Photo de famille des officiels et participants après l’ouverture de la rencontre
L’amphithéâtre pédagogique de la Faculté de droit privé de Bamako a affiché complet, le vendredi 14 novembre, à l’occasion de la conférence intitulée : «Retour effectif de l’État à Kidal : enjeux et perspectives d’une souveraineté territoriale affirmée». Organisée, en partenariat avec le département de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, la rencontre s’est tenue, vendredi dernier, sous le haut patronage du Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta. La cérémonie était présidée par le ministre de tutelle, le Pr Bouréma Kansaye.
Plusieurs membres du gouvernement y ont participé, notamment Abdoulaye Diop (Affaires étrangères et Coopération internationale), Bakary Traoré (Refondation et Relations avec les institutions), Dr Amadou Sy Savané (Éducation nationale) et Abdoul Kassim Fomba (Jeunesse, Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne).
Universitaires, experts et étudiants ont ainsi échangé sur les conditions du retour de l’administration et des FAMa à Kidal, les défis de stabilisation, de la reconstruction et de la réconciliation nationale, ainsi que les recommandations pour une paix durable.
C’est dans ce cadre que Paul Traoré, recteur par intérim de l’Université Kururukanfuga, a rappelé les trois objectifs fixés par son établissement. Il a d’abord insisté sur la nécessité de transmettre à la jeune génération le souvenir d’un passé récent où le Mali a frôlé la sécession, soulignant que c’est grâce à l’action des Forces de défense et de sécurité et à la résilience de la population que celle-ci a été évitée le 14 novembre 2023.
Passant au deuxième objectif, il a invoqué les articles 24, alinéas 1 et 2 de la Constitution du 22 juillet 2023 pour affirmer que la défense de la patrie constitue un devoir pour tous les citoyens, et non uniquement pour les militaires. «Informer, communiquer positivement sur le Mali, apporter son concours aux Forces de défense constituent autant de formes de contribution citoyenne», a-t-il précisé. Enfin, pour le troisième objectif, il a présenté la crise comme une opportunité transformée en action publique axée sur la souveraineté, les intérêts vitaux et le respect des choix stratégiques du pays.
Poursuivant la réflexion, le Pr Bouréma Kansaye a mis l’accent sur la dimension intellectuelle de la victoire. «La reconquête de Kidal ne s’est pas seulement jouée sur le champ de bataille, mais dans l’esprit de chaque Malien», a-t-il déclaré, rappelant que la région, contrôlée par des groupes armés depuis 2012, incarnait la fracture nationale et l’atteinte à la souveraineté.
Le 14 novembre 2023 marque donc un tournant décisif porté par les autorités de la Transition. Au-delà du succès militaire, le ministre Kansaye a identifié les véritables défis : reconstruire sans exclusion, restaurer la confiance entre tous les Maliens et valoriser l’unité au-delà des différences. Il a alors lancé un appel à la communauté universitaire : aux enseignants-chercheurs, d’analyser les facteurs de l’offensive, d’évaluer son impact et de proposer des modèles de gouvernance locale innovants ; et aux étudiants, de devenir «des ambassadeurs de cette nouvelle ère» via la recherche et les initiatives sectorielles.
Pour concrétiser cet engagement, il s’est engagé à créer des programmes de recherche prioritaires sur la stabilisation et le développement, à encourager les thèses socio-thématiques et à orienter l’intelligence collective vers les objectifs de sécurité nationale. «Nous inaugurons un chantier d’avenir : faire de Kidal le symbole de la résilience malienne et de la marche vers le développement et la paix», a-t-il affirmé.
Pa ailleurs dans un aparté remarqué, le ministre Kansaye a fustigé les «officines de désinformation» que seraient devenus certains médias français. Les qualifiant de «perroquets des balcons», il les a accusés de relayer sans discernement les narratifs de l’oligarchie et des entreprises liées à l’exploitation néocoloniale de l’Afrique. «Ce n’est plus du journalisme, c’est de la propagande», a-t-il asséné.
Cette journée de réflexion s’inscrit dans la volonté des autorités de la Transition de faire du 14 novembre une date symbole de la restauration de l’intégrité territoriale et de la dignité nationale, tout en illustrant le rôle stratégique des universités maliennes dans l’accompagnement intellectuel des avancées de l’État.
Amara Ben Yaya TRAORE
La rencontre de Bamako va permettre de mettre en place les organes dirigeants de la BCID-AES, valider les textes fondateurs tout en veillant à la disponibilité des moyens techniques, financiers, juridiques et humains nécessaires à son développement.
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Il est bien loin ce temps où Radio Mali et L’Essor mobilisaient seuls tous les sens des citoyens maliens et façonnaient l’opinion. Jusqu’en 1983, lorsqu’ils furent rejoints par la télévision nationale. La nouvelle venue ne faisait qu’agrandir la famille des «médias publics»..
Dans un environnement informationnel en constante mutation, démêler le vrai du faux est devenu un enjeu majeur. Et ce combat contre la désinformation nécessite obligatoirement le respect des principes du journalisme..
Les médias traditionnels ou classiques prennent le temps de recouper l’information avant de la diffuser. Tel n’est pas forcément le cas des nouveaux acteurs du métier appelés «vidéoman» qui, à la recherche de buzz et de sensation forte pour se faire plus d’audience, tombent facilement .
Dans les lignes qui suivent, nos deux interlocuteurs se sont prononcés sur les rôles de l’Essor et de l’ORTM dans l’ancrage institutionnel de notre pays, leur adaptation à l’évolution numérique, les défis et la contre-attaque dans le cadre de la guerre informationnelle.