Une vue des membres du conseil d’administration
C’est tout l’enjeu de la 50è session ordinaire de son Conseil d’administration, tenue hier au ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’administration.
Présidée par le ministre de la Communication, Alhamdou Ag Ilyène, président du Conseil d’administration, en présence du directeur général de l’Amap, Alassane Souleymane, la session a permis de faire le point sur la marche de l’Agence et de dégager les priorités pour les prochaines années.
À l’ordre du jour, figuraient notamment l’adoption du procès-verbal de la précédente session, l’examen de l’état de mise en œuvre des recommandations, l’exécution du budget 2025, le rapport du commissaire aux comptes ainsi que l’examen et l’adoption du rapport d’activités 2025.
La session a également été marquée par l’adoption d’un budget rectificatif 2025 de plus de 2,462 milliards de Fcfa, en hausse de 7,06% par rapport à 2024. Cette enveloppe doit notamment contribuer à l’optimisation de l’imprimerie, au renforcement de la dotation en carburant et à l’acquisition de motos destinées aux agents de recouvrement et aux distributeurs des anciens entrepôts. Mais derrière ces ajustements budgétaires, se dessine surtout une ambition plus large : donner à l’Amap les moyens de s’adapter à un paysage médiatique en pleine mutation.
À l’ouverture des travaux, Alhamdou Ag Ilyène a souligné que le secteur de l’information traverse une période de profond bouleversement. Les réseaux sociaux et l’Intelligence artificielle transforment les méthodes de production, de traitement et de diffusion des contenus. Pour les médias publics, le défi n’est donc plus seulement de produire de l’information, mais de la produire vite, avec rigueur, de la diffuser sur les bons supports et de rester crédible dans un environnement saturé de contenus. Dans cette bataille de l’information, le ministre a rappelé la place particulière de l’Amap et de son quotidien national, L’Essor.
«L’Amap constitue la mémoire vivante de notre République», a-t-il déclaré, estimant que l’Agence demeure un instrument essentiel de diffusion d’une information fiable, professionnelle et équilibrée, au service de la souveraineté du Mali. Pour le ministre, la souveraineté ne se limite pas aux dimensions militaire et économique. Elle passe également par la capacité d’un pays à produire ses propres contenus, à raconter ses réalités et à porter sa voix avec responsabilité. Dans cette perspective, Alhamdou Ag Ilyène a appelé à une accélération de la transformation numérique de l’Amap.
Il s’agit notamment de renforcer sa présence sur les plateformes numériques, de mieux valoriser ses archives nationales et de développer davantage le journalisme multimédia. L’Intelligence artificielle devra également trouver sa place dans cette nouvelle dynamique, mais dans un cadre éthique et maîtrisé.
Le ministre a insisté sur la nécessité de renforcer continuellement les compétences des journalistes et des techniciens, tout en consolidant une gouvernance fondée sur la performance, la transparence et la redevabilité. Autre priorité : la diversification des ressources.
L’Agence est invitée à développer de nouveaux services, à renforcer son potentiel publicitaire et à nouer des partenariats stratégiques avec des institutions nationales, africaines et internationales. L’objectif affiché est de faire de l’Amap une référence dans l’espace médiatique ouest-africain.
Évoquant le plan stratégique 2025-2028, le président du Conseil d’administration a appelé le personnel à maintenir le cap des réformes afin de faire de l’Agence un véritable symbole de l’excellence du service public. «Faisons-en sorte que chaque dépêche, photographie, reportage et publication contribuent à renforcer l’unité nationale, à éclairer nos concitoyens et à faire rayonner le Mali au-delà de ses frontières», a-t-il exhorté.
L’examen du rapport d’activités 2025 a, de son côté, permis de mesurer les efforts accomplis par les équipes et la continuité du service public de l’information. La mise en œuvre des recommandations issues de la précédente session a également été passée en revue. Pour le directeur général de l’Amap, Alassane Souleymane, cette session constitue une étape importante dans la vie de l’Agence. Reconnaissant les défis auxquels elle reste confrontée, il a réaffirmé la détermination de ses équipes à poursuivre leur mission et à mettre en œuvre les orientations du Conseil d’administration pour améliorer les performances de l’établissement.
À l’Amap, le message est donc clair : l’heure n’est plus seulement à la préservation des acquis. Dans un univers où l’information circule à la vitesse d’un clic et où l’Intelligence artificielle redéfinit les métiers de la presse, l’Agence doit désormais se réinventer sans perdre son ADN : la rigueur, la crédibilité et le service public de l’information.
Siguéta Salimata DEMBÉLÉ
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