Une vue du présidium lors de la rencontre
C’est le message livré, vendredi dernier au siège de l’Union malienne des associations de personnes handicapées (UMAPH), lors de la conférence de presse organisée à l’occasion de la Semaine internationale des personnes sourdes sous le thème : « L’éducation inclusive et l’importance de la langue des signes dans la communauté des personnes sourdes ». La rencontre a enregistré la présence du président de l’Amasourds, Famory Konaté, du fondateur de l’association, Mohamed Dibassy, ainsi que du conférencier, Barthélémy Sangala. Le président de l’Amasourds a d’abord salué les avancées réalisées par notre pays en faveur de l’inclusion des personnes handicapées, estimant toutefois que beaucoup reste encore à faire. Selon Famory Konaté, l’accès à une éducation de qualité demeure un défi majeur pour de nombreux enfants sourds. “L’insuffisance d’enseignants maîtrisant la langue des signes, le manque de moyens pédagogiques adaptés et la limitation de l’offre éducative constituent autant d’obstacles à leur réussite scolaire”, a-t-il expliqué. Et d’appeler, face aux difficultés, à davantage d’actions en faveur de la formation professionnelle et de l’emploi des personnes sourdes. Il a aussi invité les pouvoirs publics, le secteur privé et les partenaires techniques à agir, afin de permettre aux personnes sourdes de bénéficier de meilleures opportunités d’insertion professionnelle.
En outre, il a rappelé la place essentielle de la langue des signes dans la vie de la communauté sourde. « La langue des signes occupe une place essentielle dans la vie de la communauté sourde. Elle est un moyen de communication, d’apprentissage, d’expression et de participation à la société », a-t-il souligné, tout en plaidant pour une meilleure reconnaissance et une plus grande utilisation de la langue des signes dans les différents secteurs de la vie nationale, notamment l’éducation, la santé, la justice, l’administration, l’emploi, l’information et la communication.
Quant à Barthélémy Sangala, il a défini la langue des signes comme un moyen de communication entre les personnes sourdes, mais également entre elles et les personnes non sourdes. La langue des signes constitue, selon le conférencier, un outil essentiel de communication et de participation à la société. Il a rappelé que la Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées reconnaît les personnes sourdes comme une communauté à part entière et leur octroie le droit à la reconnaissance de leur langue de communication.
C’est dans cette perspective, a-t-il précisé, que l’Association et ses partenaires mènent depuis quelque temps des actions de plaidoyer pour une reconnaissance de la langue des signes au Mali comme une langue à part entière. Son apprentissage ,selon le conférencier, est également un moyen de lever les barrières entre les personnes sourdes et les autres. Et Barthélémy Sangala d’indiquer que l’une des principales difficultés auxquelles les personnes sourdes sont confrontées reste l’accès à certains droits fondamentaux, notamment le droit à l’éducation, à la santé et d’accès aux services publics, en raison des barrières liées à la communication. «La promotion de la langue des signes est essentielle pour promouvoir une éducation inclusive, tenant compte des enfants sourds et pour une participation sociale des personnes sourdes dans le cadre d’un processus de développement durable », a-t-il déclaré.
Enfin, Barthélémy Sangala a expliqué qu’en matière d’éducation, le ministère de l’Éducation nationale travaille étroitement avec les associations de tutelle pour l’identification et la prise en charge des besoins des enfants handicapés.
Nahawa SANGARE
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