Une vue des participants à l'atelier
Financé par l’Union européenne, ce projet est mis en œuvre avec le soutien du Centre international pour le développement des politiques migratoires. Le projet Ouestaf vise à améliorer la gouvernance et la gestion des flux migratoires en Afrique de l’Ouest et dans la sous-région du Sahel, en renforçant les capacités des parties prenantes et en promouvant des mécanismes de coordination adaptés, conformément au Cadre de politique migratoire pour l’Afrique 2018-2030.
Dans son intervention, Viviana Bianchessi, cheffe de mission de WeWorld, a rappelé que cet atelier s’inscrivait dans le cadre du projet Ouestaf, qui ambitionne de renforcer la compréhension partagée des enjeux migratoires et d’améliorer la coordination entre les différents acteurs.
Selon elle, les travaux de l’atelier ont porté sur la cartographie des parties prenantes de la migration au niveau régional, ainsi que sur l’identification participative des liens entre les causes, les caractéristiques, les effets et les lacunes des réponses existantes, en intégrant de manière transversale les questions de genre, d’environnement et de sécurité.
D’autre part, les échanges ont concerné l’identification et la documentation des flux migratoires, de la chaîne migratoire et des causes profondes de la migration, tout en accordant une attention particulière aux risques de protection encourus par les personnes en déplacement, notamment les femmes et les jeunes filles, qu’elles soient en situation régulière ou irrégulière.
Après trois jours d’échanges intenses, les travaux de l’atelier ont permis d’aboutir à cinq grandes recommandations formulées par les participants. Celles-ci portent notamment sur la mise en place d’un mécanisme de suivi de l’application des textes juridiques en la matière, la création d’un fonds, sous le lead du ministère de tutelle, pour une prise en charge holistique des migrants en transit, intégrant la dimension genre, la structuration et/ou le renforcement d’un dialogue régional permanent entre États, diaspora et partenaires, en lien avec la Cedeao et l’Alliance des États du Sahel, le renforcement des cadres de coopération transfrontalière existants ainsi que la création de nouveaux dispositifs en fonction des besoins et enfin, le renforcement des capacités techniques et opérationnelles des acteurs impliqués dans les questions migratoires aux niveaux national, régional et local.
Par ailleurs, un comité de coordination pays a été mis en place afin de porter les priorités et spécificités nationales au niveau régional et de représenter le pays au sein du comité de suivi du dialogue régional (CSDR). Ce dernier, composé de 30 représentants issus des cinq pays concernés, assurera la coordination et les échanges au niveau régional.Selon Mamadou Lamine Bane, représentant du Haut conseil des Maliens de l’extérieur, le projet Ouestaf ouvre de nouvelles perspectives, non seulement pour les acteurs maliens engagés dans le domaine migratoire, mais également pour la coopération avec les autres pays partenaires. Il a ajouté qu’il s’agit d’un défi important qui pourra être relevé grâce à l’engagement de tous.
Les organisateurs se sont félicités de la qualité des échanges et ont réaffirmé leur engagement à traduire ces recommandations en actions concrètes, avec l’appui de leurs partenaires.
Ibrahim THIAM
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