Paysanne dans un champ de coton récolté
Dans la mémoire collective, le Mali n’a pas subi de telles précipitations depuis 1967. En août 2024, les autorités ont officiellement déclaré l’état de catastrophe nationale, suite aux inondations qui ont affecté presque toutes les régions du pays. Au de-là du bilan humain et matériel très lourd, l’agriculture en a aussi fait les frais. En effet, la riziculture, une des activités agricoles prioritaires au Mali, a été la plus touchée. Pourquoi, cette culture particulièrement ? Nous avons posé la question à Dr Amadou Afo Bah, agronome, enseignant-chercheur et maître de conférence à l’Institut polytechnique rural de Katibougou (IPR/Isfra).
Selon le spécialiste, la culture du riz dépend beaucoup des variétés. Les variétés submersibles sont les plus cultivées dans notre pays. Et les variétés flottantes sont généralement cultivées dans les zones inondées. «Dans la riziculture, s’il y a inondation, il y a un grand risque de perdre les émis. Car, à la floraison et à l’épiaison, les pieds de riz doivent avoir ’’la tête’’ hors de l’eau pour éviter le pourrissement. Par contre, la variété de riz flottante est bien indiquée pour résister aux inondations, parce qu’elle monte au fur et à mesure que l’eau monte. Cela lui permet de garder la “tête” hors de l’eau jusqu’à la récolte», explique Dr Bah.
Au titre de la campagne agricole 2024, beaucoup de zones rizicoles ont enregistré des pertes de récoltes à cause des inondations, témoigne l’agronome. Pour avoir les statistiques de la situation, nous avons approché en vain, la Direction nationale de l’agriculture qui est le service technique dédié.
Selon l’agronome Bah, les champs de coton, ont été également touchés par les inondations de cette année. Les pluies abondantes et intempestives ont causé d’importantes inondations, affectant des milliers d’hectares de cultures. Les agriculteurs font également face à une prolifération de jassides, un insecte ravageur du cotonnier. Ces conditions difficiles mettent en péril la production cotonnière, pilier de l’économie malienne. D’après nos informations, le gouvernement, en collaboration avec la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT), met en œuvre des mesures pour soutenir les producteurs et limiter les dégâts. Des traitements insecticides spécifiques sont déployés pour lutter contre la prolifération des jassides (insectes ravageurs).
Ces traitements sont appliqués de manière ciblée pour minimiser l’impact sur l’environnement tout en étant efficaces contre les ravageurs. Des efforts sont en cours pour améliorer les infrastructures de gestion de l’eau, telles que la construction et la réhabilitation de barrages et de canaux d’irrigation. Cela permet de mieux contrôler les inondations et d’assurer une distribution plus efficace de l’eau pour l’irrigation.
La promotion de techniques d’irrigation modernes, comme l’irrigation goutte-à-goutte, aide à optimiser l’utilisation de l’eau et à réduire les pertes. En guise de soutien, le gouvernement offre des subventions et des aides financières aux agriculteurs touchés par les inondations. Cela inclut des prêts à taux réduit et des subventions pour l’achat de semences et d’intrants agricoles. Des investissements sont faits dans la recherche pour développer des variétés de coton plus résistantes aux ravageurs et aux conditions climatiques extrêmes.
LES CULTURES SÈCHES ÉPARGNÉES- La bonne nouvelle est que les cultures sèches, telles que le maïs, le mil, le sorgho, ont été épargnées par les effets des inondations. D’après Dr Amadou Afo Bah, ceci s’explique par le fait que le phénomène d’inondation est passager. Donc, l’eau ne stagne pas longtemps dans les champs de culture sèche. Au cas échéant, c’est le pourrissement des semis.
À en croire l’enseignant-chercheur de Katibougou, encourager la diversification des cultures permet de réduire la dépendance au coton et de renforcer la résilience des systèmes agricoles face aux aléas climatiques. «La campagne cotonnière malienne est d’une importance capitale pour l’économie du pays. Le coton est une source de revenus essentielle pour de nombreux agriculteurs et contribue significativement aux exportations. Les défis auxquels cette campagne est confrontée ont donc des répercussions importantes sur la vie des populations rurales.
C’est pourquoi, le gouvernement à travers le ministère de l’Agriculture a appelé à une solidarité nationale pour venir en aide aux agriculteurs sinistrés», souligne Dr Bah, avant de mettre l’accent sur l’importance d’une meilleure organisation des filières agricoles pour mieux faire face aux chocs climatiques à l’avenir.
Cheick Amadou DIA
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