Les refugiés sont bien accueillis par les autorités de Koro
Ce mouvement de populations fait suite à l’attaque de deux villages par des hommes armés non identifiés dans le département de Toéni au Burkina Faso. Il s’agit précisement des villages de Gani et Sia. Les populations rescapées se sont repliées sur Koro. Car les habitants des villages de Kwaremenguel, Sané, Sangha, Golo et Sôro ont été aussi sommés de quitter en 72 heures.
«Notre village a été attaqué par des hommes armés, ils tiraient sur tout ce qui bouge, je me suis caché dans mon poulailler. Ils ont tué de nombreuses personnes et mis le feu aux habitations. Personne n’a pu emporter quelque chose avec lui, nous sommes venus les mains vides et nous comptons sur la solidarité des populations de Koro», a témoigné un réfugié venu du village de Gani.
Quant à S. Toé, ressortissant de Sangha, il a fait savoir que deux hommes armés sont venus dans leur village et leur ont demandé de quitter le lieu dans trois jours au risque de subir le même sort que les populations de Gani et de Sia. «Suite à cette menace, nous sommes partis dans la précipitation. Face à la pression de l’armée, les groupes terroristes s’en prennent à la population civile, nous obligeant à quitter nos terres; surtout à la veille de l’hivernage», a-t-il expliqué.
Conformément à la tradition locale, ces réfugiés ont été accueillies par la population locale, malgré les difficultés du moment. Pour leur donner à manger, chacun apporte ce qu’il peut. Mais face à leur nombre qui ne fait qu’accroître, l’administration locale a rencontré, vendredi dernier, tous les acteurs de la ville pour évaluer la situation et prendre des dispositions urgentes en termes d'abris et d'appuis alimentaires.
Cette vague vient s’ajouter aux réfugiés venus entre 2023 et 2025 et qui sont déjà enregistrés au niveau du bureau local de la Commission nationale chargée des réfugiés (CNCR). Avant l’arrivée de cette nouvelle vague, les réfugiés enregistrés et disposant de documents administratifs étaient au nombre de 73.000 individus issus de 24.000 ménages, a indiqué le chef du bureau de la CNCR, Sidi M. Diakité.
La ville de Koro abritait déjà deux sites de refugiés avant l’arrivée de cette nouvelle vague; à savoir Kenewè et Bénibana. Une évaluation est en cours pour déterminer le nombre d’abris disponibles au niveau de ces deux sites, afin d’y installer quelques ménages. En attendant, ils sont repartis entre plusieurs endroits dont la Case des femmes, la Maison des artisans. Selon les informations, de nombreux ménages se sont installés dans les villages de Zon, Bargou et Kiri, au sud de la Commune de Koro, à quelques kilomètres de la frontière avec le Burkina Faso.
Le bureau local de la CNCR en collaboration avec ses partenaires a déjà déclenché le processus de pré-enregistrement et de profilage des populations réfugiées et un rapport sera produit au terme de ce processus, afin de déterminer les besoins. En attendant leur prise en charge par la CNCR et ses partenaires, les populations locales en collaboration avec les autorités administratives et les collectivités cherchent des sites de transit pour les accueillir. Elles leur apportent de l’eau et de la nourriture.
Depuis leur arrivée, les services de santé sont également à pied d’œuvre pour leur apporter une assistance sanitaire dans le cadre d’une convention entre le Centre de santé de référence de Koro et l’ONG MSF (Médecin sans Frontière).
Moussa NIANGALY / AMAP - Koro
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