Une vue du présidium lors de la rencontre
Créé dans un contexte de grandes crises alimentaires, l’Institut du Sahel célèbre cinq décennies d’engagement au service de la recherche agricole, de la sécurité alimentaire et de la résilience des pays sahéliens. Cinquante années d’existence, mais une mission toujours d’actualité : contribuer à relever les défis agricoles du Sahel. À Bamako, l’Institut du Sahel (INSAH) a célébré son jubilé d’or, en présence des autorités et des responsables du Comité permanent inter-États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS).
Créé le 11 décembre 1976 à N’Djamena, au Tchad, au lendemain des grandes sécheresses qui avaient durement frappé la région, l’INSAH s’est progressivement imposé comme un acteur majeur de la coopération scientifique sahélienne. Installé à Bamako, son siège permanent, l’Institut a accompagné les États membres dans la production de connaissances, la recherche agricole, la gestion des ressources naturelles et l’amélioration des systèmes alimentaires.
Pour le secrétaire exécutif du CILSS, Dr Abdoulaye Mohamadou, l’INSAH constitue, avec le Centre régional agro-hydro-météorologique (AGRHYMET), l’un des deux piliers techniques de l’organisation. Au fil des années, il a contribué à apporter des réponses aux problématiques liées à l’agriculture, à l’environnement, à la démographie et au développement.
Parmi ses réalisations majeures, figure le Centre d’études et de recherche sur les populations et le développement (CERPOD), devenu une référence régionale dans l’analyse des dynamiques démographiques. L’Institut assure également la gestion du catalogue régional des variétés, participant ainsi à la sauvegarde du patrimoine génétique végétal sahélien.
Dans un environnement marqué par le changement climatique, la pression démographique et les menaces sur la sécurité alimentaire, l’INSAH poursuit son action sur des secteurs stratégiques. La réglementation des pesticides constitue l’un de ses grands acquis.
À travers le Comité sahélien des pesticides (CSP), créé après l’adoption en 1992 d’une réglementation commune sur l’homologation des pesticides, l’Institut a contribué à harmoniser les pratiques dans plusieurs pays. Le CSP a tenu 58 sessions, permettant l’homologation de 381 types de pesticides et l’octroi de 1.107 autorisations de vente de formulations.
Aujourd’hui, l’INSAH accompagne la mise en place du Comité ouest-africain d’homologation des pesticides (COAHP), auquel il transmet l’expérience et les acquis du CSP, un patrimoine matériel et immatériel évalué à plus de 6 milliards de Fcfa. Une première liste régionale comprenant 844 spécialités commerciales autorisées a déjà été publiée, avant le lancement des premières homologations prévu en 2027.
Pour le ministre de l’Agriculture, Dr Ibrahima Samaké, cette évolution répond à une nécessité : garantir aux producteurs des intrants agricoles accessibles, efficaces et conformes aux exigences de qualité. Il a réaffirmé le soutien du gouvernement à l’Institut, notamment à travers le projet de construction de son nouveau siège à Bamako.
Le directeur général de l’INSAH, Dr Hubert N’Djafa Ouaga, a, pour sa part, insisté sur la nécessité d’écrire une nouvelle page de l’histoire de l’Institut. Cette nouvelle étape devra passer par un renforcement des collaborations avec les centres nationaux de recherche agricole et une mobilisation accrue des ressources pour l’innovation.
Après cinquante ans au service du Sahel, l’INSAH se trouve face à un nouveau défi : transformer son héritage scientifique en solutions concrètes pour des populations confrontées chaque jour aux effets du climat, aux enjeux alimentaires et à la nécessité de produire davantage avec moins de ressources. Un combat qui donne tout son sens à sa devise : mettre la connaissance au service du développement.
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