Un tronçon de l’axe Bamako-Kayes
Ce vendredi 15 septembre, le rendez-vous de 7 heures est respecté à l’auto-gare de Sogoniko. Le billeteur s’assure, une dernière fois, que tous les passagers sont présents, avant de donner le signal de départ. Assise au milieu de la foule et des bagages, une femme s’exclame : «Je sais que nous allons arriver jusqu’à 23 heures, car l’état de la route est mauvais.La semaine dernière, ma belle fille a mis plus de 15 heures sur ce trajet pour se rendre à Kayes». Ses propos provoquent l’inquiétude chez des passagers qui faisaient leur premier voyage sur la Cité des rails. Certains commencent à prononcer des formules incantatoires ou réciter des sourates du Coran en priant Dieu pour qu’ils arrivent à destination sains et sauf.
Sur la soixantaine de places disponibles dans
le car, seulement une vingtaine est occupée au départ à 8 heures. De la gare
routière de Sogoniko (Commune VI du District de Bamako) au Quartier du fleuve,
le bus met beaucoup de temps à cause des embouteillages.
Au niveau de l’École normale
supérieure de Bamako, l’apprenti-chauffeur met en marche un petit téléviseur
pour divertir les passagers. Il fait passer le clip «My Darling (ma copine en
français)» du chanteur nigérian Ayodeji Ibrahim Balogun dit Wizkid. Au niveau
du quartier de Samé, le nombre des passagers avait déjà atteint la quarantaine,
majoritairement des femmes.
À 9h10 mn, nous arrivons au poste de contrôle
de Kati. Les vendeurs ambulants se bousculent aux portes du bus afin d’écouler
leurs marchandises. «Acheter de la nourriture, ainsi que de l’eau, le chemin
est très long», s’écrient-ils, pour inciter les voyageurs à faire des achats. Après quelques minutes d’arrêt, tous les sièges
du bus sont occupés. Le véhicule redémarre en trompe.
À cent mètres du poste,
un homme d’une trentaine années, entre dans le bus. Il se nomme Nouhoum Diarra
et vend des médicaments traditionnels et des pates dentifrices. Pour attirer
l’attention des voyageurs sur ses produits, N. D. taquine les passagers en lâchant
: «Je vend des médicaments traditionnels. Je suis marié à deux épouses et père
de 15 enfants. Donc, vous êtes oubligés de m’écouter, sinon…» Et grâce à sa
publicité et sa capacité à tenir l’auditoire en haleine, il a pu avoir quelques
clients.
Nous gagnons Kolokani vers 11 heures. C’est le début du calvaire pour les passagers. Nids de poule et baignoires d’éléphants parsèment la voie. Le chauffeur peine à les éviter. Habillé d’un complet de couleur bleue foncée, lunettes sur le nez et écouteurs aux oreilles, le conducteur toujours souriant, conduit son engin à un rythme raisonnable, en fonction de l’état dégradation de la route. Il y a des tronçons, où il n’y a même plus de goudron. Parfois, l’engin roule tout en étant penché sur un côté pour éviter des nids de poule. À certains endroits, le chauffeur emprunte les déviations à cause des travaux de rénovation sont en cours.
AXE DU MAL- À midi et demi, nous sommes à Didiéni.
Le bus fait une halte. Les passagers en profitent pour descendre et satisfaire
leurs besoins naturels ou pour chercher quelque chose (cacahuète, gâteau,
viande grillée) à manger. Deux hommes âgés mettent la pause à profit pour
passer un savon au chauffeur et son apprenti. Ils les accusent d’avoir projeté
des vidéos dont le contenu est contraire à nos us et coutumes.
«Dans le bus, il
y a des personnes de tout âge. Donc, montrer de telles images n’est pas un
signe de politesse. Non seulement, cette musique porte atteinte à la religion
musulmane mais aussi, elle n’est pas bonne pour l’éducation des enfants», se
plaignent-ils. Le chauffeur fait la sourde oreille, les autres passagers ne
pipent mot.
Quand nous reprenons la route, la psychose de
l’insécurité gagne les esprits. On peut lire l’inquiétude sur le visage de
certains occupants du bus. Entre Didiéni et Diéma, les véhicules ont été stoppés
aux environs de 15 heures sur instruction des Forces armées maliennes (FAMa),
sous une fine pluie, pour des raisons de sécurité. La présence de l’armée a
visiblement suffi pour rassurer les passagers. Certains ont commencé à consulter
leurs comptes sur les réseaux sociaux.
Soudain, des coups de feu retentissent. Une
ressortissante de Mopti tente de rassurer ses compagnons de voyage. «Dans la Région
de Mopti, nous sommes habitués à ces genres de tirs. Mais les FAMa devraient
nous laisser passer, nous ne sommes pas des militaires», explique-t-elle. Les véhicules
resteront sur place jusqu’à l’arrivée d’un drone qui procèdera à un balayage de
la zone. Visiblement impressionnés par le professionnalisme de nos Forces de défense
et de sécurité qui ont su maîtriser la situation en un laps de temps, les
passagers sont aussitôt sortis de leur mutisme en scandant : «Vive le président
de la Transition, vive nos FAMa.»
C’est dans cette ambiance de sérénité et de quiétude que nous arrivons à Diéma, grand carrefour entre Bamako et des localités comme Kayes, Nioro (frontière mauritanienne). Il est déjà 18 heures. Nous faisons une pause de 20 à 40 minutes. À 19 heures, nous quittons Diéma. Il reste environ 350 km à parcourir avant d’arriver à Kayes. L’état de la route ne s’améliore pas.
En plus de cela, la vidéo marchait toujours, avec des clips indécents.
Le vieux et son compagnon reviennent à la charge, en critiquant de nouveau le
chauffeur et ses apprentis.
Le voyage éprouvant prend fin dans la Cité des
rails à une heure du matin.
Moussa Mamoutou DEMBÉLÉ
Amap-Kayes
Rédaction Lessor
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