Pourtant, les nouvelles technologies ont facilité l’accès aux livres en version numérique
On ne vit pas de pain seulement, a-t-on
l’habitude d’entendre. Autrement dit, on a aussi besoin de se nourrir de
culture générale et l’acquisition de celle-ci passe par la lecture. Des spécialistes
expliquent clairement qu’au-delà d’être aussi un simple passe-temps, «la
lecture stimule le cerveau et améliore la concentration».
Malheureusement, dans notre société, les férus
de lecture se comptent sur les doigts d’une main. C’est peut-être une exagération,
mais en tout cas les bouquineurs ne sont pas légion dans notre pays. Une
boutade devenue célèbre par la force des choses illustre parfaitement cet état
de fait. «Si tu veux cacher quelque chose à un Malien, il faut le mettre dans
un livre». Ce trait d’esprit tourne à la dérision ou à l’autodérision, mais il
est très proche de la réalité. Qu’est-ce qui explique ce phénomène ?
Pourquoi les gens ne lisent pas beaucoup au Mali ? Nous tentons d’apporter
des éléments de réponse à ces interrogations.
La lecture a une importance significative dans
le développement de l’être humain et d’une nation. Une maxime de l’ancien président
sud-africain Nelson Mandela est plus explicite. «Une nation qui lit est une
nation qui gagne». La lecture apporte beaucoup à l’être humain.
En français simple, la lecture est une nourriture de l’esprit. Djénéba Doumbia,
étudiante en finance, comptabilité et audit, membre du club «Ser bibliothèque»,
explique le désintérêt pour la lecture
par des contraintes d’agenda et par l’addiction aux réseaux sociaux. Son
argumentaire ne tient pas la route parce que quand on est un féru de lecture,
on trouve toujours un temps pour lire.
Mais, l’étudiante est persuadée que la
lecture apporte de la culture générale et renforce les compétences. Ce qui
explique son adhésion au club de lecture qui incite élèves, étudiants et autres
catégories socioprofessionnelles à lire. Le club «Ser bibliothèque» initie à
son sein très souvent des échanges d’idées intéressantes et des activités littéraires,
mais aussi des programmes de lecture communautaire. Il y a aussi le club de
lecture en ligne, les campagnes de sensibilisation, mais aussi des partenariats
avec des écoles et universités et l’institution de récompenses littéraires
locales.
Amadou
Traoré, jeune diplômé sans emploi, explique clairement son peu de goût pour la
lecture. Pour me faire dormir, il suffit de me donner un bouquin et je
sommeille après lecture de quelques phrases dit-il. Mais, il reste conscient de
la gravité de cette situation sur son développement personnel et éventuellement
sur sa prochaine vie professionnelle.
Une autre jeune étudiante, Fadimatou Ballo,
explique aussi avoir la paresse intellectuelle de lire. Elle préfère passer du
temps sur les réseaux sociaux, notamment à regarder Tiktok et WhatsApp. «Ce
n’est pas facile de se consacrer à la lecture des ouvrages». Alou Fofana, un autre élève, pense même que
lire fatigue.
Selon lui, les réseaux sociaux offrent des tutoriels sur les cours. à travers cela, il arrive à combler petit à petit ses insuffisances et à mieux comprendre les cours. Pour lui, il est clair qu’avec l’intelligence artificielle, il est facile d’avoir toutes les informations. Face à la paresse intellectuelle des élèves et étudiants, voire des cadres qui n’aiment pas lire, Boubacar Sanogo, un chef de famille manifeste son amertume. «C’est vraiment inquiétant. On marchait des kilomètres pour accéder à des bibliothèques. Maintenant qu’on les a à portée de main dans les écoles et dans d’autres centres culturels, on les fréquente moins», déplore le patriarche.
CULTURE DE L’ORALITÉ- Le professeur de
philosophie Ibrahim Sondé affirme que le livre informe et éduque. Pour lui, les
lecteurs peuvent trouver dans les bouquins les solutions à des problèmes
sociaux abordés par les écrivains dans leurs ouvrages. Le chef de division à la Bibliothèque
nationale, Diadié Konaté, pousse l’analyse plus loin sur le désintérêt de nos
compatriotes pour la lecture. Ceux-ci n’ont pas la culture de la lecture, mais
plutôt de l’oralité. Ceci est peut-être à l’origine du «mépris» pour le livre.
Cependant, il souligne qu’il y a eu un regain d’intérêt pour la lecture en 2022
comparativement à 2021. Notre interlocuteur évoque un aspect que beaucoup de
Maliens ne prennent pas en compte. Il s’agit des coupures intempestives d’électricité.
Il estime que cet état de fait a impacté négativement la fréquentation des
bibliothèques en 2023. Diadié Konaté invite les parents à, d’abord, créer les
habitudes de lecture dans les familles. «Quand les parents lisent, les enfants
aussi le feront», dit-il. Et d’indiquer que leurs lecteurs sont constitués
majoritairement d’enseignants et d’étudiants. Mais il y a plus d’hommes que de
femmes.
Le directeur du Centre national de la lecture
publique définit la lecture comme une activité qui permet de déchiffrer et de
comprendre un texte écrit. Idrissa Oumar laisse entendre qu’il faut l’aimer et
la pratiquer régulièrement. Selon lui,
il y a encore beaucoup d’efforts à faire pour relever le défi de l’alphabétisation
dans notre pays où, le faible niveau d’éducation touche plus ou moins 70 % de
la population. D’autres facteurs font que les gens lisent peu, notamment
l’influence de la tradition orale encore très forte dans nos sociétés, l’accès
très limité aux bibliothèques, livres, journaux, voire à l’Internet. S’y ajoute la conjoncture économique qui
oblige les familles à faire face plutôt à d’autres priorités, notamment
alimentaires au lieu de penser au livre. Et enfin, l’influence de la télévision.
Il déclare que pour accroître l’intérêt pour
la lecture, il faut rendre les livres disponibles et accessibles partout afin
que chacun puisse avoir la chance de faire ses choix, dans le milieu où il évolue,
selon son centre d’intérêt, son goût, ses préférences. Il recommande l’aménagement
d’espaces de lecture confortables dans les bibliothèques, écoles, gares, cafés,
parcs, etc. «Il faut aussi s’assurer que les ressources proposées soient d’une
grande diversité (livres, journaux, magazines, revues, etc.), de différents
genres (romans, contes, histoires pour les enfants par exemple, etc.) et
traitent d’autres cultures et expériences».
La création des clubs de lecture, d’événements littéraires, des programmes de lecture et l’organisation de concours de lecture et des visites d’auteurs peuvent aussi susciter l’intérêt des enfants pour les livres. Sans oublier la mise en place des bibliothèques mobiles dans des zones communautaires.
Une chose est sûre, les nouvelles technologies
ont facilité l’accès aux livres à travers la disponibilité de la documentation
en version numérique. Dans un contexte de mondialisation et de globalisation,
les médiocres n’auront plus de chance. Chacun a intérêt à acquérir des
connaissances à travers une solide formation académique, mais aussi une culture
générale. Et c’est là où la lecture est indispensable.
Assitan KIMBIRY
Rédaction Lessor
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