C’était à la faveur du concours d'agrégation du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (Cames) tenu à Conakry en Guinée. L’enseignante de la Faculté de médecine et d’odontostomatologie (Fmos) de l'Université des sciences, des techniques et des technologies (USTTB) s'est classée deuxième de sa spécialité. «La responsabilité est lourde à porter. Puisqu’il faut rester un bel exemple pour ses consœurs », concède-t-elle parfaitement consciente des nouveaux challenges auxquels elle doit faire face.
Sa réussite, dit-elle, ouvre la voie à celle d’autres femmes et prouve qu’il est possible d’atteindre des sommets. La chercheure veut inspirer les générations futures à poursuivre des carrières dans l’enseignement supérieur et la recherche. Celle qui est passionnée de l’anatomie du cœur depuis l’école primaire a joué sa partition. «La cardiologie paraissait pour moi comme un défi parce que le Mali comptait en 2013 seulement 4 femmes cardiologues dont l’actuelle ministre chargée de la Santé, le colonel Assa Badiallo Touré», confie-t-elle. Pour réussir ce pari, il lui a fallu beaucoup de concessions, de discipline et de patience.
Pur produit de l’école malienne, Pr Mariam Sako est née dans une famille modeste à Nyamina (Koulikoro) à environ 3 heures de route de Bamako. Elle est éprise des études depuis l'enfance. Après l'obtention de son diplôme d'études fondamentales dans le même village, elle pose ses valises à Bamako en 2000 et fréquente le lycée notre Dame du Niger. Trois années plus tard, la native de Nyamina décroche le baccalauréat dans la série Sciences biologiques (SB) qui lui ouvre les portes de la Fmos. En 2013, studieuse elle monte en grade. Elle obtient son doctorat suivi d'une spécialisation en cardiologie. Depuis septembre 2016, la cardiologue enseigne la discipline à la Fmos.
Maître de conférences, elle a écrit une soixantaine d’articles scientifiques dans des revues nationales et internationales. L’enseignante chercheure a fait plusieurs communications dans des congrès scientifiques nationaux et internationaux. L’exploit de la spécialiste en cardiologie est sans surprise pour les personnes qui l’ont côtoyée. Diénéba Diawara, médecin épidémiologiste, est l’une de ses camarades de promotion à la Fmos. «Elle s'est toujours battue pour être la meilleure dans tout ce qu'elle entreprend», témoigne la praticienne du Centre de santé communautaire de Djicoroni Para, en Commune IV du District de Bamako. Elle précise que son ancienne colocataire à l'internat est une bonne musulmane qui lit parfaitement le saint Coran.
«Je savais qu'elle allait être admise à ce concours d'agrégation. C'est une vraie battante. Quand elle veut quelque chose elle se donne les moyens et le temps de l'avoir», assure le lieutenant colonel Ami Diarra, médecin militaire. Avant d’ajouter que le titre de sa consœur est amplement mérité. La cardiologue des armées témoigne que Pr Sako est disponible pour ses étudiants et est toujours à l'écoute de ses patients. Au CHU du Point-G où elle officie son profond humanisme et son soucis constant pour ses patients est connu et reconnu de tous.
Mohamed DIAWARA
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