Une vue du présidium de la cérémonie d'ouverture des travaux
La cérémonie s’est déroulée en présence du chef de mission de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) au Mali, Dr Boubacar Seybou, de plusieurs diplomates et acteurs de la diaspora malienne. Durant deux jours, ces réflexions permettront d'apprécier les avancées réalisées sur les 23 objectifs du Pacte, d'identifier les défis persistants et de mettre en lumière les initiatives innovantes portées par les acteurs locaux.
Ces consultations illustrent la volonté du Mali d'adopter une approche globale, mobilisant l'ensemble des ministères sectoriels, les collectivités territoriales, la société civile et les associations de migrants. Cette diversité de perspectives garantit que le rapport national reflètera la complexité et la réalité de la migration malienne.
À l'occasion de l'ouverture de ces travaux consacrés à la préparation du rapport pour le Forum international d'examen des migrations (IMRF 2026), Dr Boubacar Seybou a rappelé que la migration occupe une place centrale dans les dynamiques du pays. Elle contribue au développement économique par l'apport de la diaspora, renforce la cohésion sociale, la mobilité régionale et la résilience face au changement climatique.
Pour le chef de mission de l’OIM, le Pacte mondial constitue un cadre structurant permettant aux États de développer une gouvernance migratoire cohérente, humaine et alignée sur les priorités nationales. Il a souligné qu’en tant que «pays champion», le Mali joue un rôle moteur reconnu par l'ensemble des États membres. Son engagement constant depuis 2018, confirmé par les rapports de 2021 et 2022, témoigne d'une vision claire : faire de la migration un levier de développement durable et un espace de coopération renforcé.
Dr Seybou a profité de cette tribune pour saluer le leadership du ministre Attaher et remercier les partenaires financiers, notamment les États-Unis pour leur appui sur les questions humanitaires et la collecte de données biométriques. Mais aussi, l'Union européenne pour son aide au retour volontaire de plus de 44.000 migrants, ainsi que l'Espagne, les Pays-Bas et le Canada pour leurs actions.
Pour sa part, le ministre des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine a rappelé qu’en adhérant à ce pacte en décembre 2018, le Mali n’a pas cédé à un conformisme diplomatique, mais a traduit la vision lucide d'un pays conscient de ses réalités. Mossa Ag Attaher dira que pour le Mali, la migration n'est pas une abstraction statistique, mais une réalité humaine, sociale et historique qui traverse les familles et irrigue les territoires.
À l'approche du Forum d’examen des migrations internationales, qui se tiendra du 5 au 8 mai 2026 à New-York, le pays s'engage dans un processus inclusif pour produire un document à la fois rigoureux et ambitieux. Être « pays champion » signifie assumer un devoir d'exemplarité, partager des pratiques positives et contribuer à une gouvernance migratoire plus juste au niveau international.
Le ministre des Maliens établis à l’Extérieur et de l’intégration africaine a insisté sur le fait que les objectifs du Pacte (protection des migrants, lutte contre la traite, réintégration durable et inclusion socio-économique) résonnent profondément avec les priorités nationales. Il a précisé que ce rapport doit faire preuve de sincérité analytique tout en répondant aux questions essentielles : quels progrès ont été accomplis ? quelles réformes ont été engagées ? quels défis persistent ? Mossa Ag Attaher a rappelé que la migration interpelle de nombreux secteurs, notamment l'emploi, la santé, la sécurité, la protection de la femme et la diplomatie.
Il a soutenu que la gouvernance des migrations est indissociable de la souveraineté nationale. Gouverner, c’est protéger nos ressortissants, assurer la dignité des migrants sur notre sol et reconnaître la contribution stratégique de notre diaspora. Pour le ministre Ag Attaher, ce rapport ne doit pas seulement répondre à une exigence internationale, mais servir d'outil interne pour améliorer les politiques publiques et bâtir une gouvernance plus humaine et plus efficace.
Souleymane SIDIBE
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