La fumée des autres tue, selon un slogan de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Les non-fumeurs n’apprécient guère d’être exposé à la fumée des autres et en appellent à une application stricte des dispositions juridiques interdisant de fumer dans les lieux publics. Il est courant de voir des fumeurs empester les espaces publics. Pourtant, fumer dans ces espaces est une infraction au regard de la loi N° 10-033 du 12 juillet 2010 relative à la commercialisation et à la consommation du tabac et des produits du tabac.
L’article 15 de la même disposition juridique interdit de fumer dans les salles de réunions, de conférences ou de spectacles salles de cours pratiques théoriques, réfectoires, dortoirs, les transports publics, les salles de cinéma, les stations-services, les établissements sanitaires publics, privés et communautaires.
Y compris les établissements pharmaceutiques publics et privés, les dépôts des produits pharmaceutiques publics et privés, les bureaux des services publics, les jardins d’enfants et autres lieux de séjour des enfants, les aéroports et aéronefs de passagers ainsi que les salles d’attente ou de réception. L’article 20 stipule : «sera passible d'une peine d'emprisonnement de un à quinze jours et d'une amende de 5.000 à 25.000 francs ou de l’une de ces deux peines seulement, toute personne qui aura fumé en dehors des emplacements réservés aux fumeurs en violation des dispositions de l'article 15 ci- dessus».
DES SANCTIONS PRÉVUES-Le vice doyen de la Faculté de droit public de l’Université des sciences juridiques et politique de Bamako et maître de conférences, Moussa Moïse Sangaré, rappelle que l’ensemble des responsables de ces lieux publics suscités doivent veiller à l’application correcte de la disposition de l’article 15 de la loi 12 juillet 2010. Selon lui, en cas de violation de cette disposition, les sanctions ou pénalités prévues au niveau de son article 20 doivent automatiquement tomber. L’universitaire invite les responsables de ces différents services à procéder à la sensibilisation et faire des affiches d’interdiction de consommation du tabac que tout usager ou tout administré doit observer et respecter. Ils doivent aussi indiquer ou aménager des lieux pour les fumeurs.
En somme, les responsables de ces structures et lieux publics doivent prendre des dispositions nécessaires pour l’application correcte de ces mesures. Et de dire que l’article 5 de ladite loi dispose que «le Comité national de lutte contre du tabac comprend les représentants du secteur public, des collectivités territoriales, de la diaspora malienne, de la société civile et l’organisation et les modalités de fonctionnement du comité national de contrôle du tabac sont fixées par décret.» Selon Moussa Moïse Sangaré, ce comité doit avoir un relai dans toutes les structures publiques et privées. À défaut, celles-ci doivent mettre en place un comité de suivi pour respecter ladite disposition.
Idrissa Traoré, professeur d’enseignement fondamental, fume depuis plus de 7 ans. Il est conscient du risque auquel il expose les autres avec la fumée de sa cigarette dans les lieux publics. Le pédagogue essaie de plus en plus de s’isoler chaque fois qu’il veut brûler une clope, mais il déplore l’absence d’espaces dédiés aux fumeurs dans notre pays.
Ousmane Diop, assis sous un hangar dans l’enceinte d’un service public, explique développer une addiction à la cigarette depuis des années maintenant. Ce fumeur chronique n’ignore pas l’existence de dispositions juridiques portant interdiction de fumer dans les endroits publics. Mais, il a une philosophie toute faite de cette situation. Pour lui, une chose est d’adopter une loi et une autre est de la faire respecter scrupuleusement. Il pointe du doigt la désinvolture de certains fumeurs dans les lieux publics. Un autre fumeur rencontré dans un service public rappelle l’urgence d’accentuer la sensibilisation sur loi portant interdiction de l’usage du tabac dans les espaces publics. «Je souhaite qu’on communique suffisamment sur cette loi», dit-il, avant de saluer la présence des affiches interdisant de fumer dans certains endroits publics.
TAUX DE CANCER BRONCHO-PULMONAIRE ÉLEVÉ- Amadou Koné, aide-comptable dans une administration, est un gros fumeur. Pourtant, ce jeune-homme de 37 ans estime que la loi doit s’appliquer dans toute sa rigueur parce que ce n’est pas éthique de nuire à la santé des autres par son comportement. Son avis est largement partagé par le président par intérim du Réseau de lutte contre le tabac et autres stupéfiants au Mali (Relutas), Aboubacar Hamidou. Celui-ci préconise rapidement la création d’espaces dédiés aux fumeurs.
Le point focal tabac au niveau de l’OMS indique que 80% de nos compatriotes méconnaissent l’interdiction de fumer dans les lieux publics. L’agent onusien rappelle que son organisation accompagne les associations qui évoluent dans le registre de la lutte contre le tabac et accompagne aussi l’État pour la mise en œuvre de la Convention cadre de la lutte contre le tabac.
Pour sa part, le Pr Yacouba Toloba, phtisio-pneumologue et allergologue au Centre hospitalier universitaire (CHU) du Point G, sait de quoi il parle. Ce spécialiste rappelle sans ambages et même crument que le tabagisme passif a autant d’effets néfastes respiratoires sur l’organisme que le tabagisme actif. à cet effet, les statistiques fournies par le chef du service de phtisio-pneumologie du Point G donnent le tournis. Cette année, notre pays enregistre un taux de cancer broncho–pulmonaire lié au tabac légèrement élevé par rapport à l’année précédente et dans son service 1 malade sur 3 consulte pour une pathologie liée au tabac.
Le toubib précise que les pathologies concernées causent l’aggravation de l’asthme, les pneumonies, les bronchites chroniques, les emphysèmes pulmonaires et des broncho-pneumopathies obstructives. Le praticien du Point G déplore le phénomène du diagnostic tardif qui persiste toujours. «Le malade arrive à l’hôpital dans un état de désastre et à un stade terminal. Le cancer de la gorge et le cancer du poumon sont observés. Ils figurent parmi les pathologies les plus redoutées aujourd’hui dans le monde, en particulier au Mali, en raison de la consommation incontrôlée de la cigarette en public, déclare Pr Yacouba Toloba.
Les autorités compétentes doivent prendre à bras–le–corps la problématique pour circonscrire les effets du tabagisme sur les non-fumeurs.
Sinè TRAORE
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