Chaque
année à cette même période, les représentants du secteur rural et le
gouvernement se retrouvent pour partager les grandes préoccupations de
l’agriculture, un des secteurs vitaux de notre pays.
À cet effet, la 13è
session du Comité exécutif national de l’agriculture tenue hier à la Primature
a été axée sur l’examen et l’adoption du bilan du plan triennal de la campagne
agricole de 2022, sur la programmation de 2023 et les projections 2024 et 2025
conformément à l’architecture du Plan national d’investissement du secteur
agricole (PNISA) et au mode budget-programme. Y compris le document de
l’interprofession de la filière bétail-viande au Mali en vue de sa
reconnaissance et de son enregistrement parmi les organisations
interprofessionnelles du secteur agricole.
Les travaux étaient dirigés par le
chef du gouvernement, Dr Choguel Kokalla Maïga. C’était en présence du ministre
du Développement rural, Modibo Keïta, du ministre délégué chargé de l’Élevage
et de la Pêche, Youba Ba, du président de l’Assemblée permanente des chambres
d’Agriculture du Mali (APCAM), Sanoussi Bouya Sylla et des responsables des
organisations professionnelles du secteur agricole.
Rappelons que le plan de campagne
agricole retrace les ambitions du secteur, les difficultés rencontrées et les
solutions envisagées en vue de booster le développement de l’agriculture dans
notre pays, conformément aux orientations et stratégies de la Loi d’orientation
agricole, ainsi qu’au Cadre de référence en matière de réforme du secteur
agricole.
D’entrée de jeu, le Premier
ministre a remercié les acteurs qui ne ménagent aucun effort, malgré les
difficultés, pour maintenir les acquis du secteur agricole et pour accroître la
productivité et la production des spéculations végétales et des animaux, en vue
d’assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations.
Il a
rappelé que la campagne agricole 2022 s’est déroulée dans un contexte
particulier, caractérisé par les impacts négatifs des sanctions à
l’encontre de notre pays par la Communauté économique des États de l’Afrique de
l’Ouest (Cedeao) et l’Union économique
et monétaire ouest africaine (Uemoa), la restriction budgétaire de l’État consécutive
aux effets de ces sanctions, l’apparition des insectes appelés «jassides»,
nouveaux ennemis des cultures, notamment le coton, repérés pour la première
fois au Mali. Sans oublier le coût élevé des intrants agricoles suite à la
crise russo-ukrainienne et l’insécurité encore présente dans certaines zones de
production.
Malgré ces contraintes, Dr Choguel Kokalla Maïga a souligné que les principaux résultats de la campagne agricole 2022, hormis le coton, sont satisfaisants avec plus de 10 millions de tonnes de céréales, 389.700 tonnes de coton graine, 87.949 tonnes de viande rouge, 110.366 tonnes de poissons de capture et d’aquaculture, 11.216 vaches inséminées, plus de 45 millions d’animaux vaccinés et plus de 1 million de personnes assistées par la distribution alimentaire gratuite de 34.147 tonnes de céréales.
CONSEIL AGRICOLE EFFICACE- Selon le
chef du gouvernement, ces résultats ont été obtenus grâce à l’appui et à l’accompagnement
des services techniques mais surtout des moyens financiers déployés en amont
par l’État et par les partenaires techniques et financiers à travers les
projets et programmes.
À cet égard, il a invité tous les acteurs du monde rural
à s’engager dans une réflexion franche et directe par l’accentuation des
actions de vulgarisation et la mise en place d’un Conseil agricole efficace,
pour être plus proche des bénéficiaires, à savoir les producteurs. Pour gagner
ce défi, a-t-il dit, tous les acteurs (y compris l’État) doivent continuer à
jouer leur rôle d’accompagnement.
Le Premier ministre a aussi salué
le lancement des pôles de développement ou agropoles dans la zone périurbaine
de Bamako-Koulikoro, pour engager véritablement la transformation de l’agriculture
de notre pays. En effet, Dr Choguel Kokalla Maïga a estimé que le principal défi
pour notre pays est d’installer les agropoles dans d’autres régions en vue de
faire bénéficier aux populations les avantages liés à la création d’emplois, à
l’amélioration des revenus et des conditions de vie des femmes et des jeunes en
milieu rural.
Pour le Premier ministre, la modernisation de notre agriculture passe non seulement par la mécanisation des modes de production mais aussi par la sécurisation des terres agricoles. «Le gouvernement est engagé, à travers la Politique de développement agricole, pour que entre autres, les équipements agricoles et de production soient mécanisés, disponibles et accessibles aux producteurs, la gestion de la subvention soit améliorée», a-t-il assuré.
En outre, Dr Choguel Kokalla Maïga
a fait savoir que le gouvernement est très attentif au financement de
l’agriculture qui doit être soutenu. Dans cette optique, il dira que le
Fonds national d’appui à l’agriculture doit jouer tout son rôle pour assurer le
financement des activités agricoles et péri-agricoles et faciliter l’accès des
crédits aux producteurs.
Le Premier ministre a demandé aux participants de la rencontre de formuler des observations pertinentes pour améliorer la qualité des documents et des recommandations idoines à soumettre à la 13è session du Conseil supérieur de l’Agriculture, qui sera présidée par le président de la Transition, dans les jours à venir.
Makan SISSOKO
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