Moussa Yaffa, du haut de ses
68 ans en est un à Diéma. Celui qui fait partie de la caste des cordonniers
fait le crieur public depuis des décennies. Conformément à nos us et coutumes,
le crieur public exerce sous l’autorité du chef de village. I
l véhicule les
messages de la chefferie traditionnelle pour l’intérêt collectif. Et
chaque fois qu’il y a un évènement comme l’arrivée d’une personnalité dans la
localité, la célébration de la fête d’indépendance, l’organisation de campagnes
de vaccination ou de travaux collectifs, de cérémonies d’initiation,
d’intronisation de chefs de village, le crieur public est sollicité.
Il
intervient aussi dans les cas d’incendie, de perte d’enfants, mais aussi de
vols d’animaux pour délivrer des messages. Il est également mis à contribution
pour rappeler aux contribuables le délai de paiement des impôts. Surtout à une
certaine époque où l’impôt per capita (impôt par tête) était un vrai casse-tête
pour les chefs de famille. Ceux qui n’arrivaient pas à s’en acquitter étaient
déshonorés. Souvent, il arrive que certaines
ONG confient des missions de sensibilisation pour l’abandon des pratiques
néfastes. Le crieur public est déterminant dans l’information de la population
dans les villages.
Moussa Yaffa a abandonné
l’école en 7è année, après le décès de sa mère. Il a jugé nécessaire de devenir
rapidement un soutien de famille pour soulager son père des nombreuses charges
familiales. Il réalisait des prestations dans les manifestations sociales ou
populaires avec son «tamani», le tambourin traditionnel. Il fabrique lui-même
ses tambourins et explique le processus. «Je commande mon bois à la Maison des
artisans de Bamako parce que ce bois émane
d’un arbre devenu rare du fait de la déforestation.
À l’aide d’une
hachette, je lui donne la forme initiale. J’égorge une brebis de 7 mois et
j’utilise sa peau que je trempe plusieurs fois dans du lait cru pour la
débarrasser des particules noirâtres. Je la lave soigneusement. Je cherche un
morceau de vieille marmite en terre cuite pour rincer la peau avec la partie
rugueuse. Je couvre ensuite les deux ouvertures du tambourin avec la peau
tannée. J’attache des cordelettes épinglées par lot de quatre pour bien
quadriller l’instrument artisanal. Je le place ensuite au soleil pendant
quelques minutes pour le séchage. L’utilisation du lait cru permet de rendre
plus sonore le tambourin et lui donner un ton désiré», détaille-t-il.
Moussa Yaffa estime être
confronté aussi à des difficultés dans l’exercice de son métier. Il pense
que l’extension de la ville est une première difficulté parce que cela oblige
le crieur à marcher sur une certaine
distance donc faire plus d’efforts physiques. L’annonciateur des bonnes et
mauvaises nouvelles est contraint donc de sillonner les coins et recoins du
village ou de la contrée pour passer les messages.
Il explique parfois porter un bidon d’eau pour
se désaltérer et éviter la déshydratation. Moussa Yaffa déclare que ce
métier ne nourrit pas son homme. Il ne gagne souvent que l’équivalent de 2 à 3
kg de céréales ou une somme forfaitaire de 5.000 Fcfa à l’occasion de chaque
passage. Il s’empresse de préciser que des «diatiguis», prosaïquement des
notables, sont souvent généreux. Ce polygame (il est marié à trois femmes
avec de nombreux enfants) nourrit l’ambition d’acquérir une moto de marque
Sanily et un appareil de sonorisation pour la diffusion des messages. Il compte
sur les bonnes volontés pour réaliser cette ambition.
Ouka BA
Amap-Diéma
Rédaction Lessor
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