«Feu Souleymane Sarr fut pour moi bien plus qu’un maître. Grâce à son dévouement, je suis passé de photographe à réalisateur de plusieurs films et séries, parmi lesquels Les Rois de Ségou, Dou, Les aventures de Séko, Dougouba Sigui, Sanoudiè etc. De 1974 à 1980, il m’a appris l’art de la prise de vues à travers l’utilisation d’appareils photo 24x36 mm ou 6x6 de marques telles que Pentax, Yashica, et Mamaya. C’est dans son laboratoire à Médina Coura, à Bamako, que j’ai appris le tirage photo en noir et blanc. Parallèlement à mes études primaires et secondaires, je suis ainsi devenu un photographe apprécié par les jeunes des quartiers de Bamako, notamment ceux de Médina Coura, Darsalam, Missira, et N'Tomikorobougou.
En cette époque, la communauté des photographes était soudée. Le Studio Sarr et le Studio Sakaly étaient à Médina Coura. Feu Malick Sidibé, qui résidait également à Médina Coura, avait son studio à Bagadadji. Il y avait aussi Studio Fané, devenu aujourd’hui Studio Zoom à Niaréla, et Baba Mochi à Darsalam. Mon travail consistait non seulement à faire des portraits et des photos d’identité en studio, mais aussi à immortaliser les mariages, les soirées dansantes, les activités sportives et scolaires. Nos photos en couleur étaient envoyées en France via le laboratoire photo « La Croix du Sud », au Grand Marché de Bamako. Mon amour pour la photographie grandissait au point que Feu Souleymane Sarr me laissa la gestion du Studio Sarr. Je jonglais entre mes études et la photographie, développant des pellicules à minuit et tirant les photos avant de partir à l’école.
C’est ainsi que j’ai poursuivi mes études jusqu’au baccalauréat, tout en continuant à photographier. Plus tard, un concours organisé par le Ministère de l’Information pour recruter des bacheliers et des licenciés pour rehausser le niveau du cinéma malien m’ouvrit une nouvelle voie. Admis à ce concours, je dus malheureusement abandonner la gestion du Studio Sarr. Feu Souleymane Sarr, ayant des problèmes de vision, décida alors de transformer le studio photo en restaurant. À ma grande surprise, faute de place, il brûla dans la rue des centaines de rouleaux de négatifs 24x36 mm et plusieurs boîtes de négatifs 6x6 appartenant à ses clients. À mon humble avis, bien que Feu Malick Sidibé, que je considérais comme un parent, réparait des appareils, vendait des pellicules et réalisait des portraits, Souleymane Sarr avait une clientèle bien plus vaste. Malheureusement, les négatifs de son œuvre n’existent plus pour en témoigner. Cependant, je me porte garant de la grandeur de son travail et lui décerne, à titre posthume, cette reconnaissance de satisfaction pour services rendus à la photographie nationale. Célébrons et magnifions la mémoire de Feu Souleymane Sarr et de tous les défenseurs de notre culture à travers la photographie. »
Témoignage de Boubacar Sidibé, Réalisateur
Rédaction Lessor
Marquée par une série d’échanges entre les photographes, la journée a été un véritable champ de diagnostic et de propositions de relance du secteur.
Profondément passionné par son art visuel, il y a déjà consacré des années pour l’illustration des articles de presse du Quotidien national (L’Essor) qui est un produit phare de l’Amap et à la préservation de la mémoire nationale.
On pourrait penser que rien ne prédestinait Seydou Camara à la photographie surtout avec son cursus scolaire, mais c’est s’y méprendre parce que ce natif de Ségou, la 4è région du Mali, avait la passion de la photographie chevillée au corps et depuis sa tendre enfance..
Dans le cadre de la Journée mondiale de la photographie que consacre le 19 août de chaque année, le directeur artistique de l’Association Yamarou photo a accordé une interview à L’Essor. Dans les lignes qui suivent, Seydou Camara traite de plusieurs aspects de la photographie contemporaine.
Au vu de sa production multiculturelle, notre pays a besoin d'une politique de production culturelle qui organise l’économie de la création artistique et de l’industrie culturelle.
C’est dans le souci de témoigner de la reconnaissance aux hommes et femmes qui ont porté le combat de la promotion de la femme malienne que la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Diarra Djènèba Sanogo, a présidé, il y a moins d’une semaine au Centre na.