L’Essor : Cette année, notre pays célèbre le
32è anniversaire de l’avènement de la démocratie. Qu’est-ce que cela vous
inspire?
Me Mountaga Tall : Plus qu’une date, le 26
mars est d’abord un idéal pour la réalisation duquel des Maliennes et des
Maliens ont consenti le sacrifice suprême. D’autres sont handicapés à vie. Ce
sont à ces martyrs de la démocratie que je pense et auxquels je rends hommage
quand arrive cette date hautement symbolique du 26 mars magnifiée dans la
Constitution de 1992 et dans celle en cours d’élaboration.
Il ne faudrait pas
confondre cet idéal démocratique particulièrement généreux et altruiste, qui
est et qui restera toujours indispensable, avec certaines personnes qui, dans
l’exercice du pouvoir, l’ont dénaturé et galvaudé. Ces personnes se sont
servies du 26 mars pour devenir des rentiers d’état. Ces dirigeants ont ancré
la corruption et l’impunité dans nos mœurs politiques. Ils sont pour la plupart
connus et doivent aujourd’hui tirer, eux-mêmes, les conséquences du mal qu’ils
ont infligé à notre pays.
Mais d’autres acteurs de l’avènement de la démocratie
ont maintenu avec dignité le flambeau du 26 mars. Avec d’autres Maliens «patriotes»,
ceux-ci doivent approfondir et consolider le processus démocratique dans le
cadre de la refondation en cours. Il doit être clair pour tous que les seules
alternatives à la démocratie restent la dictature et le populisme, dont nos
compatriotes ne voudront plus jamais. Et je voudrais inviter les Maliens à ne
pas confondre la démocratie et le 26 mars à ceux qui ont trahi l’idéal démocratique,
républicain et patriotique.
L’Essor : Les autorités ont récemment
annoncé le report du référendum, initialement prévu pour le 19 mars
dernier. Que pensez-vous de cette décision ?
Me Mountaga Tall : Ce report, bien évidemment,
est regrettable. Mais après en avoir fait le constat, il ne sert à rien de
rester dans une logique de critique, voire de tentative de blocage du processus
en cours. Le mieux ne serait-il pas de s’impliquer collectivement pour, au-delà
du référendum constitutionnel, respecter le chronogramme plus large de la
Transition ? Les défis à relever sont titanesques, surtout avec la nouvelle
carte administrative du Mali.
Je pense d’ailleurs qu’il faudrait faire des
choix pour ne pas prêter le flanc aux adversaires de la Transition qui
n’attendent qu’une occasion propice pour attaquer et déstabiliser. On pourrait à
cet égard réfléchir sur le report des municipales et de la mise en œuvre
intégrale du nouveau découpage administratif à l’après Transition. Ainsi, les
retards constatés pourraient être résorbés. L’Autorité indépendante de gestion
des élections (Aige) devrait être consultée à ce sujet afin de ne pas le
maintenir dans une mission impossible. Mais d’autres pistes peuvent exister.
L’Essor : Que retenez-vous du projet de
Constitution qui a été validé, il y a quelques jours, par le président de la
Transition?
Me Mountaga Tall : J’ai toujours soutenu
qu’une Constitution ne pourrait jamais satisfaire pleinement un citoyen ni
convenir à tous. Pour autant, la recherche du consensus le plus large doit prévaloir
tout au long du processus. Y compris au cours de la campagne référendaire qui
ne doit pas être un moment d’affrontement et de fracture.
J’entends toutes les
critiques qui sont formulées et qui ne sont pas toutes infondées. Mais au
final, il faut toujours mettre en balance les avancées et les reculs et se décider
en conséquence. De ce point de vue, il y a des avancées incontestables qui méritent
une attention particulière, même si je ne conteste pas certaines réserves émises
ici et là.
L’Essor : Le maintien de la laïcité
dans le projet de Constitution suscite le mécontentement de certains leaders
musulmans qui préfèrent, en lieu et place, le terme état multiconfessionnel’.
Quel est votre avis ?
Me Mountaga Tall : La laïcité est une question
extrêmement sensible qui mérite une recherche sans limite du consensus. Il ne
faut pas traiter par un revers de la main les réserves émises par certains
leaders et associations islamiques. Au contraire, il faut les approcher pour
essayer de lever les points de divergences. Cela me semble possible si l’on
essaie de donner un contenu clair aux concepts. Je suis d’autant plus convaincu
de la possibilité de se comprendre que je sais que l’on dit la même chose avec
des mots différents. Il faut se parler et donner des explications suivies de
gages clairs et réciproques.
Propos recueillis par
Bembablin DOUMBIA
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