Visite d’une installation destinée à la production piscicole
Le
poisson est une excellente source de protéines animales, de vitamines et de
sels minéraux, notamment les vitamines A et D, le phosphore, le magnésium et le
sélénium. Ses protéines sont un complément aux protéines alimentaires des
céréales et des légumineuses, typiques des régimes de maints pays en
développement comme le nôtre.
Selon les spécialistes de la santé, il contient
un type d’acide gras, vital au développement du cerveau humain chez le fœtus et
le nourrisson. En général, le poisson occupe une place beaucoup plus importante
dans l’alimentation journalière des habitants des pays en développement que
dans les pays avancés.
Le Mali,
bien que regorgeant de cours d’eau poissonneux, est confronté à une crise dans
la production de poissons, due aux sécheresses cycliques et les effets néfastes
du changement climatique. Pour pallier cette situation d’insécurité
alimentaire, notre pays s’est engagé dans la promotion de la pisciculture.
Ainsi, le gouvernement a accordé une subvention de 30% sur le prix de revient
des alevins et de l’alimentation des poissons, souligne le chef de division
aménagement des pêcheries et aquacultures (Dapa) à la direction nationale de la
pêche, Baba Coulibaly. Cette subvention de l’État permet d’installer des usines
de fabrication d’aliments et des écloseries pour la production d’alevins
(jeunes poissons destinés au peuplement). Car, au Mali, les deux contraintes
majeures au développement de la pisciculture résident dans l’importation des
alevins et de l’aliment poisson.
En effet,
nombre de nos concitoyens investissent aujourd’hui dans cette activité
lucrative. En la matière, le pionnier s’appelle Aboubacar Diallo. Depuis 2010,
il a installé une ferme piscicole à Baguinéda, une localité située à 35
kilomètres de Bamako. En une décennie, il est devenu le principal producteur
d’alevins et d’aliments poissons au Mali. Selon lui, le marché des alevins est
très complexe aujourd’hui à cause du manque de bons techniciens de nationalité
malienne. Leurs compétences ne seraient pas à la hauteur des enjeux.
«La
plupart des techniciens qui sont sur le marché des écloseries au Mali sont des
étrangers (Béninois et Burkinabé) qui viennent à l’Institut polytechnique rural
(IPR) de Katibougou pour apprendre. Après, ils retournent dans leurs pays et
reviennent prendre le marché devant nos techniciens», explique Aboubacar Diallo
avec regret. Pour cet opérateur, nos jeunes sont trop pressés. Lorsqu’ils
sortent des écoles de formation mises en place par le gouvernement pour
accompagner les secteurs de la pêche et l’aquaculture, ils ne «prennent pas
souvent le travail au sérieux». Ce qui crée beaucoup d’échecs au niveau de la
production des alevins de qualité, souligne-t-il.
À ce handicap lié à la disponibilité de
techniciens compétents, s’ajoutent les problèmes de souches de poissons et des
aliments. En effet, il faut impérativement de bonnes souches de poissons. «Sans
quoi, ça ne marchera pas, qu’il s’agisse des tilapias ou d’autres espèces. Et
cela va de soit aussi pour l’alimentation des géniteurs. Les poissons qui sont
élevés pour le grossissement sont différents de ceux qui sont là pour la
reproduction, ceux-ci ont une alimentation spéciale. C’est pourquoi, avec les
meilleurs géniteurs, sans une bonne alimentation, cela posera toujours la
défaillance», développe Aboubacar Diallo.
Des
milliards dans l’importation- Il soutient que le marché est florissant, car
chaque jour, on enregistre de nouveaux producteurs qui viennent s’installer.
L’espoir est donc permis dans le domaine. Cependant, la question des aliments
poisson demeure cruciale. L’augmentation de leur prix est due à l’importation,
ce qui implique des frais de transport et de dédouanement. C’est pourquoi,
Aboubacar Diallo en appelle à plus d’accompagnement de l’État dans le
sous-secteur de l’aquaculture, afin de réduire les importations qui font sortir
des milliards de Fcfa de notre pays. «Avec l’investissement de l’État dans le
secteur, il est possible d’effacer petit à petit l’ardoise de l’importation par
les opérateurs producteurs du pays», estime le fermier piscicole.
«Halla
Fish Farm» est une entreprise piscicole moderne, créée par la société
coopérative simplifiée agricole Halla (Scoops.A-H) basée à Kassela, à une quarantaine
de kilomètres de la capitale. Selon son premier responsable, le marché des
alevins se présente toujours avec une demande accrue des alevins tilapias et
silures (claras). Et sur ce marché, il y a une forte concurrence des prix, car
la disponibilité se fait de façon discontinue. Cela peut se traduire,
soutient-il, par la non maitrise des bonnes techniques et matériels de
production. Raison pour laquelle, les alevins silures sont très souvent issus
des écloseries artisanales.
Notre
interlocuteur dénonce, lui aussi, l’augmentation sans cesse du prix des
aliments poissons, surtout ceux importés. Ce qui fait que certains
pisciculteurs se procurent des machines afin de fabriquer leurs propres
aliments poissons pour réduire le coût de la production. Il y a aussi les
contraintes liées au transport des alevins qui sont des marchandises vivantes.
C’est-à-dire que quand un producteur de Bamako veut envoyer des alevins à Gao,
il doit trouver forcément le moyen de les transporter vivants jusqu’à cette
destination.
«Si les moyens adéquats ne sont pas à sa disposition, on peut tout
perdre en un instant», explique-t-il. Selon lui, pour améliorer la situation
actuelle, il faut les moyens de transport et une alimentation adéquate pour les
producteurs d’alevins. Il faut également encourager la multiplication des
écloseries, spécialement les écloseries modernes qui sont actuellement très peu
nombreuses.
Le chef
de la Dapa souhaite qu’on fasse de gros efforts pour la promotion de la
pisciculture, car la production de la pêche et la capture naturelle ont atteint
leurs limites. Si une autre alternative comme la pisciculture n’est pas
développée, nous ne verrons plus de poissons dans nos assiettes dans l’avenir.
Fatoumata TRAORÉ
Rédaction Lessor
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