La Mission
permanente de la République du
Mali auprès des Nations unies a présenté, le lundi 29 septembre 2025, un droit
de réponse aux propos du ministre algérien des Affaires étrangères.
Dans sa déclaration, le représentant permanent du Mali
auprès de l’ONU, Issa Konfourou, a d’abord tenu à faire savoir que la
délégation malienne n’a pas pour
habitude d’exercer un droit de réponse. Cependant, les «attaques personnelles,
grossières et condescendantes» du chef de la diplomatie algérienne
l’obligent à intervenir pour corriger des contre-vérités que «nous avons
entendues».
«Par respect pour l’Assemblée
générale et pour l’idéal incarné par les Nations unies, la délégation du Mali
ne s’abaissera pas au
niveau des invectives et attaques personnelles à la limite de la décence proférées
par le ministre algérien des Affaires étrangères. Ce faisant, il a
délibérément choisi de ne pas dire un
seul mot des affaires à l’origine des
tensions inédites actuelles
entre nos deux pays», a déclaré
l’ambassadeur Issa Konfourou.
Il a ainsi réitéré la teneur de la déclaration du Premier
ministre Abdoulaye Maïga, le 26 septembre, à la tribune de l’ONU, qui indique
que les tensions actuelles entre nos deux pays prennent leur origine essentiellement dans les ingérences intempestives et inacceptables du
régime algérien dans les affaires intérieures du Mali. «Ensuite est venu se
greffer le différend concernant la destruction, dans la nuit du 31 mars au 1er
avril 2025, d’un drone de reconnaissance des Forces armées
maliennes par l’armée algérienne. Alors que l’Algérie affirmait que l’appareil
avait violé son espace aérien sur 2 km, les enquêtes du Mali, rendues publiques
le 6 avril, ont conclu à une «action hostile préméditée», a
rappelé le diplomate malien.
Pour l’ambassadeur
Issa Konfourou, le silence d’Alger, le refus de coopération et les données
techniques de trajectoire démontrent, selon Bamako, que le drone n’a jamais
quitté le ciel malien et que son épave a été retrouvée à 9,5 km
de la frontière, sur le territoire du Mali. «Il s’agit d’un acte d’agression
inédit dans l’histoire des relations entre nos deux pays», a-t-il dénoncé,
accusant l’Algérie de chercher à entraver les opérations contre des groupes
armés terroristes actifs
au Sahel.
Issa Konfourou
a rappelé que le Mali avait saisi la Cour
internationale de justice (CIJ), mais l’Algérie a refusé d’en reconnaître la
compétence, ce qui constitue «un aveu de culpabilité et un mépris de la
légalité internationale». Il a également regretté qu’au lieu de répondre aux
faits établis et documentés, les autorités algériennes se livrent à une
«stratégie de fuite en avant et à des invectives diffamatoires», tout en
rappelant le soutien historique de Bamako au Front de Libération nationale
(FLN) durant la guerre d’indépendance.
«Le Mali réitère son appel à l’Algérie à cesser ses ingérences dans les affaires intérieures du Mali, à mettre fin à son soutien aux formations terroristes et à travailler de bonne foi à la stabilité et au développement du Sahel, dans le respect de la souveraineté des États», a insisté l’ambassadeur Issa Konfourou, en concluant que notre pays «ne ménagera aucun effort pour défendre son territoire national et protéger les personnes et les biens».
Souleymane SIDIBE
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