Qu’est-ce qu’un simple témoin de l’actualité cinématographique peut conserver en termes d’images pour une telle icone ? Je n’ai ni vécu, ni travaillé avec lui encore moins ne l’ai côtoyé assez longtemps. Mais des bribes de temps que j’ai eues pour le croiser, je retiens de Souleymane Cissé un personnage profondément humble, simple et attaché à sa condition d’homme malien et africain, au sens traditionnel du terme.
Mon plus grand souvenir de l’homme peut surprendre. Notre connaissance l’un de l’autre est née dans un minuscule bureau du rédacteur en chef de la radio nationale du Mali au cours de la décennie 2000-2010. Il avait l’habitude, de passage à l’ORTM pour une course, de venir siroter du thé avec les journalistes, notamment son homonyme et journaliste culturel Souleymane Kenza Sidibé.
Nous avons droit à chaque fois à des anecdotes qui nous font vite oublier la différence de génération. Souleymane Cissé avait ce don de briser la glace des âges. Ces rares moments feront de nous de vieux amis. Et en 2009, en mission à Paris au compte de l’ORTM, avec le caméraman Demba Ouane, Souleymane Cissé qui y séjournait demande à notre équipe de reportage une visite au studio de montage où il finissait les derniers réglages de son film Min Ye qui devait compétir au festival de Cannes, quelques semaines plus tard.
Après une visite des lieux et des explications avec le chef monteur, il nous apprend que Salif Keita le Rossignol finissait les répétitions de son prochain album dans une salle attenante et que nous pouvions lui rendre visite. «Aywa, c’est Salif et ça dépend s’il est dans un bon jour pour nous recevoir», nous lance-t-il.
Ensemble, nous arpentons un couloir et à l’approche on peut entendre la voix de Salif chantant. Souleymane Cissé nous conseille de ralentir nos pas. Il n’a pas fini de le dire que Salif lance un strident «qui va là ?». Et Souleymane de répondre à haute voix : «mon gars, c’est moi. Je suis accompagné d’une équipe de l’ORTM qui souhaite te saluer».
À l’analyse de la réponse avec un «petit écart» en guise de réponse, nous avons compris que les deux hommes ont des familiarités et s’autorisent certains écarts entre amis d’âge comme c’est la pratique en Afrique. « Jeunes gens, je vous conseille de nous éloigner. Cet énergumène est trop plongé dans sa répétition pour nous consacrer du temps. Quittons les lieux avant qu’il ne sorte nous chasser. C’est ça Salif ». Souleymane Cissé voulait nous offrir la chance de deviser avec une icône comme lui, mais nous n’avons tenu rigueur à aucun d’eux.
Les boubous et autres tenues africaines le plus souvent arborés, pour la dernière partie de sa vie dont nous sommes témoins, expriment aisément son attachement à la culture. Souleymane Cissé était ce personnage qui pouvait quitter la limousine de Cannes, de Los Angeles la veille et se retrouver le lendemain derrière une moto dans la circulation bigarrée de Bamako, boubou au vent comme un voilier échoué sur un ban de sable. Toujours taquin quel que soit l’âge qu’il a en face, sans aucune frontière de proximité, quand celui que j’appelle « Ba Solo » est dans les environs, vous ne vous ennuyez point.
C’était ça Ba Solo Cissé, ce baobab qui a adapté le cinéma malien et africain à tous les Finyè (vents) violents de l’évolution socio-politique, a valorisé le Baara (travail) de cet art, lui a apporté du Yeleen (lumière) du monde entier, lui a consacré tout son Waati (temps), a inspiré les Den muso (filles et femmes).
C’était cela, Ba Solo Cissé, grand vivant à 84 ans, attendant la mort sans la prendre au sérieux. Pour ne même pas prendre au sérieux son effet de surprise parce qu’il ne l’attendait point, lui qui vivait déjà le prochain Fespaco comme si c’était le début. Ce vieux veinard savait déjà que le 7è art l’immortalisera. Ba solo n’est pas mort.
Alassane Souleymane
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