L'Essor : Selon vous, quel est le principal frein au développement du football dans le District de Bamako actuellement ?
Abdallah A. Baby : Je dirais sans hésiter le manque de vision. C’est la base de tout. Aujourd'hui, si on a une vision, on peut briser les obstacles. C’est ce manque de vision qui fait que le football de catégorie de jeunes, qui est pourtant la base, est mort ici depuis de nombreuses années. On pense que ce n'est pas un problème, alors que c'est le vrai frein au développement du football de Bamako et d'une manière générale.
L'Essor : Si vous êtes élus, quelle sera votre toute première mesure dans les 100 premiers jours si vous êtes élu ?
Abdallah A. Baby : Une fois élu, dans les 100 premiers jours, on s'assurera de mettre en place les tournois de catégorie. L'unité des juniors et des espoirs est vraiment non négociable pour démarrer le développement. Au-delà de cela, ma priorité sera d'instaurer un cadre de dialogue permanent entre la Ligue et ses équipes, la Ligue et les Districts et la Ligue et la Fédération malienne de football. La Ligue doit jouer son rôle d'interface.
L'Essor : Comment comptez-vous moderniser la gestion administrative et financière de la Ligue pour restaurer la confiance des clubs ?
Abdallah A. Baby : Par une gestion transparente et collégiale. La confiance se mérite, elle se mérite en créant un cadre de dialogue. Si la gestion est transparente, le président ne peut pas décider de tout dans son coin. Avec une organisation financière claire, les gens auront plus de facilité à nous faire confiance et à venir vers nous.
L'Essor : Le District est le vivier national. Quel est votre plan pour structurer des championnats de catégories d'âge ?
Abdallah A. Baby : Il faut comprendre que ce football de base (U15, U17, U18) est le poumon de nos équipes. Aujourd'hui, seules les équipes ayant une assise financière solide au Mali restent en première division car elles achètent des joueurs à gauche et à droite. Les équipes qui n'ont pas de moyens finissent par tomber parce qu’elles perdent leur pépinière. Mon plan est de revenir à ces championnats qui existaient autrefois et que l'on a mis de côté à cause du manque de vision.
L'Essor : De nombreux terrains à Bamako sont dans un état critique. Quel rôle la Ligue peut-elle jouer pour faciliter l'accès à des pelouses de qualité aux petits clubs ?
Abdallah A. Baby : En tant que président de District (Commune VI), je sais de quoi je parle : aujourd'hui, la Ligue ne nous donne pas un franc pour l'entretien des terrains. Je veux que la Ligue défende les intérêts des équipes, et cela passe par les infrastructures. Le football se joue sur des terrains, pas dans des fleuves. Nous allons prendre des dispositions pour améliorer les structures existantes et faire du lobbying auprès de la fédération pour qu'elle débloque des fonds pour la promotion des infrastructures dans le District.
L'Essor : Quelle sera la place du football féminin dans votre programme ?
Abdallah A. Baby : C'est une priorité. Il faut développer le football féminin au-delà du simple championnat national senior. Nous devons aller vers un championnat junior féminin pour que les choses fonctionnent réellement sur le long terme. Nous définirons ces perspectives avec les acteurs du milieu, car l'essentiel est d'avoir l'initiative et la volonté de le faire.
L'Essor : La Ligue dépend souvent des subventions. Quelles sont vos stratégies pour attirer des sponsors privés locaux et internationaux ?
Abdallah A. Baby : Il faut d'abord créer un cadre de confiance. Un sponsor ne s'engage que s'il est rassuré. Nous avons des milliers d'opérateurs économiques à Bamako qui sont prêts à aider le sport en général et le football, en particulier. Notre stratégie est de les rapprocher, leur proposer un partenariat gagnant-gagnant à travers des projets concrets. C'est ainsi que nous élargirons l'éventail du financement.
L'Essor : Comment comptez-vous collaborer avec la fédération tout en gardant l'autonomie nécessaire pour défendre les intérêts spécifiques des clubs de la capitale ?
Abdallah A. Baby : La fédération est là pour tous les clubs et toutes les ligues. Même si la nôtre doit être la "ligue pilote", nous devons collaborer avec la fédération, tout en restant dans nos prérogatives : défendre nos équipes et nos districts. Si chacun reste concentré sur ses missions dans un cadre sain, l'autonomie et l'efficacité seront préservées.
L'Essor : Le milieu du football malien a souvent été marqué par des divisions. Si vous êtes élus, comment comptez-vous réconcilier les différents acteurs du District ?
Abdallah A. Baby : Je suis moi-même un ancien joueur (AS Réal) et membre de l'Amical des anciens footballeurs du Réal de Bamako (AMAFREB). Je fais partie de cette famille. La division ne se soigne que par le dialogue. Il faut faire comprendre que nous sommes tous pareils et que seule l'union apporte des solutions. Nous continuerons les discussions déjà entamées pour améliorer les choses. Je demande aux dirigeants sportifs d'être courageux. Le changement ne se fait pas avec les mots, mais à travers des actions. Nous incarnons un changement de génération avec l'expertise et la vision nécessaires. Osons le changement pour le football malien.
Propos recueillis par
Seibou Sambri KAMISSOKO
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