Mais très vite, chacun a pris soin de distinguer deux réalités que seul le hasard du calendrier pouvait rapprocher. Car, si les canaux diplomatiques cultivent le silence, les canons militaires, eux, imposent le fracas des armes pour sceller la victoire. Ainsi, la diplomatie, certainement longtemps active à l’écart des regards, a fini par livrer ses fruits. Vendredi après midi, c’est d’abord Alger qui, par la voix de ses ministres, a annoncé l’ouverture de son espace aérien et le retour de son ambassadeur. Bamako a suivi, confirmant la redynamisation des relations de coopération et d’amitié entre la République du Mali et la République Algérienne Démocratique et Populaire. Deux socles en témoignent : le retour des ambassadeurs extraordinaires et plénipotentiaires dans les capitales respectives, et la réouverture des espaces aériens aux aéronefs civils et militaires des deux États.
On ne le répétera jamais assez : le Mali et l’Algérie sont deux pays frères, unis par l’histoire et la géographie. Pourtant, ces dernières années, l’opinion publique malienne s’est souvent interrogée sur le repositionnement diplomatique d’Alger face à Bamako. Depuis 1962, année de l’indépendance algérienne et du rétablissement des liens diplomatiques, nos deux nations ont cheminé ensemble, bâtissant une relation bilatérale solide et menant des combats communs sur la scène internationale : décolonisation, non alignement, unité africaine.
Mais depuis la crise multidimensionnelle de 2012 que subit notre pays, la posture du grand voisin du nord, notamment dans la gestion du processus de paix et de réconciliation, a suscité une grande incompréhension. Le Mali, fidèle à l’amitié scellée par Modibo Kéita et Ahmed Ben Bella, n’a jamais fléchi. De même avec la bonne entente entre Moussa Traoré et Chadli Benjedid. Ibrahim Boubacar Kéita, dans un contexte géopolitique difficile, a confirmé le rôle stratégique de médiateur confié à Alger par les présidents Moussa Traoré et Amadou Toumani Touré. Le Président de la Transition, Assimi Goïta, a poursuivi la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger, avant de solliciter l’avis des populations à travers le Dialogue national pour une réappropriation nationale.
Pour le Gouvernement et le peuple malien, dans la continuité des idéaux des pères de l’indépendance, le destin du Mali reste lié à celui de la République sœur algérienne, mais dans une coopération sincère et mutuellement bénéfique. L’abattage d’un drone malien par les forces algériennes dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2025, et la crise qui s’en est suivie, sont désormais rangés dans les archives.
Les régions de Tombouctou, Kidal et Gao ont toujours entretenu des relations décentralisées avec Tamanrasset et l’Adrar : échanges commerciaux, culturels et sociaux nourris par des valeurs partagées. La notion de « pays frontière », chère au Président Alpha Oumar Konaré, prend ici tout son sens : avec des frontières tracées et reconnues, la bonne entente entre États résout le reste.
La redynamisation annoncée nous ramène aux mots du premier ambassadeur de l’Algérie indépendante au Mali, M. Bouzida, le 17 mars 1962, lors de la remise de ses lettres de créance au président Modibo Keita : « Le peuple algérien se souviendra de l’appui constant que, depuis l’accession de votre pays à l’indépendance, vous lui avez apporté sur tous les plans…Comment s’étonner de liens si fraternels entre nos deux peuples ? »
Et Modibo Kéita de répondre : « Pour nous, vous représentez un pays frère. Vous n’êtes pas un ambassadeur au sens propre du terme, car nous poursuivons les mêmes objectifs. Le sacrifice du peuple algérien a édifié l’indépendance de tous les peuples africains. »
Cet héritage diplomatique, lourd et précieux, a eu raison de la crise désormais passagère. Il nous invite à méditer sans cesse sur notre destin commun, en grands voisins : l’un du sud, l’autre du nord.
Alassane Souleymane
Notre pays a renoué, vendredi dernier, sa relation diplomatique avec l’Algérie. D’après le directeur du Centre de recherche en gouvernance, médiation et sécurité au Sahel, cette mesure, prise librement après quinze mois de tensions, illustre une politique extérieure conduite depuis une p.
Lorsqu'en avril 2025, un drone s’abattit près de la frontière entre le Mali et l’Algérie, ces deux pays frères que relie le désert du Sahara, semblaient soudain au bord de la rupture diplomatique. Ambassadeurs rappelés, espace aérien fermé, ton qui se faisait chaque jour plus acerbe- les.
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Le Mali a été élu membre du comité pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture, (UNESCO) le 18 juin dernier..