Sikasso : La saison de la pomme de terre

La priorité d’accès à la chambre froide est donnée aux coopératives, unions et fédérations

Publié mercredi 06 avril 2022 à 05:33
Sikasso : La saison de la pomme de terre

Le besoin national étant estimé à 500.000 tonnes, la 3è région a, elle seule,  produit, au cours de cette campagne, environ 400.000 tonnes malgré les pertes enregistrées chez certains producteurs à cause de la qualité des semences utilisées

À Sikasso, la campagne de commercialisation de la pomme de terre s’étale de mars à juillet. Chaque année, à cette période, les acteurs du secteur, notamment les producteurs et les commerçants fournissent le maximum d’efforts pour satisfaire les clients. Si certains producteurs sont en train de se frotter les mains en ce moment, par contre d’autres se plaignent des pertes enregistrées au moment de la récolte à cause de la qualité des semences utilisées. Notre enquête pour en savoir davantage.

Au Grand marché de Sikasso, difficile de faire cent pas sans tomber sur un vendeur de pomme de terre. Derrière le Centre de santé de référence, se trouve le point de vente d’Adiaratou Sanogo. Depuis le début de la saison, la ressortissante de N’gorodougou n’éprouve aucune difficulté à écouler sa marchandise.  Â«Voulez-vous de la pomme de terre ? Venez, je vous ferai des remises», s’adresse Adiaratou aux passants. Elle affirme qu’elle peut écouler près d’une centaine de kilos par jour. « Je cède le kilo entre 200 et 250 Fcfa», précise-t-elle.

Le petit marché de Wayerma II est très aminé le soir. On a de la peine à choisir une vendeuse de pomme de terre parmi tant d’autres. À peine arrivé sur place, on entend chacune des commerçantes crier: «Venez acheter de la pomme de terre. C’est moins cher chez moi». Dans ce marché, le prix du kilo varie entre 175 et 250 Fcfa. Le tubercule est également cédé en tas de 50 Fcfa et 100 Fcfa.

Le marché de Médine ou encore «Sougouni coura» est très connu pour le commerce des tubercules à Sikasso. Le samedi, jour de foire, les producteurs des villages de Bamadougou, Ziansso, Zangaradougou, Bokotierie, Doumanamba, viennent pour écouler leurs pommes de terre. Ici, le kilo de ce produit de grande consommation varie entre 175  et 250 Fcfa. Selon le grossiste de Zangaradougou, Ousmane Bengaly, le marché est assez florissant cette annnée. Â« Les jours de foire, j’arrive à écouler près de 120 sacs de 80 kg de pommes de terre. Le sac coûte 18.000 Fcfa», explique-t-il, ajoutant que ses clients viennent de Bamako, Ségou, Mopti, Gao et Kayes.

MAUVAISES SEMENCES- Hamidou Ballo de Bamadougou fait partie des producteurs de pomme de terre qui ont moins récolté cette année à cause de la mauvaise qualité des semences utilisées. «Cette année, tous les producteurs   de Bamadougou qui ont utilisé la semence importée de l’extérieur ont perdu des quantités importantes de tubercules», confie-t-il. À l’en croire, certains producteurs, par désespoir, déversent leurs pommes de terre avariées dans de grandes fosses. Hamidou Ballo fait savoir que l’engrais du Mali, réputé pour sa qualité, est presque introuvable dans sa localité. Il appelle l’État à venir en aide  aux producteurs locaux pour que la campagne prochaine puisse être bonne.

Nous avons fait un tour au Centre de conservation de la pomme de terre en chambre froide de Sikasso. Ici, ouvriers, producteurs et commerçants sont au four et au moulin pour satisfaire les clients venus à travers tout le Mali.

Ce lundi matin, à  dix heures, dans la grande cour du Centre, on sent vraiment qu’on est en pleine campagne de commercialisation de pomme de terre. Devant une des chambres froides, des camions remplis de sacs de pomme de terre sont en train d’être déchargés par les ouvriers. Le couloir du bâtiment principal est également rempli  de sacs de pomme de terre. À l’intérieur d’une des chambres froides,   de nombreux ouvriers s’affairent à ranger les sacs de pomme de terre. Les plus costaux se font vite remarquer. «Les amis, vous êtes lents aujourd’hui. Allez-y, Faites-vite ! Â», lance l’un des colosses.

Une chambre froide a une capacité de stockage de 3.000 tonnes. Chaque année, les coopératives, les unions, les fédérations qui composent l’Interprofession pomme de terre et autres producteurs conservent leurs pommes de terre dans les chambres froides afin de pouvoir les écouler dans le temps. 

Le président national de la filière pomme de terre du Mali, Abdoul Karim Sanogo, soutient que sa filière est d’une importance capitale car elle contribue à l’autosuffisance alimentaire et nutritionnelle du Mali. La campagne de commercialisation 2021-2022 de la pomme de terre a démarré en mars et prendra fin normalement en juillet. Pour un besoin national de 500.000 tonnes, Abdoul Karim Sanogo relève que la Région de Sikasso a, elle seule, produit au cours de cette campagne, environ 400.000 tonnes.

«Pour ce faire l’interprofession s’est appropriée de la stratégie nationale quinquennale qui vise à atteindre 2.000 tonnes de productions nationales en semence en vue de produire 1 million de tonnes de pomme de terre. Ainsi, les Maliens pourront consommer 500.000 tonnes et le reste sera vendu dans la sous-région, notamment en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso, au Togo, au Ghana, en Guinée, au Niger, en Mauritanie et au Sénégal», explique le président national de la filière pomme de terre du Mali.

«En réalité, la demande de pomme de terre est forte», dit-il. Cette situation, selon lui, s’explique par le fait que les producteurs ont acheté le sac de 5 kg de l’engrais NPK à un prix exorbitant. Au lieu de 17.000 ou 18. 000 Fcfa, le sac a été vendu entre 27.700 et 30.000 Fcfa.  

DES DIFFICULTÉS- Se prononçant sur les conditions d’accès des producteurs à la chambre froide, le président national de la filière pomme de terre soutient que la priorité est donnée aux coopératives, unions et fédérations qui composent l’Interprofession pomme de terre. Le temps de la conservation prend 4 mois (du mois d’avril au mois de juillet). Ces organisations doivent payer à l’avance 40% des frais de conservation et le reste après. Le prix de la conservation de la tonne étant fixé à 50.000 Fcfa, la coopérative paie 20.000 Fcfa à l’avance et le reste, 30.000 Fcfa, à la fin de la conservation. 

Pour Abdoul Karim Sanogo, le problème majeur de la campagne 2021-2022 de la filière pomme de terre,  a été les semences. En effet, certaines semences importées ont été affectées par une maladie appelée «mildiou Â». Cette maladie a touché près de 1.000 hectares des champs de pomme de terre des Communes de Sikasso, Zangaradou, Diomatènè et Danderesso. Notre interlocuteur évoque aussi d’autres problèmes comme le paiement des crédits de la BNDA et de Kafo Jiginew alloués aux producteurs dont les champs ont été détruits par la maladie «mildiou». Sans compter le coût élevé de l’électricité pour la conservation des tubercules en chambre froide (près de 8 millions de Fcfa par mois). À cela s’ajoutent la rareté des eaux de pluie et le besoin urgent d’un marché de légumes et de la pomme de terre.

Pour le développement de la filière, Abdoul Karim Sanogo sollicite l’accompagnement de l’État et des partenaires techniques et financiers pour la construction d’autres chambres froides et la subvention de l’engrais pour la pomme de terre sans oublier la production  des semences nationales de la pomme de terre.

Mariam F. DIABATÉ
Amap-Sikasso

Mariam DIABATE / AMAP - Sikasso

Lire aussi : 47è promotion de l'Emia : 343 officiers prêts à servir la nation

Le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta a présidé, vendredi dernier au centre d’instruction Boubacar Sada Sy de Koulikoro, la cérémonie de sortie et de prestation de serment de la 47è promotion de l’École militaire interarmes de Koulikoro (Emia)..

Lire aussi : Forêt de Ouessebougou : Une base terroriste détruite par les FAMa

Dans le cadre des opérations de surveillance du territoire menées le 27 novembre 2025, les Forces armées maliennes (FAMa) ont découvert une importante base terroriste dissimulée sous un couvert végétal dans la forêt de Ouessebougou, à proximité de Sébabougou..

Lire aussi : Programme africain de mini-réseaux : Plus de 8.000 bénéficiaires

Le Projet national du Programme africain de mini-réseaux permettra la mise en service directe d’au moins 309 kilowatts de puissance solaire photovoltaïque installée et 754 kilowattheures de capacité de stockage sur batteries. Il bénéficiera directement à plus de 8.000 personnes, dont 50% de.

Lire aussi : Journée mondiale du souvenir des victimes de la circulation routière : Les ministres Madina Sissoko et Assa Badiallo Touré au chevet des victimes d’accidents

La ministre des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko, accompagnée de sa collègue de la Santé et du développement social, le Colonel-major Assa Badiallo Touré, était hier à l’hôpital Gabriel Touré pour remettre un important lot de kits de premier secours et de mÃ.

Lire aussi : Croissance économique : Le FMI salue la solidité de la trajectoire du Mali

Pour 2026, il est attendu une croissance de 5,5% en rapport avec une reprise de la production aurifère et une amélioration progressive des conditions de sécurité. L’inflation, elle, devrait fléchir à 2,5%, largement conforme à la norme communautaire de 3%.

Lire aussi : Fafe : Une administration mobilisée pour atteindre les objectifs

La 13è session du comité de pilotage du Fonds d’appui à l’automatisation de la femme et à l’épanouissement de l’enfant (Fafe) s’est tenu, hier à son siège..

Les articles de l'auteur

Reprise de Kidal par l’Armée : L’Université de Sikasso débat des enjeux et perspectives de la souveraineté territoriale

14 novembre 2023-14 novembre 2025, cela fait deux ans que les Forces armées maliennes ont repris Kidal. Pour la commémoration de ce retour de l’État à Kidal que l’Université de Sikasso a organisé, vendredi dernier, une grande rencontre. «Retour effectif de l’État à Kidal, enjeux et perspectives d’une souveraineté territoriale affirmée», était le thème retenu à cet effet..

Par Mariam DIABATE / AMAP - Sikasso


Publié jeudi 20 novembre 2025 à 08:13

Sikasso : Le carburant disponible dans certaines stations-service

Plusieurs localités du pays connaissent la crise du carburant. Mais à Sikasso la situation est relativement appréciable. Actuellement, certaines stations-service de la ville sont opérationnelles..

Par Mariam DIABATE / AMAP - Sikasso


Publié vendredi 14 novembre 2025 à 14:35

Une multitude d’activités à Sikasso

La gouverneure de la Région de Sikasso, Mme Kanté Marie Claire Dembélé, a présidé, hier au gouvernorat, la Journée nationale des autorités et légitimités traditionnelles. L’événement a enregistré la présence du préfet du Cercle de Sikasso, Amadou Gassambé, du président du conseil régional de Sikasso, Yaya Bamba, du représentant du maire de la Commune urbaine de Sikasso, Abdramane Sidibé et de celui du coordonnateur régional des chefs de villages et de quartiers de Sikasso Dramane Keita..

Par Mariam DIABATE / AMAP - Sikasso


Publié mercredi 12 novembre 2025 à 09:47

Sikasso : Gestion de la crise des hydrocarbures, la gouverneure informe et sensibilise les populations

La gouverneure Mme Kanté Marie Claire Dembélé a informé et sensibilisé les populations de la Région de Sikasso sur la gestion de la crise des hydrocarbures en initiant une grande rencontre jeudi dernier au gouvernorat..

Par Mariam DIABATE / AMAP - Sikasso


Publié lundi 03 novembre 2025 à 11:02

Sikasso : Campagne spéciale de vaccination et de marquage contre la peste des petits ruminants

D’une durée de 3 mois, elle permettra de vacciner 20 millions de têtes de petits ruminants contre la peste dans la région.

Par Mariam DIABATE / AMAP - Sikasso


Publié lundi 20 octobre 2025 à 12:35

Sikasso : Le ministre Daffé préside les journées nationales du patrimoine culturel

L’événement a été marqué par une conférence qui a débattu de la thématique : «Place et rôle du Maaya et du Danbé dans la formation et l’éducation du Maliden kura».

Par Mariam DIABATE / AMAP - Sikasso


Publié mardi 14 octobre 2025 à 08:46

Sikasso : Déjà dans l’ambiance du Festival triangle du balafon

La cité verte du Kénédougou s’apprête à abriter la 9è édition du Festival international triangle du balafon du 9 au 11 octobre prochain. Le grand rendez-vous culturel mettra en compétition le Mali, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire et la Guinée. Le Niger sera le pays invité d’honneur..

Par Mariam DIABATE / AMAP - Sikasso


Publié mercredi 08 octobre 2025 à 13:07

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner