Que sont-ils devenus ? Amadou Bass, deux quadruplés en deux matches

En 1989, le milieu offensif a gratifié le public sportif malien d’un exploit historique, en marquant 8 buts dans la double confrontation entre le Mali et le Sénégal qui s’affrontaient en préliminaires de la CAN-Junior.

Publié vendredi 22 avril 2022 à 06:07
Que sont-ils devenus ? Amadou Bass, deux quadruplés en deux matches

Bass, comme l’appelaient familièrement les supporters, est ainsi entré dans l’Histoire, mais la carrière du prodige sera stoppée net par une grave blessure au genou. L’Essor a rencontré l’ancien international qui a émerveillé les supporters par son génie créateur pendant une demi-dizaine d’années

 

Nous sommes en 1989. Lors des préliminaires de la CAN-Junior (ancienne appellation du Championnat d’Afrique U-20), un jeune milieu offensif crève l’écran en marquant 8 buts dans la double confrontation entre le Mali et le Sénégal. Score final : 8-2 pour le Mali sur l’ensemble des deux matches. Cet exploit inédit dans les annales du football malien et africain a été réalisé par Amadou Bass.

Le jeune milieu offensif est ainsi entré dans l’Histoire et semblait bien parti pour être la nouvelle star du football malien. Ce, d’autant que quelques mois auparavant, le même Amadou Bass avait claqué un doublé contre le Stade malien en finale de la Coupe Thierry Sabine (pilote de rallye français, fondateur du Rallye Paris-Dakar, décédé le 14 janvier 1986 dans un accident d’hélicoptère, à huit kilomètres de Gourma-Rharous, ndlr), permettant ainsi au Djoliba de s’imposer 3-1 et de s’adjuger le trophée.

Après le Sénégal, la sélection nationale junior, alors dirigée par feu Nani Touré, élimine successivement le Maroc, l’égypte et l’Algérie pour se hisser en finale. Amadou Bass et les Aiglons étaient à une marche du sacre continental mais devaient battre le Nigeria pour réaliser ce rêve. à l’époque, la phase finale n’existait pas et la CAN-Junior se disputait en aller-retour. Au match aller à Bamako, les Aiglons se font surprendre 2-1, avant de s’incliner à nouveau 2-0 à Ibadan lors de la manche retour. Amadou Bass et ses partenaires se contentent alors de la médaille d’argent et du ticket de la Coupe du monde de la catégorie, une première pour une sélection malienne.

En Arabie saoudite, les protégés de feu Nani Touré obtiennent le nul 1-1 contre les états-Unis lors de leur première sortie, avant de sombrer face au Brésil (5-0) et à l’Allemagne (3-0). Conséquence : le Mali quitte le Mondial dès le premier tour. «La Coupe du monde a été catastrophique pour nous. L’équipe est complètement passée à côté du sujet», lâche Amadou Bass. Après la Coupe du monde, le jeune milieu offensif intègre la sélection nationale senior dirigée alors par Kidian Diallo.

Avec les Aigles, il participe aux éliminatoires des CAN, Algérie 1990 et Sénégal 1992 et aux Jeux africains, Caire 1991 où le Mali atteint les quarts de finale. L’ascension d’Amadou Bass est fulgurante, au fil des matches, le joueur s’impose dans l’entre jeu des Aigles. Le jeune milieu offensif a tout pour séduire : un pied gauche magique, une bonne vision de jeu, sa générosité dans l’effort.

Malheureusement, la carrière d’Amadou Bass s’arrête brusquement en 1994, suite à une grave blessure au genou. Le prodige ne se remettra jamais de cette blessure et sera contraint de mettre un terme à sa carrière en 1994 après plusieurs tentatives infructueuses de rechausser les crampons. Auparavant, il avait remporté deux titres de champion du Mali avec le Djoliba (1988 et 1990) et une Coupe du Mali (1992). Peu, presque insignifiant pour un joueur qui restera comme l’un des plus talentueux de sa génération, voire du football malien.

 -PELERINAGE A LA MECQUE-Après cette retraite forcée, Bass, comme l’appelaient familièrement les supporters, a disparu des écrans radars ou plutôt de la planète foot du pays. «J’ai tourné le dos au football pour me concentrer sur les études», indique Amadou Bass qui décroche son diplôme universitaire de technicien supérieur (DUTS) à l’école des hautes études pratiques (EHEP), l’actuel l’Institut universitaire de gestion (IUG). En 2001, il est admis au concours de recrutement de la Banque nationale de développement agricole (BNDA) et affecté à Sikasso.

«J’ai commencé à Sikasso avant d’être affecté au siège mère à Bamako. Dieu merci, je suis chef section clientèle et tout se passe bien pour moi», se réjouit l’ancien international. Parlant de sa carrière sportive, Amadou Bass dira que le football lui a permis d’apprendre beaucoup dans la vie et de rencontrer des gens, dont il se souviendra toute sa vie. «Il y a aussi, soulignera-t-il, les nombreux voyages effectués à travers le monde, surtout ce pèlerinage à la Mecque lors de la Coupe du monde junior.


J’ai pu voir la Kaaba, ce jour-là, j’ai pleuré à chaudes larmes. C’est mon meilleur souvenir. C’est grâce au football que j’ai vu ça à cet âge. C’était incroyable», insiste Bass qui révèle également avoir vécu son plus mauvais souvenir en Arabie saoudite, à savoir la lourde défaite subie face au Brésil au premier tour du Mondial (5-0).

«Après ma retraite, j’avais des projets de football en tête. Je participais également aux activités de l’Union nationale des anciens footballeurs du Mali (UNAFOM). Malheureusement, avec la situation actuelle du football du pays, déplore l’ancien international, je préfère rester à l’écart et me concentrer sur mon travail».

«Ceux qui sont aujourd’hui à la tête du football ont-ils un projet, une vision ? Pour moi, la réponse est claire, c’est non». «Aucune politique digne de ce nom n’a été élaborée pour les dirigeants de notre football, enfonce Amadou Bass. Pour avoir une équipe nationale, il faut qu’il y ait une bonne base. Si on choisit de faire une sélection nationale à base de joueurs locaux, il faudra organiser des compétitions nationales dignes de ce nom, ce qui n’est pas le cas en ce moment.

Il ne faut pas se voiler la face, le niveau de notre championnat est faible et c’est pour cette raison qu’aucun club malien n’a encore réussi à atteindre la phase de poules de la Ligue des champions, plus de vingt ans après la création de cette compétition», argumente Amadou Bass.

«Concernant nos expatriés, je pense qu’il y a un problème de discipline et un manque d’engagement sur le terrain. Porter le maillot de son pays, doit être une fierté pour tous les joueurs. L’équipe nationale, c’est le haut niveau, donc des résultats. Quand une sélection ne performe pas et accumule les échecs, il faut avoir le courage de se remettre en cause et changer de fusil d’épaule.

Malheureusement, nos dirigeants font toujours du bricolage», pointe Amadou Bass qui a été formé au FC Ajax de Ouolofobougou Bolibana, avant de rejoindre le Djoliba, le club qui l’a révélé au grand public.  «J’ai connu des moments merveilleux au Djoliba aux côtés des Drissa Traoré «Poker», Abdoulaye Koumaré «Muller», Bourama Traoré, Fanyeri Diarra, feu Mamadou Doumbia ‘’Ouolof’’, Seyba Coulibaly, Seyba Sangaré.

J’ai beaucoup appris avec ces grands noms du football malien», souligne l’ancien international devenu banquier. Marié et père de huit enfants, dont six garçons, Bass se dit prêt, si les conditions sont réunies, à revenir dans le monde du football «pour apporter ma petite pierre à la construction de l’édifice national».

Djeneba BAGAYOGO

Lire aussi : Ligue des champions d’Afrique : Le Stade malien en quarts de finale

Le Stade malien de Bamako s'est qualifié hier pour les quarts de finale de la Ligue des champions d’Afrique, grâce à sa victoire devant l’Espérance sportive de Tunisie (1-0), au stade du 26 Mars, lors de la 5è journée de la phase de poules..

Lire aussi : Coupe du numérique : Les équipes fixées sur leur sort

Le tirage au sort de la 5è édition de la Coupe du numérique s’est déroulé, vendredi dernier dans la salle de banquet du Centre international de conférences de Bamako (CICB)..

Lire aussi : Championnat professionnel de Ligue 1 Orange : Coup d'arrêt pour Binga FC

La 13è et dernière journée de la phase aller du championnat professionnel Ligue 1 Orange a tenu toutes ses promesses. Le leader du classement, Binga FC, a été contraint au partage des points (2-2) par les Onze Créateurs de Niaréla (10è, 13 points)..

Lire aussi : Crise à la Femafoot : La FIFA et la CAF ordonnent l’organisation d’une assemblée électorale

Dans une correspondance adressée le 5 février 2026 au secrétaire général de la Fédération malienne de football (FEMAFOOT), Sidi Békaye Magassa, la Fédération internationale de football association (FIFA) et la Confédération africaine de football (CAF) ont formellement pris acte de la dé.

Lire aussi : Sport malien : Un nouveau souffle législatif pour viser l’excellence

Le visage du sport malien s’apprête à connaître une transformation profonde. Sur rapport du ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne, le Conseil des ministres a adopté, vendredi dernier, le projet d’ordonnance modifiant la loi .

Lire aussi : Foot: Xabi Alonso et le Réal Madrid se séparent d'un commun accord

Dans un communiqué rendu public ce lundi 12 janvier 2025, le club espagnol a annoncé le départ de son entraîneur, arrivé le 1er juin sur le banc..

Les articles de l'auteur

Mutilations génitales féminines : Halte à la pratique !

A l’instar de la communauté internationale, notre pays a célébré la Journée internationale du 6 février «Tolérance zéro» aux mutilations génitales féminines (MGF)/excision sous le thème : «Rôles et responsabilités des autorités et légitimités traditionnelles du Mali face aux enjeux de l’abandon des mutilations génitales féminines (MGF) excision»..

Par Djeneba BAGAYOGO


Publié lundi 09 février 2026 à 09:03

Ligue des champions d’Afrique : Le Stade malien en quarts de finale

Le Stade malien de Bamako s'est qualifié hier pour les quarts de finale de la Ligue des champions d’Afrique, grâce à sa victoire devant l’Espérance sportive de Tunisie (1-0), au stade du 26 Mars, lors de la 5è journée de la phase de poules..

Par Djeneba BAGAYOGO


Publié lundi 09 février 2026 à 08:47

El Hadj Mahamane Traoré : «Je vois le Mali disputer la finale»

Interview.

Par Djeneba BAGAYOGO


Publié vendredi 09 janvier 2026 à 09:04

CAN 2025 : Un plateau royal pour les quarts de finale

Les huit meilleures équipes de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) sont désormais connues. Il s'agit du Maroc, du Mali, de l'Algérie, de l'Égypte, du Cameroun, de la Côte d'Ivoire, du Sénégal et du Nigeria.

Par Djeneba BAGAYOGO


Publié jeudi 08 janvier 2026 à 08:41

Classement des buteurs : Lassine Sinayoko sur les talons de Brahim Diaz

À 24 heures du coup d'envoi des quarts de finale, la bataille pour le titre de meilleur buteur de la Coupe d'Afrique des nations 2025 fait rage. Après les matches du premier tour et des huitièmes de finale, l'attaquant polyvalent du Maroc Brahim Diaz, occupe la tête du classement avec 4 buts..

Par Djeneba BAGAYOGO


Publié jeudi 08 janvier 2026 à 08:38

Pierre-Hakim Ouggourni : «Les favoris de la CAN ont répondu présents»

Dans cette interview, notre confrère du Quotidien français Ouest-France revient sur la phase de groupes et se prononce sur la suite de la compétition.

Par Djeneba BAGAYOGO


Publié lundi 05 janvier 2026 à 08:33

CAN 2025 : Un premier tour riche en enseignements et en buts

Démarrée dimanche sous la pluie marocaine, la 35è édition de la Coupe d’Afrique des nations connaît déjà un beau succès populaire. Alors que les 24 nations ont toutes disputé leur premier match, une tendance forte se dégage : les cadors ont globalement répondu présent, offrant un spectacle de qualité..

Par Djeneba BAGAYOGO


Publié jeudi 25 décembre 2025 à 18:07

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner