Le destin se forge souvent à
la force du poignet. En tout cas, ça semble être le cas d’Abdoulaye Labita, un
non voyant, qui excelle aujourd’hui dans la menuiserie et séduit par son esprit
d’entreprise. La fabrication des meubles en bois n’a plus grand secret pour
celui qui est plus connu sous le pseudonyme «Ladji Bozo», en référence à son
nom de famille, ou «Ladji Fabrication» qui renvoie à l’expertise qu’il développe
dans cet art de travailler le bois.
Habitant de l’Hippodrome en
Commune II du District de Bamako, le non voyant explique avoir commencé ce
travail en 1988. À l’époque, il avait la vision intacte. C’est en 2012, qu’il
perdra l’usage de ses yeux malgré une prise en charge ophtalmologique dans un établissement
spécialisé et par des spécialistes à l’extérieur du Mali.
Pour retrouver une autonomie,
il a appris la mobilité à l’Institut national des aveugles du Mali (Inam) où,
on lui donnera le sens de l’orientation et du déplacement. Déjà à quelques mètres
de l’atelier de Ladji Bozo, un assemblage de tôles et de bois au bord d’un
marigot, le visiteur est happé par le bruit assourdissant d’une machine. Au
passage de notre équipe de reportage, le non voyant était en train de
confectionner un lit. Une canne à la main et des lunettes teintées derrières
lesquelles se cachent ses organes de la vue, il décide de nous consacrer un
petit temps. Celui qui est atteint de handicap visuel garde le sens de
l’humour.
Abdoulaye Labita explique à qui veut l’entendre que sa passion pour la menuiserie remonte à sa tendre enfance. Une période qu’il a traversée avec une drépanocytose. L’homme a aussi vécu près de 25 ans avec des plaies récalcitrantes dont les grosses cicatrices sont encore visibles au niveau de ses deux jambes.
Il explique ce qui lui a valu son
sobriquet. «J’aimais le bricolage.
Raison pour laquelle les voisins m’appelaient Ladji Fabrication». Avant
d’ajouter que ses débuts dans la menuiserie ont été très difficiles. «J’ai
acheté petit à petit les outils élémentaires comme le marteau, la tenaille et
la scie. Avec ces équipements et une table de travail, je me suis installé
devant notre famille», se rappelle le non voyant.
UNE SCIE «7 OPÉRATIONS»-
Aujourd’hui, il possède une machine «5 opérations» qui est dotée d’une
raboteuse, d’une scie, d’une mortaiseuse et d’une toupie. «Cette machine était
en panne quand je l’ai achetée. Je l’ai réparée petit à petit. Je souhaite
aujourd’hui avoir une scie «7 opérations» pour satisfaire les grandes offres»,
confie le quadragénaire.
Pendant qu’un apprenti rabote une planche,
Abdoulaye Labita la tâte et affirme : «c’est une nouvelle planche». Il
sort une roulette de sa poche pour mesurer l’épaisseur du bois.
Automatiquement, il précise que l’épaisseur de la planche mesure 3 millimètres.
«Quand je touche un bois, je peux connaître approximativement l’épaisseur ou la
dimension», assure ce patron de 5 apprentis sur lesquels trois sont ses propres
enfants.
Moussa Diarra, un jeune non
voyant aussi, effectue un apprentissage dans son atelier depuis une année. Ce
dernier a abandonné l’Institut de formation des maîtres (IFM) durant l’année
scolaire 2021-2022. «Je veux exercer le même métier qu’Abdoulaye Labita que
j’ai rencontré à l’ex-Institut des jeunes aveugles (Ija)», précise le jeune
homme de 24 ans. Il nourrit la conviction qu’il peut faire ce job. À travers
des applications de lecture de textes,
Moussa Diarra a compris que les non voyants peuvent faire plusieurs métiers
et confie qu’il souhaite faire mieux que son patron.
Rappelons qu’Abdoulaye Labita est un appel à bien vivre avec le handicap. Celui qui exprime une fierté à s’occuper avec un métier à besoin de soutien de toutes les bonnes volontés pour que son entreprise puisse prospérer. Son caractère admirable, son dévouement et son courage sont bien appréciés de la clientèle et des siens.
Mohamed DIAWARA
Pour le Général de division Abdoulaye Maïga, la célébration de cette journée symbolise la reconnaissance de la Nation pour les sacrifices des héros tombés pour l'avènement de la démocratie au Mali. Au nom du Chef de l’État, il a salué la résilience du peuple malien face aux assauts de.
Nouvellement nommé, le ministre de l’Énergie et de l’Eau poursuit ses prises de contact avec les structures relevant de son département. C’est dans ce cadre qu’il s’est rendu, mercredi dernier, à la direction générale de l’Énergie du Mali (EDM-SA), pour échanger avec les responsa.
Le gouvernement a partagé les documents du Plan national de réponses à la sécurité alimentaire (PNR) 2026, mercredi dernier, avec les Partenaires techniques et financiers (PTF) intervenant dans le domaine de la sécurité alimentaire..
Un important convoi de camions-citernes, escorté en toute sécurité par les Forces armées maliennes (FAMa), a été reçu, mercredi dernier, dans les parkings à Bamako..
Ce vendredi en principe, les 18 accusés composés de personnalités militaires et civiles seront fixés sur leur sort après environ trois mois de procès.
Dans la nuit du mardi 24 au mercredi 25 mars, la capitale malienne a vibré au rythme de l’arrivée d’un convoi imposant de plusieurs centaines de véhicules blindés de nouvelle génération et d’autres équipements militaires en provenance de la Guinée..