Selon nos interlocutaires, la plupart des pompistes sont gérés par un contrat d’essai
Beaucoup de nos compatriotes se plaignent des conditions indécentes
de travail. Ce ne sont pas les pompistes de certaines stations qui diront le contraire. Eux qui avaient
observé une série d’arrêts de travail (il y a quelque temps) pour exiger de
leurs employeurs un meilleur traitement professionnel.
Nous avons rencontré certains acteurs concernés. Depuis
2014, Souleymane Samaké, 33 ans est pompiste dans une station Vivo énergies
(Shell) à Baco Djicoroni, depuis 2014.
Ce secrétaire général du syndicat de
Vivo énergies peine à obtenir un contrat de travail en bonne et due forme avec
le gérant de la station. Selon ses explications chaque fois qu’il réclame ce
document d’embauche, le gérant monte sur ses grands chevaux et profère des
menaces : «Si tu ne veux pas travailler, rien ne te retient». Ses
collègues et lui sont régis par un contrat d’essai fait avec des bureaux de
placement.
«Des employés sont licenciés après trois mois ou un an de
travail. Les cas les plus dramatiques se rapportent à des pompistes qui ont
officié pendant plus de 30 ans sans aucune protection juridique», regrette ce père
de deux enfants qui perçoit 41.000 Fcfa par mois. Et d’ajouter que certains
travailleurs de l’entreprise pétrolière Shell ne bénéficient d’aucun régime de
protection sociale comme l’Assurance maladie obligatoire (Amo) et ne sont pas
aussi inscrits à l’Institut national de prévoyance sociale (INPS).
Ceux-ci sont
aussi privés du droit aux congés annuels. Le syndicaliste exhorte les
employeurs à appliquer la Convention collective des entreprises privées régissant
les sociétés pétrolières qui travaillent au Mali. Ce document prévoit le
salaire, la protection sociale et les primes (transport, lait et panier). Il prévient
que les pompistes sont décidés à observer une grève illimitée s’ils
n’obtiennent pas les primes précédemment citées.
Le secrétaire général du Syndicat national des banques,
assurances, micro-finances, établissements financiers et commerces du Mali
(Synabef), Hamadoun Bah, dit se battre pour amener les multinationales à
respecter leurs engagements, notamment en appliquant le Code du travail et la
Convention collective des entreprises pétrolières.
Selon lui, plusieurs
dispositions de cette Convention, notamment celles relatives aux primes et aux
salaires de base des travailleurs ne sont pas respectées. Il estime que c’est
le statu quo. Des pompistes travaillent toujours sur la base de contrats mal
ficelés, parfois sans bulletins ou ne répondant pas aux normes de la réglementation
en matière de travail. Hamadoun Bah affirme qu’il y a des pompistes qui
n’obtiennent pas le Salaire minimum de croissance (Smic). Pour lui, cette
situation est un réel casse-tête et résulte de la complicité des entreprises pétrolières
avec les gérants.
Gestion mafieuse des contrats - Il soutient que cette
situation indécente de travail constitue un manque à gagner énorme pour l’État,
en termes d’impôts sur le traitement et salaire (ITS) et dénonce une gestion
mafieuse des contrats qui lient les entreprises pétrolières aux gérants.
Le gérant d’une station Shell a accepté de se confier sous
anonymat. Il relève que les pompistes
employés dans sa station sont inscrits à l’INPS et ont au moins le Smic. Il
confirme qu’au-delà, les pompistes se frottent les mains avec les chèques
carburants qu’ils monnayent en dépit de la mesure d’interdiction visant cette
pratique. Les pompistes peuvent donc gagner entre 5.000 et 10.000 Fcfa par
jour.
Notre source anonyme précise qu’un gérant peut enregistrer une perte
mensuelle d’environ 3 millions de Fcfa concernant la gestion du carburant,
notamment par évaporation ou du fait de la complicité des pompistes avec et les
chauffeurs des citernes d’approvisionnement. Néanmoins il se dit prêt à
respecter les décisions qui sortiront des négociations.
Le directeur régional du travail de la Région de Douentza,
Moctar Konaté, précise que la gérance libre qui lie les gérants aux
multinationales pétrolières est en grande partie à l’origine du travail indécent
des pompistes grévistes. Cet inspecteur du travail et de la sécurité sociale
souligne que dans le mode de gérance actuel, les multinationales donnent du
carburant aux gérants qui le vendent et prélèvent leurs bénéfices ; avant
de reverser l’argent à ces entreprises.
L’inspecteur Konaté affirme que les employés travaillant dans les stations en gestion libre au niveau des multinationales sont victimes du non-respect de la durée légale du travail, du Smic et de la non déclaration des travailleurs à l’INPS. «Il y a environ 6 mois, nous avons découvert 3.000 travailleurs des stations à Bamako parmi lesquels moins de 600 personnes sont déclarés à l’INPS et perçoivent un salaire normal», rappelle Moctar Konaté. Selon lui, ces violations des droits des travailleurs sont favorisées par l’article L.91 du Code du travail qui permet la gérance libre qui est un mode de tâcheronnat.
Aucun pouvoir - «Quand la multinationale cède sa station en
gérance libre, il y a la marge de manœuvre qui varie entre 10 à 15 Fcfa.
Même s’il y a une augmentation du prix du carburant, cette marge demeure et
engendre une baisse des bénéfices des gérants», confie-t-il. Avant d’ajouter
que la perte naturelle (l’évaporation) de carburant est une autre cause de
manque à gagner pour le gérant. Cette situation, selon lui, contribue à la
violation des droits des travailleurs par les gérants. L’inspecteur du travail
et de la sécurité sociale observe que les gérants libres et les multinationales
sont liés par un contrat commercial contre lequel sa structure n’a aucun
pouvoir.
«Notre rôle consiste à mettre la pression sur les gérants
pour qu’ils respectent le Smic et déclarent les travailleurs à la sécurité
sociale (INPS et Amo). S’ils ne le font pas, on dresse des procès-verbaux
d’infraction». C’est pourquoi, la plupart de ces employeurs préfèrent payer les
pénalités plutôt que de régulariser la situation des travailleurs qui peut leur
revenir 10 fois plus coûteuse que l’infraction.
Parlant des sanctions contre les entreprises réfractaires
à la régularisation des pompistes, Moctar Konaté explique que l’inspection du
travail n’a pas voix au chapitre. «Nous avons la possibilité de fermer une
entreprise seulement quand elle présente un danger imminent pour la santé et la
sécurité des travailleurs», conformément à l’article L.175, confie-t-il.
Pour pallier le problème de régularisation des travailleurs, Moctar Konaté recommande la tenue d’un dialogue multipartite avec tous les acteurs du secteur. Selon lui, ces échanges devraient permettre également la mise en place d’un système de revalorisation périodique des marges des gérants avec les multinationales.
Mohamed DIAWARA
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