#Mali : Montée du niveau du fleuve Niger : Des dégâts et des désagréments

À Kalabancoro chicoro et Kalabancoro plateau, de nombreux habitants ont abandonné leurs maisons dans l’eau. Ceux qui sont restés au péril de leur vie se déplacent avec des pirogues. Un spectacle désolant qui fait froid dans le dos

Publié jeudi 10 octobre 2024 à 17:55
#Mali : Montée du niveau du fleuve Niger : Des dégâts et des désagréments

«On a prié pour qu’il pleuve abondamment cette année. Faut-il faire la même chose pour que ça s’arrête ?», s’interroge Modibo Koné. Ce jeune cadre de l’administration, habitant de la Cité des 320 logements de Kati Sicoro, a lancé cette phrase lorsqu’il a vu hier matin de  gros nuages se former dans le ciel. Mais quelques minutes plus tard, ces nuages se sont dissipés laissant place au soleil. Ça a été ainsi un ouf de soulagement pour Modibo Koné et d’autres chefs de famille qui s’apprêtaient à regagner leurs services dans le centre-ville de Bamako.

Nous sommes au mois d’octobre et la pluie continue de s’abattre en grande quantité causant des dégâts énormes dans nos villes et campagnes. À Bamako, les eaux pluvieuses ont envahi plusieurs quartiers. Particulièrement les zones riveraines du fleuve Niger où la montée historique du niveau de l’eau est très spectaculaire.

La situation est encore pire à Kalabancoro Chicoro (Commune rurale de Kalabancoro), où l’eau du fleuve a débordé transformant certaines rues en marre. Ici, plusieurs habitants n’ont pas eu d’autre choix que de fuir, laissant leurs domiciles dans l’eau. Ceux qui sont restés au péril de leur vie se déplacent avec des pirogues. Un spectacle désolant qui fait froid dans le dos.

Se déplacer aujourd’hui à Kalabancoro Chicoro est devenu un parcours du combattant. Les résidents qui ne veulent pas attendre les petites embarcations, essayent de nager ou de marcher sur les murs des habitations. Chapelet autour du cou, Aminata Dienta, vient de descendre d’une pirogue. Elle raconte que sa maison a été engloutie par l’eau.

«Au début, l’eau du fleuve montait dans les rues avant de se retirer. Mais à partir du 25 septembre, les eaux ont commencé à inonder nos maisons en détruisant nos vivres et nos meubles», témoigne-t-elle, avant de signaler que sa famille a décidé de chercher une maison en location dans un autre quartier loin des zones inondables.

L’Académie d’enseignement de Kalabancoro n’a pas non plus été épargnée par les eaux de pluie. «Nous avons presque tout perdu. On s’inquiète beaucoup pour la rentrée des classes cette année», dit un agent qui a requis l’anonymat. 

Kassim Coulibaly, un jeune piroguier, est très actif dans le transport de ses voisins du quartier. «Mon service est payant. Mais quand ce sont des connaissances, je prends ce qu’elles me donnent volontairement», avoue le jeune homme équipé d’une pagaie. Il indique que leur secteur a souffert en 2018 des inondations des maisons par les eaux du fleuve. Cette année, reconnait-il, le phénomène s’est empiré.

À Kalabancoro plateau également, des habitations proches du fleuve  sont aujourd’hui presque vides. De belles villas et des bâtiments en étage se trouvent dans l’eau. Bandiougou Traoré, un habitant du quartier, vit à une centaine de mètres du fleuve. Il affirme que la montée étonnante du niveau du fleuve est à l’origine des déplacements forcés des résidants. L’enseignant explique que certains sinistrés et leurs biens ont pu être évacués par des pirogues. 

Cet endroit de Kalabancoro plateau est devenu un secteur fantôme. La situation est aggravée par les coupures d’électricité. «Nous qui sommes restés, nous vivons dans l’eau et dans l’obscurité totale», déplore Bandiougou Traoré qui espère que l’eau du fleuve se retire vite pour que ses voisins puissent regagner leurs maisons.

D’après les spécialistes de l’hydraulique, la montée des eaux est spéculaire de Bamako à Sofara en passant par Beleny Kegny à San, Banankoro, Ké-Macina et Mopti, provoquant des débordements et des inondations. Et que les seuils d’alerte de 1967 sont atteints et même dépassés. Donc, la vigilance doit être de mise de la part des populations riveraines du fleuve Niger.

Mohamed DIAWARA

Lire aussi : Carburant : Un réseau de distribution illicite dans le viseur de la DGCC

La Direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence (DGCC) a annoncé ce mercredi 10 juin dans un communiqué, l'ouverture d'une enquête visant à identifier et appréhender les acteurs d'une station-service impliquée dans la livraison de carburant à un réseau de distrib.

Lire aussi : Gestion de l’hygiène menstruelle : L’ONASR entend briser le silence sur les menstrues

Selon l’Enquête démographique et de santé (EDS-VI), on enregistre 10% de déperdition scolaires chez les filles à cause de la mauvaise gestion de l’hygiène des menstrues. Ce chiffre est alarmant pour l’Office national de la santé de la reproduction (ONASR) qui estime qu’avec une bonne .

Lire aussi : Femmes dans les médias africains : La bataille silencieuse pour le pouvoir

Ces journalistes présentent les journaux télévisés, animent les grandes émissions, réalisent des reportages de terrain. Pourtant, derrière cette présence de plus en plus visible, les femmes restent en dehors des cercles de décisions dans les médias africains. Entre stéréotypes, plafonds .

Lire aussi : Journée internationale des archives : La nécessaire mutation vers la numérisation

Le Premier ministre a rappelé au cours de l’événement la volonté des autorités de la Transition de faire de la transformation numérique, un levier majeur de modernisation de l’Administration publique et d’amélioration des services rendus aux citoyens.

Lire aussi : Protection du fleuve Niger : Join For Water mobilise les acteurs autour de la science citoyenne

Dans le cadre de la 27è édition de la Quinzaine de l’environnement, l’ONG Join For Water, en collaboration avec l’association AFR’EAU, a organisé hier un symposium national consacré au fleuve Niger sous le thème : «Science citoyenne et protection du fleuve Niger et de ses bassins»..

Lire aussi : Conseil supérieur de l’agriculture : L’ambition d’une production record pour la souveraineté alimentaire

Réuni, hier à Koulouba sous la présidence du Général d’armée Assimi Goïta, le Conseil supérieur de l’agriculture a dressé le bilan de la campagne 2025 et fixé les ambitions pour 2026. Il a annoncé le maintien des mesures de soutien aux producteurs. Ainsi, le prix du kilogramme de coto.

Les articles de l'auteur

Carburant : Un réseau de distribution illicite dans le viseur de la DGCC

La Direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence (DGCC) a annoncé ce mercredi 10 juin dans un communiqué, l'ouverture d'une enquête visant à identifier et appréhender les acteurs d'une station-service impliquée dans la livraison de carburant à un réseau de distribution illicite. Selon la structure, cette disposition a été prise à la suite de la diffusion d'une vidéo mettant en cause la station..

Par Mohamed DIAWARA


Publié mercredi 10 juin 2026 à 16:46

Mali : Suspension de la circulation des motocyclettes cylindrée de 125 cm³ et plus

Le gouvernement suspend la circulation des motocyclettes de cylindrée de 125 cm³ et plus, hors des grandes agglomérations, sur toute l'étendue du territoire national..

Par Mohamed DIAWARA


Publié mercredi 03 juin 2026 à 20:21

Mali: 40 nouveaux fonctionnaires radiés de la 7è cohorte du SNJ

La direction du Service national des jeunes (SNJ) a décidé ce mardi 2 juin 2026, de radier 40 nouveaux fonctionnaires de l'effectif de la 7è cohorte du centre de formation commune de base du Service national des Jeunes. Ces personnes sont accusées d'insubordination et refus d'obéissance. L'information a été annoncée à travers une décision de la structure publiée sur les réseaux. Une source au niveau du ministère en charge de l'Instruction civique nous a confirmé la nouvelle..

Par Mohamed DIAWARA


Publié mardi 02 juin 2026 à 17:20

DEF : La ministre Assa Badiallo Touré et deux de ses collègues lancent les épreuves sur la rive droite

Le Centre d’examen Daoudabougou 5 relevant de l’Academie d’enseignement Rive droite de Bamako accueille 320 candidats qui affrontent les épreuves du Diplôme d’études fondamentales (DEF). Cet examen de fin d’année scolaire a été lancé, hier sur cette rive droite, par la ministre de la Santé et du Développement social, le Colonel-major Assa Badiallo Touré..

Par Mohamed DIAWARA


Publié mardi 02 juin 2026 à 09:27

«Ma vie, mon destin : Une école de résilience» : Une muse pour les futures générations

Notre pays traverse une période de crises sécuritaire et énergétique. Le maitre-mot demeure la résilience grâce à laquelle notre peuple fait face à de nombreuses épreuves. En ce moment de grands défis, le livre autobiographique intitulé :«Ma vie, mon destin: Une école de résilience» vient à point nommé..

Par Mohamed DIAWARA


Publié mardi 02 juin 2026 à 09:21

Zones rurales : Le calvaire des écoliers

Dans ces localités, les élèves se tapent souvent 3 à 4 kilomètres voire une dizaine pour rallier un établissement scolaire et apprendre. Ce parcours du combattant est souvent à l’origine des scolarisations tardives, des violences contre les filles et des accidents de la route.

Par Mohamed DIAWARA


Publié mardi 02 juin 2026 à 09:19

DEF : La ministre Assa Badiallo Touré et plusieurs collègues lancent les épreuves à la Rive droite

Le Centre d'examen Daoudabougou 5 relevant de l'Academie d'enseignement Rive droite de Bamako accueille 320 candidats qui affrontent les épreuves du Diplôme d'études fondamentales (DEF) lancées ce lundi 1er juin 2026, par le gouvernement. Cet exercice a été accompli à la Rive droite par la ministre de la Santé et du Développement social, le colonel-major Assa Badiallo Touré, accompagnée de ses collègues chargés de l'Énergie et de l'Assainissement, Tiémoko Traoré et Mme Doumbia Mariam Tangara..

Par Mohamed DIAWARA


Publié lundi 01 juin 2026 à 12:34

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner