionne la vie publique.

Selon les consignes du président de la Transition, ledit projet doit faire appel aussi bien aux devoirs, à l’histoire qu’à nos valeurs sociétales ainsi aux principes humanistes et de justice. Sans oublier les préoccupations de développement économique, entre autres. Il s’agit techniquement des aspirations profondes de notre peuple relativement aux systèmes de gouvernance qui répondent à ses intérêts fondamentaux. Raison pour laquelle, soutiendra le chef de l’état, la Commission doit être à l’écoute des différentes couches socio-professionnelles  et des différentes sensibilités politiques et de groupements en adoptant une démarche participative pour aboutir à des attentes du peuple.

Convaincu que le dialogue est une des vertus cardinales de notre nation, le colonel Goïta a lancé un appel pour que tous les Maliens se retrouvent autour de l’essentiel. Lequel porte sur la sécurisation de l’ensemble du territoire national,  la création des conditions développement économique de notre pays, l’instauration d’une société de justice. Car, pour lui, c’est à ce titre que nous relevons les défis. Avant de le mettre à la tâche, le président de la Transition a remis une lettre de mission au président de la Commission.

Oumar DIAKITE

Lire aussi : 47è promotion de l'Emia : 343 officiers prêts à servir la nation

Le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta a présidé, vendredi dernier au centre d’instruction Boubacar Sada Sy de Koulikoro, la cérémonie de sortie et de prestation de serment de la 47è promotion de l’École militaire interarmes de Koulikoro (Emia)..

Lire aussi : Forêt de Ouessebougou : Une base terroriste détruite par les FAMa

Dans le cadre des opérations de surveillance du territoire menées le 27 novembre 2025, les Forces armées maliennes (FAMa) ont découvert une importante base terroriste dissimulée sous un couvert végétal dans la forêt de Ouessebougou, à proximité de Sébabougou..

Lire aussi : Programme africain de mini-réseaux : Plus de 8.000 bénéficiaires

Le Projet national du Programme africain de mini-réseaux permettra la mise en service directe d’au moins 309 kilowatts de puissance solaire photovoltaïque installée et 754 kilowattheures de capacité de stockage sur batteries. Il bénéficiera directement à plus de 8.000 personnes, dont 50% de.

Lire aussi : Journée mondiale du souvenir des victimes de la circulation routière : Les ministres Madina Sissoko et Assa Badiallo Touré au chevet des victimes d’accidents

La ministre des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko, accompagnée de sa collègue de la Santé et du développement social, le Colonel-major Assa Badiallo Touré, était hier à l’hôpital Gabriel Touré pour remettre un important lot de kits de premier secours et de m.

Lire aussi : Croissance économique : Le FMI salue la solidité de la trajectoire du Mali

Pour 2026, il est attendu une croissance de 5,5% en rapport avec une reprise de la production aurifère et une amélioration progressive des conditions de sécurité. L’inflation, elle, devrait fléchir à 2,5%, largement conforme à la norme communautaire de 3%.

Lire aussi : Fafe : Une administration mobilisée pour atteindre les objectifs

La 13è session du comité de pilotage du Fonds d’appui à l’automatisation de la femme et à l’épanouissement de l’enfant (Fafe) s’est tenu, hier à son siège..

Les articles de l'auteur

Disponibilité des hydrocarbures à Bamako : L’embellie se poursuit

Ah oui ! Tout indique, ce matin du mercredi 26 novembre 2025, que la situation s’est améliorée concernant l’approvisionnement en carburant dans la ville de Bamako. La circulation reprend son rythme habituel. Les embouteillages aussi..

Par Oumar DIAKITE


Publié jeudi 27 novembre 2025 à 08:40

Longues files devant les stations-services : «A bana !»

Comme une traînée de poudre, la nouvelle s’est répandue aussi vite que celle qui annonçait, ces derniers mois, l’arrivée de camions citernes dans une station-service !.

Par Oumar DIAKITE


Publié jeudi 27 novembre 2025 à 08:27

Semaine internationale de l’artisanat touareg : Le secteur artisanal comme alternative à la migration irrégulière

Le Salon international de l’artisanat touareg, tenu du 18 au 23 novembre, a dédié la journée du samedi dernier au département des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine. La rencontre a été marquée par un panel sur le thème : secteur artisanal au Mali, alternative à la migration irrégulière : enjeux et perspectives. Le ministre Mossa Ag Attaher a présidé la cérémonie et assuré la modération de ce panel consacré à son département..

Par Oumar DIAKITE


Publié lundi 24 novembre 2025 à 08:54

Ambassadeur Issa Konfourou : «La lutte contre le terrorisme est et doit rester régionale et internationale»

L’ambassadeur, représentant permanent du Mali auprès des Nations unies, Issa Konfourou, a intervenu le mardi dernier au nom de la Confédération des États du Sahel (AES) à New-York à l’occasion de la réunion publique d’information du Conseil de sécurité des Nations unies sur la «consolidation.

Par Oumar DIAKITE


Publié jeudi 20 novembre 2025 à 08:02

Issa Konfourou, ambassadeur du Mali à New York: «La lutte contre le terrorisme est et doit rester regionale et internationale»

-.

Par Oumar DIAKITE


Publié mardi 18 novembre 2025 à 21:26

2è anniversaire de la reconquête de Kidal : Le CDM lance la révolution progressiste populaire malienne

Dans le cadre de la commémoration du 2è anniversaire de la reprise de Kidal par les Forces armées maliennes (FAMa), le Collectif pour la défense des militaires (CDM) a tenu un grand meeting, le vendredi 14 novembre, au stade Mamadou Konaté à N’Tomikoribougou..

Par Oumar DIAKITE


Publié lundi 17 novembre 2025 à 08:32

Commémoration de l'an II de la reprise de Kidal: Le CDM lance la révolution progressiste populaire malienne

Dans le cadre de la commémoration du deuxième anniversaire de la reprise de Kidal par les Forces armées maliennes (FAMa), le Collectif pour la défense des militaires (CDM) a tenu un grand meeting, ce vendredi 14 novembre au stade Mamadou Konaté à N’Tomikoribougou, en Commune III du District de Bamako, tout en lançant officiellement « la révolution progressiste populaire malienne (RPPM) « AN KA Jo Faso ye!..

Par Oumar DIAKITE


Publié vendredi 14 novembre 2025 à 18:39

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner