Faut-il le rappeler : l’adoption d’une
nouvelle Constitution est l’une des recommandations des Assises nationales de
la refondation (ANR), tenues fin décembre 2022. Compte tenu des enjeux de cette
réforme majeure dans la vie de la Nation, le président de la Transition n’a pas
tardé à mettre en place une commission de rédaction de l’avant projet de
nouvelle Constitution qu’il a confiée à l’éminent professeur de droit public,
Fousseyni Samaké.
Le chef de l’Etat lui a renouvelé sa confiance pour diriger
la commission de finalisation du projet de Constitution. Ce travail accompli
par une soixantaine d’experts et de personnes ressources a été achevé en
quelques semaines.
Le colonel Assimi Goïta a reçu des mains du Pr
Samaké le projet de Constitution de la République du Mali, le 27 février
dernier, avant de le présenter aux forces vives de la Nation le 20 mars, donnant ainsi le coup d’envoi de sa
vulgarisation sur l’ensemble du territoire.
L’adoption de la nouvelle Constitution devant
ouvrir la voie au retour à l’ordre constitutionnel au Mali est un engagement
que les autorités de la Transition avaient pris vis-à-vis du peuple malien et
de la Communauté internationale depuis leur installation en juin 2021.
Initialement prévu pour le 19 mars dernier, le référendum sera finalement tenu
le 18 juin prochain.
L’annonce faite par le porte-parole du
gouvernement, le colonel Abdoulaye Maïga, vendredi dernier, a été vivement saluée
par la Communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et
l’ensemble de la Communauté internationale qui suivent de très près le
processus de Transition au Mali. On peut même dire que ces organisations
internationales exercent une forme de pression sur les dirigeants pour le
retour à l’ordre constitutionnel au Mali.
Pourtant, les autorités maliennes, depuis la
rectification de la trajectoire de la Transition, ont toujours fait montre
d’une bonne volonté. Le chef de l’état, le colonel Assimi Goïta et le
gouvernement dirigé par Dr Choguel Kokalla Maïga n’ont de cesse de répéter à la
Cedeao, l’Union africaine (UA), l’Organisation des Nations unies (ONU), l’Union
européenne (UE) que le retour à l’ordre constitutionnel fait partie des priorités.
Seulement, les dirigeants maliens faisaient remarquer que la situation sécuritaire
actuelle ne permettait pas des consultations électorales justes et équitables
sur l’ensemble du territoire national. Aussi, les réformes politiques et
institutionnelles étaient indispensables pour corriger les insuffisances qui
avaient conduit notre pays à cette crise multidimensionnelle.
Ce travail titanesque engagé sous l’impulsion
du président Goïta a d’abord permis de renforcer les capacités opérationnelles
des Forces armées maliennes (FAMa) à travers l’acquisition des équipements
modernes et la formation des éléments.
Concernant le chantier des réformes
politiques et institutionnelles, après la tenue des ANR, l’on retient
l’adoption de la nouvelle loi électorale par le Conseil national de la
Transition (CNT) et sa promulgation par le président de la Transition, la mise
en place du collège de l’Autorité indépendante de gestion des élections (Aige),
l’opérationnalisation des nouvelles régions administratives dans le cadre du
nouveau découpage territorial, la vague de nomination des sous-préfets et préfets
pour permettre le retour de l’état dans les zones confrontées par l’insécurité.
Le référendum du 18 juin ouvrira certainement
un boulevard à la tenue des autres scrutins qui avaient été précédemment annoncés
par le gouvernement, à savoir les élections des conseillers des collectivités
territoriales, celles des députés en octobre 2023 et l’élection présidentielle
en février 2024. C’est ce que pensent certains observateurs et analystes
politiques. Cependant, d’autres restent encore sceptiques. Leur scepticisme
s’explique par le fait que la majorité des électeurs ne peuvent pas avoir leurs
cartes d’identité biométriques avant le 18 juin qui, selon la loi, est le seul
document valable pour pouvoir voter.
On a l’habitude d’écrire dans les colonnes de L’Essor qu’impossible n’est pas malien. Le gouvernement a la possibilité d’accélérer le retrait des cartes d’identité biométriques en renforçant les équipes et en multipliant les centres de retrait à travers tout le pays. Ce travail peut commencer dès aujourd’hui. Et sa bonne exécution permettra au gouvernement de faire la preuve encore une fois qu’il respecte sa parole donnée.
Madiba KEÏTA
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