Une vue du présidium lors de la cérémonie d’ouverture des travaux
La performance des Centres de formation professionnelle (CFP) repose aussi sur la qualité de leur gestion. Pour renforcer les compétences de leurs responsables, le ministère de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle a organisé une session de formation consacrée à la gestion et à la Gestion axée sur les résultats (GAR). Les travaux, prévus sur cinq jours, ont débuté hier au Centre de formation professionnelle de Sénou, sous la présidence du secrétaire général du département, Drissa Guindo.
Au total, 91 participants issus de plus de 50 structures prennent part à cette session. Ils représentent notamment les directions centrales et régionales, les centres de formation, les collectivités territoriales, les organisations syndicales, le patronat ainsi que les partenaires techniques et financiers.
Cette initiative s’inscrit dans la dynamique de transformation économique et sociale portée par la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable (SNEDD) 2024-2033, la vision « Mali Kura Niè Tassira ka bèn 2063 » et la Politique nationale de la formation professionnelle. Dans un pays où de nombreux jeunes arrivent chaque année sur le marché du travail, la formation professionnelle apparaît comme un levier essentiel de qualification et d’insertion.
Le dispositif national compte aujourd’hui 18 centres publics et plus de 500 établissements privés. Toutefois, les diagnostics réalisés ont relevé des insuffisances dans plusieurs domaines, notamment le management, la gestion administrative et financière, le pilotage pédagogique, le suivi-évaluation et la Gestion axée sur les résultats.
Selon Drissa Guindo, la fonction de directeur de CFP dépasse désormais la simple administration d’un établissement. « Le directeur doit être un manager, un gestionnaire, un leader pédagogique et un acteur capable de développer des partenariats avec les entreprises et les collectivités », a-t-il souligné.
La formation répond aux recommandations du Plan de renforcement des capacités ainsi qu’aux conclusions du diagnostic institutionnel du Fonds d’appui à la formation professionnelle et à l’apprentissage (FAFPA). Elle vise à doter les participants d’outils en matière de gouvernance, de gestion stratégique, pédagogique, administrative et financière, mais aussi de GAR. L’enjeu est également d’adapter davantage les offres de formation aux besoins du marché du travail.
À cet effet, le secrétaire général a insisté sur le renforcement des liens entre les centres et les entreprises. Il a notamment appelé à une implication accrue du secteur privé dans l’élaboration des programmes, l’apprentissage, l’accueil des stagiaires et l’évaluation des compétences. « Nous devons faire de la formation professionnelle un véritable moteur de l’emploi, de l’entrepreneuriat, de la productivité et de la transformation économique du Mali », a-t-il exhorté.
Le coordinateur national du Bureau international du Travail (BIT), Alhatikou Dagamaissa, a, pour sa part, rappelé le rôle stratégique des directeurs de CFP. Ceux-ci constituent, selon lui, l’interface entre les politiques nationales et leur mise en œuvre sur le terrain. Leur action est donc déterminante pour améliorer la qualité de la formation professionnelle dans les territoires.
Il a réaffirmé la disponibilité du BIT à accompagner les acteurs du secteur, à renforcer leurs compétences et à les doter des outils nécessaires. L’organisation pourrait également contribuer au financement des actions identifiées par les partenaires.
Au terme de la session, chaque participant devra élaborer un plan d’action individuel pour son centre. Ce document devra être concret, réaliste et adapté aux difficultés propres à chaque établissement. La Direction nationale de la formation professionnelle assurera le suivi de sa mise en œuvre dans le cadre de ses missions de supervision.
Cette initiative découle notamment du diagnostic interne réalisé par le FAFPA, dont le directeur général, Alassane Touré, était présent à la cérémonie. L’étude a fait ressortir des insuffisances en matière de gestion institutionnelle, administrative, financière et de Gestion axée sur les résultats, considérées comme des facteurs limitant l’efficacité du réseau des CFP. La présente session entend ainsi apporter des réponses concrètes à ces difficultés.
Siguéta Salimata DEMBÉLÉ
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