Divagation des animaux : Le Problème persiste

Les bêtes qui errent sur les grandes artères de la capitale sont parfois à l’origine des accidents. Pourtant, leurs propriétaires s’exposent à des sanctions

Publié lundi 16 janvier 2023 à 07:15
Divagation des animaux : Le Problème persiste

 Un troupeau de Bœufs au beau milieu d’une voie de Bamako

 

La divagation des animaux sur les artères principales de la ville peut être à l’origine d’accidents de la circulation. Le phénomène semble franchir les âges. Malgré les efforts consentis, on peut aisément constater dans les rues et sur les grandes artères de la capitale, notamment au niveau du boulevard de l’Indépendance, des bêtes errant dans tous les sens.

Diadouba Kouyaté, chef d’antenne de la direction urbaine du bon ordre et de la protection de l’environnement (Dubope) en Commune III du District de Bamako, s’indigne. Il explique qu’on retrouve aussi facilement les animaux en divagation sur l’avenue Kassé Keïta et la voie qui relie l’échangeur en face de l’ex-Babemba au Groupement mobile de sécurité (GMS). Il en appelle à l’implication de tous pour circonscrire le fléau dans la capitale.

 Il est admis par les spécialistes qu’un animal est dit en divagation lorsqu’il se trouve hors de la propriété de son maître ou de celui qui en a la responsabilité ou lorsqu’il est hors de la surveillance, du contrôle ou de la direction de ceux-ci. Ce phénomène persiste. Pourtant, il y a des dispositions pénales contre la divagation des animaux. Sur ce point précis, il est bon de rappeler le paragraphe 9 du Code pénal malien en vigueur qui y est consacré, notamment l’article 317 qui stipule :


«Quiconque aura lâché dans la nature ou dans une agglomération des animaux domestiques sans emprise effective, les prédisposant par ce seul fait à causer des dégâts à  autrui ou à gêner la circulation sur les voies publiques, sera puni de onze jours à six mois d’emprisonnement et d’une amende de 20.000 à 1.000.000 Fcfa». Son alinéa second évoque que «lorsque les animaux errants auront causé des dégâts à autrui ou au domaine public, il sera fait application des peines prévues à l’article précédent».

Les textes précisent aussi que le propriétaire d’un animal, ou celui qui s’en sert pendant qu’il est à son usage, est le responsable du dommage que l’animal pourrait causer. Et quant aux maires, ils sont habilités à intervenir afin de mettre fin à la divagation des animaux au titre de leur pouvoir de police générale.



Aveu d’impuissance -La divagation des animaux reste une question de brûlante actualité dans notre pays. Au-delà des textes et des récriminations de nos compatriotes qui n’apprécient guère la déambulation des animaux sur la voie publique, les maîtres de ces animaux  domestiques semblent n’en n’avoir cure. Sur la question, nous avons approché certains élus municipaux qui ont accepté de verser leurs avis dans le débat.   

Pour le maire de la Commune IV du District de Bamako, Adama Bérété, la divagation des animaux à Bamako est interdite par la loi. Il propose l’alternative de disposer de fourrières pour les animaux au niveau des collectivités. Ainsi, les municipalités peuvent opérer des saisies et garder les bêtes en lieu sûr. Pour le cas précis de sa circonscription, l’édile  confirme l’existence d’un site exigu qui ne peut contenir assez d’animaux. «Les animaux que nous saisissons sont  envoyés au niveau du tribunal qui, en dernier ressort, se prononce sur le sort à y réserver. à titre d’exemple, c’est le tribunal qui décide si ces animaux doivent être vendus aux enchères dans les cas où les propriétaires ne sont pas connus.

Dans le cas échéant, ceux-ci paient des taxes municipales soit par tête,  soit pour la  globalité des animaux raflés, précise le maire Adama Bérété. Il cite l’exemple des ânes qu’utilisent les Groupements d’intérêt économique (GIE) dans le ramassage des ordures et qui errent sur les grandes artères de la ville. Ces bêtes peuvent être à l’origine d’accidents de la voie publique.


C’est pourquoi, la mairie organise des rafles sporadiques de ces animaux. «On est obligé d’amener des ânes raflés au jardin zoologique. Des fois, on rafle des troupeaux de bœufs au niveau du Point Y à Sébénikoro, une route dont les deux ramifications conduisent respectivement à  Siby et Kangaba. Nous gardons ces animaux pendant un délai. Si leurs propriétaires ne se présentent pas pour payer les amendes, les bêtes sont envoyées au niveau du tribunal», explique le maire de la Commune IV.

Rafles hebdomadaires- Adama Bérété reconnaît que sa municipalité manque de fourrière adéquate et de ressources logistiques pour mener la lutte contre la divagation. «Il est interdit de traverser la ville à pied avec les animaux.  Mais plutôt de les mettre dans des camions ou remorques pour les conduire à la fourrière. Le véhicule de transport que nous avons actuellement est petit et ne peut contenir au maximum que trois ânes», souligne-t-il. Et d’ajouter qu’il faut des véhicules appropriés et des agents pour rafler les animaux. Malgré l’insuffisance des moyens, affirme-t-il, la mairie de la Commune IV a programmé des rafles hebdomadaires.

Quant à Diadouba Kouyaté de la mairie de la Commune III, il précise qu’au niveau de sa circonscription, des rafles sont faites au moins deux fois par semaine en compagnie d’une équipe de la mairie centrale du District de Bamako. Les agents sillonnent toute la commune et le butin peut se chiffrer au moins à trois animaux raflés par sortie. «Un moment, on les acheminait vers le parc zoologique, mais cela est contraire à la loi. Faute de fourrière dans notre commune, on était obligé de les amener dans celles  des Communes I et IV. Souvent, on loue des véhicules pour les  transporter», dit-il. Avant de proposer que le gouvernement les accompagne dans le récrutement d’agents qui vont s’occuper uniquement de la divagation des animaux.

En ce qui concerne la divagation des ânes, le chef d’antenne de la Dubope pointe du doigt certains éboueurs et GIE. Il les accuse d’être responsables de la situation. «Lorsqu’ils finissent d’utiliser les ânes, au lieu de les nourrir, ils les laissent divaguer librement à la recherche de nourritures. Quelques fois, on rencontre les moutons, mais ce n’est pas fréquent», laisse-t-il entendre. Et de signaler que sa commune rencontre beaucoup de difficultés liées à l’absence de moyens logistiques appropriés. Il indique qu’à la suite des saisies d’animaux, certains propriétaires viennent s’acquitter des taxes pour la libération de leurs animaux. Par contre, d’autres viennent se confondre en excuse. Ceux-ci essaient d’obtenir le relâchement de leurs bétes sans payer les amendes. Le chef d’antenne de la Dubope annonce que la Commune III rafle une quinzaine de bêtes par mois.

Abdrahamane Doh, éleveur à Lafiabougou, séduit par son niveau de compréhension des choses. D’abord, il explique ne pas faire partie du lot de propriétaires d’animaux qui laissent leurs bétes en divagation. «Mes animaux n’ont jamais été raflés par les agents de la mairie. Parce que j’y tiens comme à la prunelle de mes yeux. Autrement dit, je prends soin de mes animaux, conformément à la lettre et à l’esprit des textes en la matière. Mes animaux sont des trésors et j’y dépense énormément pour les entretenir», souligne l’éleveur. Pour lui, il est difficile de dépenser de l’argent dans quelque chose et ne pas en prendre grand soin. 

 

Sinè TRAORE

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