Des déplacés internes en train de travailler pour survivre
Bintou
Konaté, ressortissante de Wankoro, localité de Bandiagara, témoigne :«Les
rebelles ont attaqué mon village. Ils ont kidnappé certains membres de ma
famille. Ils ont emporté tous nos animaux, il y a de cela trois ans. Suite à
ces désastres, ma famille a fui le village pour s’installer à Sikasso». Comme
elle, de nombreuses personnes ont été contraintes d’abandonner leurs résidences
habituelles pour sauver leur vie.
Nombre d’entre eux sont présents à Sikasso.
Actuellement, ils ne savent plus à quel saint se vouer. Leurs conditions de vie
interpellent tout un chacun. Ils vivent dans des bâtiments en chantier. Les
déplacés sont installés aussi dans le marché à bétail de Médine et dans les
quartiers de Sirakoro, Médine, Attbougou, Lamine Bambala, Hamdalaye, Ziembougou
et Babembabougou.
Certains se
sont installés dans le Cercle de Kadiolo. La ressortissante de Wankoro, Bintou
Konaté fait partie des déplacés du quartier de Médine. La dame au teint noir
révèle qu’elle vit ici avec ses 9 enfants. Elle ajoute qu’à cause de
la cherté de la vie, «mon mari est retourné dans notre village pour faire de
l’agriculture. Ici, je me débrouille pour subvenir aux besoins de mes enfants
en vendant des galettes. Cela ne marche plus. Même aujourd’hui j’ai une tasse
remplie de galettes non écoulées. Ce marché n’est plus rentable».
Le regard
éperdu dans le vide, elle déclare que depuis six mois elle n’a pas payé son
loyer, faute de moyens. à présent, elle craint que le propriétaire ne chasse sa
famille de la maison. C’est le sort qui attend la plupart des familles
déplacées. «Mon souhait le plus ardent est de trouver un métier pour mes
enfants. Cela permettra de réduire mes charges. Nous vivons ici depuis deux
ans. Nos conditions de vie sont vraiment déplorables», témoigne-t-elle. Son
père travaillait comme ouvrier sur le chantier de la construction de la route
2X2 voies de Sikasso.
« C’est suite à cela qu’il est tombé gravement
malade. Après sa guérison, mon père a décidé de rentrer et depuis son départ,
il a disparu. Je crois qu’il a été soit kidnappé soit tué par les rebelles»,
déplore-t-elle. Alidjouma Karambé est un ressortissant de Bandiagara. Il habite
dans un bâtiment en chantier avec ses deux frères à Sirakoro.
L’homme au teint
noir, la taille moyenne, a une famille de trente personnes. «La situation n’est
pas facile. Nos enfants ne sont pas habitués au climat de Sikasso. Ce qui fait
qu’ils sont toujours malades. Mes revenus sont tellement maigres que j’arrive à
peine à gagner mon pain quotidien», révèle le bûcheron. Alidjouma Karambé
demande à l’état de mettre en place un
régime d’assurance maladie pour les déplacés et leurs enfants.
BONNES
VOLONTÉS- La veuve Mme Konaté Mala Korobara est la présidente de la
Coordination des associations des victimes de Sikasso, Loloni, Kadiolo et
Zégoua. C’est également elle qui s’occupe de l’accueil de la plupart des
déplacés de la région. Depuis près de 4 ans, elle reçoit et accompagne ces
déplacés avec la collaboration des autorités régionales. Elle se rappelle qu’en
2019, elle reçu 85 déplacés de Bankass et de Wankoro (Bandiagara). «Nombre
d’entre eux ne possédaient que les habits qu’ils portaient.
Des enfants à
moitié nus. C’était vraiment pathétique», témoigne-t-elle. Lorsqu’elle a
informé les autorités régionales, une grande délégation composée du gouverneur,
du directeur régional du développement social, du maire de la Commune urbaine,
du préfet du cercle de Sikasso et des ONG sont venus leur apporter des
dons. De nos jours, la présidente de la Coordination des associations des
victimes de Sikasso, Loloni, Kadiolo et Zégoua s’occupe de plus de 200 déplacés
à Sikasso.
Elle souligne que
« chaque fois que les autorités ou encore les bonnes volontés veulent leur
offrir des dons, je les rassemble chez moi et on leur partage les dons. Je fais
de mon mieux pour eux. à présent, ils sont comme ma famille. »S’exprimant
sur les difficultés des déplacés, Mala Korobara met l’accent sur l’accès au
logement, à la nourriture, à l’habillement, à la santé et surtout à
l’éducation. « Même ce matin, j’ai amené 12 enfants déplacés pour les
inscrire à l’école de Médine », indique-t-elle. Par ailleurs, la veuve
évoque le cas du vieux Djombo Traoré qui habitait à Sirakoro. Ce dernier a
succombé suite à sa maladie. «Malgré mes démarches pour qu’il recouvre sa
santé, on n’a pas trouvé de soutien. Finalement, il est décédé », explique
notre interlocutrice qui ajoute que des déplacés deviennent fous et
disparaissent.
En outre,
la veuve Mme Konaté Mala Korobara demande que chacun considère les déplacés comme
ses propres frères et sœurs, d’autant plus qu’ils ont été obligés de quitter
leurs localités à cause de l’insécurité. « Chacun peut se retrouver dans
cette situation», dit Mala Korobara qui invite les autorités régionales à
accélérer le processus d’acquisition du récépissé de sa coordination. Elle
saisit l’occasion pour appeler les autorités à offrir de l’emploi aux chefs de
familles des déplacés afin qu’ils puissent subvenir à leurs besoins. Le
directeur régional du développement social de Sikasso, Mamoudou dit Mama Dioni,
affirme que l’état et les ONG font de leur mieux pour ces déplacés.
En ce qui
concerne la mise en place du régime d’assurance maladie pour les déplacés et
leurs enfants, Mama Dioni révèle que les déplacés internes sont affiliés au Régime
d’assistance médicale (Ramed). Ce régime constitue un dispositif public de
protection sociale non contributif qui assure la prise en charge médicale des
indigents, des personnes sans domicile, des prisonniers, des militaires et
civils blessés au cours ou à l’occasion des conflits armés et des catastrophes.
Par ailleurs, le directeur régional du développement social de Sikasso promet
que très bientôt un nouveau projet sera mis en place à Sikasso. Ce dispositif
s’occupera en grande partie des difficultés des déplacés internes de la région.
Mariam F. DIABATÉ
Amap-Sikasso
Mariam DIABATE / AMAP - Sikasso
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