Une vue des officiels lors de la rencontre
Face à l’ampleur des défis liés à l’insertion des jeunes, au développement des compétences et à la promotion de l’entrepreneuriat, le département en charge de l’Entreprenariat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle entend resserrer les rangs avec ses partenaires techniques et financiers. La ministre Oumou Sall Seck a engagé un nouveau cadre de dialogue pour une action plus coordonnée et davantage orientée vers les besoins réels des populations.
L’emploi et la formation professionnelle occupent
une place centrale dans les priorités du gouvernement. Pour donner davantage
d’impact aux initiatives engagées dans ces domaines, le ministère de
l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle veut
renforcer la synergie d’action avec les partenaires techniques et financiers
(PTF). C’est dans cette dynamique que la ministre Oumou Sall Seck a rencontré,
hier, les membres du sous-groupe des PTF intervenant dans le sous-secteur de
l’emploi et de la formation professionnelle. Cette prise de contact a été
l’occasion de présenter les grandes orientations du département, d’échanger sur
les défis persistants et de poser les bases d’une collaboration encore plus
efficace.
Au cœur des discussions : la nécessité de mieux
coordonner les interventions afin de maximiser leur impact sur l’employabilité
des jeunes, l’autonomisation des femmes et la création d’opportunités économiques
durables.
Le chef de file du sous-groupe des PTF,
Jean-Michel Limat, a salué l’initiative de la ministre, estimant qu’elle
traduit une volonté forte de dialogue, d’écoute et de partenariat. Il a rappelé
l’engagement constant des partenaires aux côtés du Mali dans plusieurs
domaines, notamment le développement des compétences, l’insertion
professionnelle, l’entrepreneuriat, le renforcement institutionnel et
l’accompagnement des réformes. «Malgré la diversité de nos interventions, nous
partageons un même objectif : créer davantage d’opportunités pour les jeunes,
les femmes et les populations vulnérables», a-t-il souligné.
Pour améliorer l’efficacité des actions, les
partenaires ont identifié plusieurs axes prioritaires. Il s’agit notamment
d’instaurer un dialogue stratégique en amont des grandes réformes, d’adapter
davantage les formations aux besoins du marché du travail en renforçant les
liens avec le secteur privé et d’améliorer la gouvernance du secteur.
Les chiffres témoignent de l’importance de l’appui des partenaires. Actuellement, huit PTF mettent en œuvre 13 programmes pour un financement global de 179 millions d’euros, soit plus de 117 milliards de Fcfa. Ces interventions bénéficient à 44.654 personnes, dont 47 % de femmes, à travers plusieurs régions du pays.
Les actions couvrent aussi bien le renforcement
des capacités des structures publiques que l’accompagnement direct des bénéficiaires.
Toutefois, les partenaires ont relevé plusieurs défis, notamment l’amélioration
de la coordination avec l’État, le renforcement des mécanismes de mise en œuvre
au niveau territorial, une plus grande implication du secteur privé national et
la consolidation du système de collecte des données.
Pour la ministre Oumou Sall Seck, cette rencontre
marque une étape importante dans la construction d’un cadre permanent d’échanges
avec les partenaires. Elle a salué leur engagement aux côtés du Mali dans un
contexte marqué par de nombreux défis, tout en insistant sur la nécessité d’une
meilleure harmonisation des interventions. Selon elle, cette approche permettra
d’éviter les chevauchements, d’optimiser les ressources mobilisées et
d’orienter les appuis vers les priorités nationales. Au-delà des actions en
cours, le département entend accélérer plusieurs réformes majeures. Parmi
celles-ci figure la mise en œuvre de la Stratégie nationale de
l’entrepreneuriat et de son plan d’action, dont le coût est estimé à 20
milliards de Fcfa.
La relecture des politiques nationales de l’emploi
et de la formation professionnelle fait également partie des chantiers
prioritaires afin de les adapter aux nouvelles réalités économiques et sociales
du pays. Autre ambition affichée : mettre en place un système de certification
des compétences pour les travailleurs du secteur informel. Un enjeu de taille
dans un pays où près de 95% de l’économie repose sur ce secteur. La ministre a
indiqué qu’une étude diagnostique sur la transition de l’informel vers le
formel est déjà disponible et qu’une stratégie est en préparation.
L’objectif est de reconnaître officiellement le
savoir-faire de milliers de jeunes et d’acteurs économiques qui exercent sans
diplôme ni certification, mais disposent de compétences avérées.
À travers ce partenariat renforcé, le département entend ainsi faire de la formation professionnelle et de l’entrepreneuriat de véritables leviers d’insertion et de transformation économique. Un défi majeur pour répondre aux aspirations d’une jeunesse en quête d’opportunités.
Amadou GUEGUERE
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