Les quelques Sotrama qui osent s’aventurer sur cette montagne russe, font vivre le calvaire aux passagers
Le soleil est déjà haut dans le ciel, en cette
matinée. Des ménagères, paniers sur la tête pour certaines, transpirent à
grosses gouttes le long de la route reliant Banconi à Dialakorodji. Aux abords
de cette voie sont installés de nombreux commerces. Certains marchands portent
le cache-nez rendu rouge par la poussière. Même leurs cheveux, leur barbe et
leurs sourcils ne sont pas épargnés.
Il faut reconnaitre que la route
Nionsombougou- Banconi en passant par Dialakorodji et Safo est aujourd’hui en
très mauvais état. Des gros trous béants sont visibles par endroits. Les eaux
de pluies sont certainement pour quelque chose. Les quelques Sotrama (minibus
servant de transport en commun) qui osent s’aventurer sur cette montagne russe,
font vivre le calvaire aux passagers. «Ouille!», «Que Le Tout Puissant nous
assiste!» «Quelle misère !» répètent en chœur les passagers d’une Sotrama,
dandinant dans tous les sens. «Vous n’avez rien vu encore», leur lance un
passant.
Mohamed Diarra, la trentaine révolue, est
assis à son atelier. Ce réparateur de moto a le regard fixé sur la route. «Nous
en avons assez de cette route. Les canaux d’évacuation d’eau sont bouchés de
toutes parts. En cas de pluie, l’eau inonde les maisons et les boutiques»,
raconte-t-il. Des femmes ont fait des fausses couches sur cet axe long
d’environ 10 km, renchérit Bamoye Sow, court de taille, teint noir.
Son collègue Alhassane confie : «Un ami a
abandonné sa nouvelle maison construite dans le quartier pour retourner dans la
grande famille à Médine avec toute sa famille à cause de l’état de la route».
Comme lui, plusieurs habitants des quartiers desservis par cette voie
retournent en location, abandonnant carrément leurs habitations.
De l’autre côté de la route, se trouve la résidence du chef de quartier. Traverser cette voie, même à pied est pénible à cause des trous. Taille moyenne, barbe grisonnante, Yacouba Koné, fils du chef de quartier de Layebougou, nous reçoit. Coiffé d’une casquette, un turban blanc au tour du cou, il décrit la souffrance de la population. «En saison sèche, nous sommes envahis par la poussière. En saison pluvieuse, nous pataugeons dans les eaux stagnantes et boueuses. Les véhicules s’embourbent, les motos patinent. Conducteurs et piétons trébuchent. Des personnes âgées se relèvent avec des fractures», témoigne Yacouba Koné.
IMPORTANCE CAPITALE- Abdoulaye Diallo, un
habitant de Dialakorodji, fait le même constat. «Quatre années après le début
des travaux de construction de la route, le chantier est à l’abandon. On a
l’impression de circuler sur une piste rurale envahie, drainant sur des
familles, toutes les eaux venant des collines», décrit Sahidou. «Sur cette
route, plusieurs âmes ont été fauchées. Les Sotrama roulent à vive allure
soulevant la poussière, obstruant ainsi la visibilité. Bonjour les dégâts. Nous
sommes fatigués d’enterrer les nôtres », dit le jeune commerçant Seydou Dembélé.
Le maire de Dialakorodji rejette toute
responsabilité dans cette situation. «La population s’en prend à la mairie à
tort. Même dans les Sotrama, on m’insulte», regrette Oumar Guindo, précisant
que la construction des routes au Mali relève de la compétence du gouvernement.
Il faut
rappeler que la construction de la route Nionsombougou-Banconi a été initiée
par les autorités en vue de permettre aux gros camions venant du Sénégal ou de
la Mauritanie d’entrer à Bamako sans passer par Kati.
C’est une voie de
contournement pour les poids lourds afin d’accéder au port sec de la Zone
industrielle en Commune I du District de Bamako. «C’est une route Cedeao qui est
d’une importance capitale pour l’économie nationale», indique Ousmane Diabaté,
2e adjoint au maire, chargé des routes, confirmant que les camions en
provenance de la Mauritanie et du Sénégal passent par là car le tronçon Samé
est accidentogène.
Dotigui Niaré, 1er adjoint au maire, rappelle
que le lancement des travaux à Safo remonte à novembre 2017. « Le peu qui
a réalisé est déjà dégradé», déplore-t-il.
Le ministère des Transports et des Infrastructures rejette, lui aussi, la faute sur les habitants riverains. «Les populations refusent de libérer les emprises de la voie entravant toute progression du travail. L’entreprise burkinabé sur ce chantier a fait faillite car elle louait des engins à coup de millions», révèle Mohamed Ould Mamouni, chargé de communication au ministère des Transports et des Infrastructures. Contacté, le ministère en charge des Domaines n’a pas répondu à nos sollicitations.
Oumar SANKARE
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