Le constat a été fait hier par la ministre des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko, lors d’une visite de terrain effectuée en compagnie du représentant au Mali de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), Amadou Oumar M’Ballo. Lancé le 16 juillet 2024, par le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, cet aménagement d’un coût global de plus de 29 milliards de Fcfa est financé à hauteur de 89,13 % par la BOAD et à 10,7 % par l’État du Mali. Le délai contractuel d’exécution était fixé à 36 mois, saisons des pluies comprises. Réalisés par le groupement d’entreprises Covec-Mali/EGK, les travaux connaissent à ce jour un léger retard.
Au cours de la visite, la délégation ministérielle a parcouru plusieurs segments du chantier. «Les travaux se déroulent normalement et l’entreprise est à pied d’œuvre sur l’ensemble des sites concernés», selon Mme Dembélé Madina Sissoko qui a pu constater l’état d’avancement des terrassements, des travaux de chaussée ainsi que des ouvrages hydrauliques.
Après avoir échangé avec les entreprises d’exécution, le ministre a indiqué que le décalage entre le taux d’exécution et le délai consommé, s’explique par plusieurs facteurs, notamment des difficultés d’approvisionnement en produits pétroliers, les perturbations enregistrées sur le corridor Bamako-Dakar, par lequel transite environ 68,2 % du fret malien. Elle a aussi évoqué les questions sécuritaires. En effet, l’entreprise dispose de deux sites stratégiques, un site de concassage pour la production des granulats et une centrale à béton bitumineux. Ces deux sites ont fait l’objet d’attaques.
Aussi, selon la ministre, la réalisation du chantier en pleine zone urbaine constitue un défi technique majeur. «Nous sommes dans des quartiers à forte densité. La route doit être exécutée sous circulation. Nous sommes obligés de travailler par alternance. Une voie est dégagée pour les travaux pendant que l’autre reste ouverte aux usagers. Cette organisation impacte naturellement le rythme», a-t-elle expliqué. Elle a, en plus, souligné la complexité liée à la présence des réseaux souterrains. «Sous la chaussée passent des câbles électriques, des fibres téléphoniques et des conduites d’eau. Nous devons intervenir avec minutie afin de maintenir ces services essentiels pour la population et limiter les impacts du chantier», a affirmé Mme Dembélé Madina Sissoko.
Revenant sur l’importance des ouvrages en cours, la ministre a rappelé que des ponts seront réalisés à Missira, Banconi non loin de Luna Park, Djelibougou, Farakoba et Boulkassoumbougou. «Pour ces infrastructures, il faut respecter un délai technique incompressible pour la prise du béton avant leur ouverture à la circulation», a-t-elle indiqué.
La question de la libération des emprises a également été abordée. «Plusieurs bâtiments anciens doivent être démolis pour permettre l’élargissement de la voie, qui comprendra selon les sections deux ou trois voies dans chaque sens, des passerelles, des pistes cyclables et des trottoirs conformes aux normes. Les procédures d’indemnisation se font conformément au code domanial et impliquent plusieurs départements ministériels. Cela a aussi influé sur l’évolution des travaux», a reconnu Mme Dembélé Madina Sissoko.
Interrogée sur les garanties quant au respect du délai, la ministre s’est voulue rassurante : «Nous avons demandé à l’entreprise un planning actualisé. Ce planning nous a été transmis et nous veillerons à son strict respect. Je m’engage personnellement à suivre ce chantier de près afin qu’il ne connaisse pas de difficultés majeures.»
La ministre Madina Sissoko dément tout détournement de fonds
La ministre des Transports et des Infrastructures a mis à profit sa visite de terrain sur le chantier de la RN 27 pour apporter des éclaircissements sur des allégations relayées ces derniers jours sur les réseaux sociaux, faisant état d’un prétendu détournement de 1,7 milliard de Fcfa impliquant 15 cadres de son département dans le cadre du projet d’aménagement dudit tronçon. Se disant «surprise », Mme Dembélé Madina Sissoko a catégoriquement réfuté ces accusations.
«J’ai été surprise d’apprendre sur les réseaux sociaux qu’il existerait un rapport du Vérificateur général faisant état d’irrégularités d’un montant de 1.735.588.000 Fcfa concernant ce chantier. Je mets quiconque au défi, depuis le lancement des travaux, le 16 juillet 2024, ce projet n’a fait l’objet d’aucune vérification ni d’aucun audit», a-t-elle déclaré.
La patronne du département en charge des Infrastructures a précisé que le rapport du Vérificateur général est sorti en 2023 et porte sur des exercices allant de 2017 à 2021. «Notre projet a été lancé le 16 juillet 2024. Cela n’a absolument rien à voir avec le chantier en cours», a-t-elle insisté avant de rappeler que l’Autorité routière (actuel Fonds d’entretien routier) est un service technique rattaché à son ministère, chargé notamment du financement de l’entretien routier, mais elle n’intervient pas dans la gestion financière de ce nouveau projet. Selon la ministre, il n’existe aucun paiement en espèces ou par chèque dans le cadre de ce projet.
De son côté, le représentant au Mali de la Banque ouest africaine de développement (BOAD), Amadou Oumar M’Ballo, a rassuré l’opinion publique. Il a rappelé que la BOAD accompagne le gouvernement malien dans le financement de projets structurants. «Pour ce projet estimé à environ 29 milliards de Fcfa, la BOAD finance près de 27 milliards, le reste est assuré par l’État du Mali. Nous appliquons des procédures de décaissement strictes et transparentes », a-t-il expliqué.
Selon lui, toute demande de décaissement introduite par l’entreprise passe d’abord par une validation technique au niveau du ministère sectoriel, puis par le ministère de l’Économie et des Finances avant d’être transmise à la mission résidente de la BOAD à Bamako. Réagissant aux rumeurs de détournement, Amadou Oumar M’Ballo s’est montré catégorique. «Nous avons appris ces informations sur les réseaux sociaux. Je rassure, elles sont inexactes et non avérées. Il n’est pas possible pour la BOAD de décaisser des fonds pour des opérations qui ne sont pas conformes aux marchés signés et aux procédures établies », a-t-il affirmé.
Amadou GUEGUERE
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