Hivernage à l’Opib : Campagne prometteuse

Le niveau de réalisation est de 104% pour le mil, 86% pour le sorgho, 82% pour le maïs et 70% pour le riz qui est cultivé sur une superficie de 1.935 hectares. Seule inquiétude à l’ordre du jour, la disponibilité des engrais minéraux en quantité suffisante

Publié jeudi 25 août 2022 à 05:24
Hivernage à l’Opib : Campagne prometteuse

L’hivernage atteint sa vitesse de croisière. Caractérisée par de longues périodes sèches au début, la pluie est de plus en plus régulière et abondante. À vue d’œil, les parcelles sont bien entretenues. À l’Office du périmètre irrigué de Baguinéda (Opib), les cultures ont amorcé leur phase de maturité. L’aspect végétal des champs de riz, de maïs et de sorgho est prometteur. À condition que «les paysans maintiennent la cadence quant à l’entretien des champs et les traitements phytosanitaires : indispensables au bon développement des plantes».


 Baguinéda est une ville et une commune, dans la sous-préfecture du Cercle de Kati, dans la Région de Koulikoro. Située à 30 km de Bamako sur le fleuve Niger, cette commune rurale qui regroupe 32 villages, abrite plus de 3.000 hectares aménagés en maîtrise totale de l’eau par l’Opib. Créée en janvier 1998, cette structure est la plus grande zone de production agricole de notre pays après l’Office du Niger (ON). Elle est chargée du développement intégré, de promouvoir le développement des principales cultures vivrières de base et maraîchères. En plus des activités agricoles possibles en saison des pluies, les paysans de Baguinéda s’adonnent aussi aux activités de cultures de contre-saison.


Celle-ci est une activité agricole consistant à faire le maraîchage et des cultures céréalières pendant la saison sèche. Elles s’inscrivent dans le cadre de la mise en œuvre de la Politique nationale de développement de l’État. Le but étant de mettre un accent particulier sur les aménagements de terres agricoles au profit des producteurs et de combler le déficit céréalier de notre pays.
Paysan à l’Opib depuis plus de 15 ans, Mahamadou Diarra, œuvre pour l’atteinte de ces objectifs. Il trouve que la campagne évolue bien. Arguant qu’il pleut en abondance, le cultivateur prédit : «Cette année, la campagne sera meilleure que l’année dernière car les paysans ont commencé à semer à l’Opib depuis le mois de juin.


Alors que l’année dernière, les semis ont débuté en juillet». Cela à condition qu’il n’y ait pas une fin précoce de la pluie comme cela a été le cas l’année dernière, ajoute celui qui exploite un hectare de riz, deux hectares de maïs et un demi-hectare de gombo.
Son collègue Bakary Doumbia est producteur à Kognimba, dans la Commune de Baguinéda. Il détient à l’Opib un champ de riz et de maïs d’une superficie d’un hectare chacun. De l’avis de celui qui traîne 22 ans d’expérience dans l’agriculture, le niveau satisfaisant des pluies présage d’un bon rendement et d’une bonne campagne.  


Le directeur général de l’Opib partage les constats de ces producteurs-là. Mamadou Togola estime que l’allure que présentent les champs permet d’espérer que les objectifs de production pour cette année pourraient être atteints. Ils sont, selon lui, estimés à 24.419 tonnes pour les céréales, dont 17.722 pour le riz, 6.300 pour le maïs et 299 tonnes pour le mil et le sorgho. Concernant les cultures maraîchères, les objectifs sont évalués à 27.995 tonnes, toutes spéculations confondues.


En la matière, le niveau de réalisation est de 104% pour le mil, 86% pour le sorgho, 82% pour le maïs. Pour le riz cultivé en maîtrise totale de l’eau (riz repiqué dans le périmètre), la réalisation est de 70% pour une superficie de 1.935 hectares. Les emblavures se poursuivent en ce qui concernent le riz et sont à un niveau satisfaisant, assure le premier responsable de l’Opib.
Il faut ajouter qu’à l’Opib, l’Adny 11 est la variété de riz la plus cultivée. Son cycle est de 120 jours. En matière de cultures sèches, le Sotubaka, une variété de maïs dont le cycle est de 90 jours, est la plus adulée. Elle arrive à boucler son cycle pendant la période d’hivernage sans un grand souci de sècheresse.


À propos des équipements agricoles, Mamadou Togola dira que le taux d’exploitation est également acceptable. La situation phytosanitaire, elle, est jugée calme. Les produits phytosanitaires sont disponibles, assure-t-il. Néanmoins des problèmes existent, nuance le patron de l’Opib.
Selon lui, la difficulté principale concerne l’acquisition des engrais minéraux, une situation générale liée au conflit en Ukraine. Autres difficultés, selon lui, l’insécurité dans la zone Opib, l’insuffisance des ressources financières, les besoins en matériels agricoles pour les producteurs, le manque de main-d’œuvre. S’y ajoutent les difficultés liées à l’acquisition des engrais minéraux. Concernant ce point, il estime que les sols sont si pauvres qu’il faut des appoints.   


Le paysan Mahamadou Diarra, natif de Kobalacoro, Commune de Baguinéda, déplore également le problème d’accès aux intrants surtout les engrais minéraux. «En attendant la mise à disposition de la subvention de l’État, nous achetons le sac d’engrais entre 35.000 et 40.000 Fcfa», explique-t-il. «Nous sommes toujours en attente de l’engrais minéral.


À part ce problème qui nous inquiète un peu, la campagne agricole est rassurante cette année car il pleut suffisamment», confirme Rokia Samaké, exploitante d’un demi-hectare de riz à l’Opib.
L’État a déjà fait des acquisitions au niveau de certains fournisseurs qui ont été mises à la disposition de certaines structures agricoles, informe le directeur général de l’Opib. Mamadou Togola remercie l’État pour avoir mis l’engrais organique à la disposition des paysans pour une bonne campagne. Il assure que les objectifs seront atteints si la pluie maintenait la même cadence.

Anne Marie KEITA

Lire aussi : Disponibilité des hydrocarbures à Bamako : L’embellie se poursuit

Ah oui ! Tout indique, ce matin du mercredi 26 novembre 2025, que la situation s’est améliorée concernant l’approvisionnement en carburant dans la ville de Bamako. La circulation reprend son rythme habituel. Les embouteillages aussi..

Lire aussi : Marchandises maliennes bloquées à Dakar : Trois mois de répit accordés aux opérateurs

Le président du Conseil malien des chargeurs (CMC), Kissima dit Bakissima Sylla, a annoncé ce mercredi 26 novembre que des dérogations exceptionnelles ont été accordées aux marchandises maliennes bloquées au port de Dakar..

Lire aussi : Hamadou Fall Dianka, DG des Impôts : «Le montant des recettes électroniques a atteint 300 milliards de Fcfa en 2024»

Dans cet entretien exclusif, le directeur général des Impôts évoque, entre autres, les étapes franchies en termes de transformation numérique de ses services, les avantages concrets pour les citoyens et les entreprises, les défis rencontrés et les innovations à venir pour consolider cette d.

Lire aussi : Disponibilité du carburant à Bamako : Normalisation au niveau des transports en commun

Avec la pénurie de carburant, plusieurs véhicules de transport en commun avaient disparu de la circulation dans la capitale. Ils refont surface aujourd’hui avec la disponibilité du précieux liquide dans certaines stations-services. Et cela grâce aux efforts des autorités et des importateurs .

Lire aussi : Gestion de la crise des hydrocarbures : L’urgence de venir en aide aux régions affectées

La réunion du Comité interministériel de gestion des crises et catastrophes, tenue hier à la Primature sous la présidence du Premier ministre Abdoulaye Maïga, a aussi salué les effets immédiats du protocole d’accord ayant permis d’accélérer le dédouanement des camions citernes. Cepend.

Lire aussi : Dédouanement rapide des hydrocarbures : Sur 114 citernes, 110 sont sorties en moins de 24 heures

Un protocole d’accord a été signé vendredi dernier entre le gouvernement et les groupements des pétroliers pour accélérer les procédures de dédouanement des citernes d’hydrocarbures. Le ministre du Commerce et de l’industrie, Moussa Alassane Diallo, a pu constater l’effectivité sur .

Les articles de l'auteur

PRTD-Mali : des résultats tangibles en moins de deux ans

Le Projet de restauration des terres dégradées au Mali (PRTD-Mali) a tenu hier, dans un hôtel de la place, la 3è session ordinaire de son comité de pilotage..

Par Anne Marie KEITA


Publié mercredi 26 novembre 2025 à 07:41

Vente illicite des pesticides : Une pratique très dangereuse

À Bamako, il existe un peu partout des commerçants et revendeurs clandestins de pesticides. Dans la circulation, dans les boutiques des quartiers et dans les marchés hebdomadaires, ils proposent des produits pouvant combattre les nuisibles sans l’autorisation des structures compétentes et en violation fragrante de la loi d’homologation et d’autorisation. Une pratique dangereuse à laquelle les pouvoirs publics doivent mettre fin.

Par Anne Marie KEITA


Publié jeudi 13 novembre 2025 à 09:31

5è édition du Mita : Vers un accès accru aux technologies et innovations agricoles

Durant cinq jours, chercheurs, innovateurs, investisseurs et décideurs politiques vont échanger sur des solutions agricoles performantes pouvant booster la productivité agricole.

Par Anne Marie KEITA


Publié mardi 21 octobre 2025 à 07:50

Ingénierie de la formation : Le projet Fier II forme Les CDR

Durant cinq jours, environ 20 techniciens des Centres de ressources (CDR) venus des Régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso et Ségou verront leurs capacités renforcées sur l’ingénierie de la formation. Ils seront dotés d’outils nécessaires pour concevoir des formations qui répondent aux besoins du marché de l’emploi local..

Par Anne Marie KEITA


Publié jeudi 18 septembre 2025 à 07:43

Certification et signature électronique : Les acteurs en concertation

Ces concertations sont une opportunité pour le Gouvernement de définir les bases d’un écosystème numérique souverain et sécurisé au service de l’administration, des entreprises et surtout des citoyens.

Par Anne Marie KEITA


Publié mercredi 27 août 2025 à 08:11

Saison des pluies : Les produits maraîchers moins abordables

Le maraîchage se pratique dans des zones de bas-fond. En hivernage, ces espaces sont généralement inondés. Ainsi, la rareté des produits maraîchers sur le marché fait augmenter les prix.

Par Anne Marie KEITA


Publié jeudi 21 août 2025 à 08:22

Petit déjeuner professionnel du CNPM : Prévention, gestion et réparation de sinistres au cœur des débats

Aussi complexe que crucial, le domaine des assurances, un sujet d’actualité pour les entreprises, touche à la fois les citoyens, les entreprises, les institutions publiques et le secteur privé..

Par Anne Marie KEITA


Publié jeudi 07 août 2025 à 08:41

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner