Face à l’amplification des menaces sécuritaires au Sahel, les autorités nigériennes ont également instruit les gouverneurs, les préfets et les administrateurs délégués à renforcer la vigilance et, pour ce faire, de nouvelles mesures de sécurité ont déjà été adoptées et portées à la connaissance des populations. Ces mesures portent sur un renforcement du contrôle des lieux de culte, notamment les mosquées, pour contrer les nouvelles tentatives d’infiltration des groupes armés terroristes (GAT)
Quand la barbe de ton voisin prend feu, la sagesse recommande de mouiller la sienne ! C’est ce qui explique certainement les mesures exceptionnelles annoncées au Niger, où ce lundi sera officiellement une journée de prières collectives et de jeûne, à l’appel des autorités, suite aux attaques terroristes qui ont ciblé plusieurs villes du Mali le 25 avril dernier.
Réuni en Conseil des ministres vendredi dernier, sous la présidence du Général Abdourahamane Tiani, le gouvernement nigérien a exhorté le peuple nigérien à observer un (1) jour de jeûne le lundi 04 mai 2026, sur toute l’étendue du territoire national, «en priant le Tout-Puissant, Allah SWT, pour qu’il place la victoire du côté de nos États et de nos peuples respectifs dans ce combat légitime, noble et juste et pour le repos des âmes de toutes les victimes aussi bien militaires que civiles ainsi que pour un prompt rétablissement aux blessés».
Contexte oblige, le dernier Conseil des ministres a été exclusivement consacré à la situation au Mali ainsi qu’à ses répercussions sur les autres pays de l’AES, notamment le Niger et le Burkina Faso. Pour les autorités nigériennes, «ces attaques lâches, barbares et inhumaines ont pour seul dessein de semer la terreur au sein des populations civiles innocentes et de saper la marche héroïque des peuples du Sahel vers le progrès et leur mieux-être». En effet, avait-il été indiqué dans le communiqué publié à l’issue de la réunion des ministres, «depuis que nos pays ont fait le choix souverain de sortir du cycle de spoliation et d’extorsion de leurs ressources aux seuls bénéfices de la France et de ses relais locaux, plusieurs théâtres sont cyniquement ouverts pour déstabiliser nos États et entraver notre combat résolu pour la souveraineté».
Pour les autorités nigériennes, la situation que traverse le Mali depuis quelques jours n’est qu’une nouvelle tentative de déstabilisation des pays de l’AES par les forces « impérialistes » et « néocolonialistes », qui sont les principaux sponsors des groupes armés terroristes (GAT) qui opèrent au Sahel.
Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que le président nigérien accuse ouvertement la France de Macron et ses valets locaux de telles velléités subversives, allant même jusqu’à révéler des détails des stratégies planifiées entre les terroristes et leurs sponsors pour attaquer les pays de l’AES. «Mais qu’on ne se méprenne guère, car aucune manœuvre apparente ou ostensible ne saurait nous dévier de la trajectoire assumée pour notre dignité et notre développement», a prévenu le gouvernement nigérien, qui a jugé utile de marteler que «l’espace souverain de la Confédération AES ne sera plus le terrain de confrontations idéologiques impérialistes ou de préservation des intérêts néocoloniaux».
DES MESURES DE VIGILANCE CITOYENNE-En plus de cet appel à la foi des croyants nigériens pour appuyer la lutte contre les menaces sécuritaires, et sur instructions du Chef de l’État, les gouverneurs des régions, les préfets des départements et les administrateurs délégués des communes ont été appelés à redoubler de vigilance face aux «manœuvres sournoises et maléfiques des puissances néocoloniales».
Par «un appel patriotique», le Conseil des ministres a aussi appelé en renfort les chefs traditionnels, les leaders religieux et l’ensemble des couches socio-professionnelles du pays pour «continuer la sensibilisation des populations, en particulier sur les questions de paix et de sécurité». Suite à cette annonce du gouvernement, le ministre d’État en charge de l’Intérieur, de l’Administration du territoire et de la Sécurité publique, le Général de division Toumba Mohamed, a instruit les autorités régionales, départementales et communales pour l’observation de la journée de jeûne ainsi que l’organisation des prières collectives « Al Kunnut».
Dans un autre message adressé aux mêmes autorités, le ministre Toumba a aussi mis en garde contre les «nouvelles tentatives d’infiltration utilisées par les ennemis ». Il s’agit notamment de l’utilisation des lieux de culte, notamment les mosquées, que l’on retrouve à chaque coin de rue au Niger, pays à population largement musulmane. Afin d’écarter toute menace, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique a ordonné, avec effet immédiat, «l’interdiction stricte de toute utilisation des mosquées à des fins d’hébergement et de séjour pour tout individu » ainsi que « la fermeture des mosquées à la fin de chaque prière quotidienne».
Aussi, les autorités ont décidé de mettre fin à l’hébergement des étrangers dans les écoles coraniques et de renforcer la sensibilisation des populations pour «dénoncer tout individu suspect dans les lieux de culte». Pour ce faire, les gouverneurs, préfets et administrateurs délégués ont été invités à mettre à contribution les chefs traditionnels et les oulémas.
Depuis, les gouverneurs, préfets et administrateurs délégués sont en train, chacun en ce qui concerne son entité, de prendre des arrêtés et des décisions pour faire appliquer ces mesures décidées par le gouvernement et qui s’inscrivent dans le cadre de la mobilisation générale décrétée par le CNSP pour renforcer la défense de la patrie.
Source : actuniger
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