Deux ans après la création de l’Alliance des États du Sahel : Des acquis à consolider pour un sahel pacifique, libre et prospère

Il y a deux ans, jour pour jour, que le Mali, le Burkina Faso et le Niger créaient l’Alliance des États du Sahel (AES). À l’issue de la réunion des ministres des Affaires étrangères tenue, le samedi 16 septembre 2023 à Bamako, les Chefs d’État des trois pays, le Général d’armée Assimi Goïta du Mali, le Capitaine Ibrahim Traoré du Burkina Faso et le Général d’armée Abdourahamane Tiani du Niger, ont signé la Charte du Liptako Gourma qui est l’acte de naissance de cette nouvelle alliance sahélienne

Publié mardi 16 septembre 2025 à 10:10
Deux ans après la création de l’Alliance  des États du Sahel :  Des acquis à consolider pour un sahel pacifique, libre et prospère

Abdoulaye Diop lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères tenue le samedi 16 septembre 2023 à Bamako consacrant à la création de l'AES


La création de cette alliance par les trois États confrontés au terrorisme a été guidée par l’esprit de fraternité, de solidarité et d’amitié, le plein exercice de leur souveraineté nationale et internationale, la défense de l’unité et de l’intégrité de leurs territoires respectifs, la lutte contre les menaces multiformes à l’espace commun des trois États.


À travers cette Charte de 17 articles, le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont décidé d’établir une architecture de défense collective et d’assistance mutuelle. Ils se sont engagés à lutter contre le terrorisme sous toutes ses formes et la criminalité en bande organisée dans leur espace commun. Mais aussi à œuvrer à la prévention, à la gestion et au règlement de toute rébellion armée ou autre menace armée portant atteinte à l’intégrité du territoire et à la souveraineté de chacun des pays membres de l’Alliance en privilégiant les voies pacifiques et diplomatiques et en cas de nécessité, useront de la force pour faire face aux situations de rupture de la paix et de la stabilité. Aussi, toute atteinte à la souveraineté et à l’intégrité du territoire d’une ou plusieurs parties contractantes sera considérée comme une agression contre les autres pays et engagera un devoir d’assistance et de secours de toutes les parties de manière individuelle ou collective y compris l’emploi de la force armée pour rétablir et assurer la sécurité au sein de l’espace couvert par l’Alliance. Après sa signature par les trois Chefs d’État, notre pays a été désigné dépositaire de cette Charte. Quelques mois après la création de cette alliance, les trois pays ont décidé de quitter la Communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). L’annonce a été faite par le biais d’un communiqué conjoint en date du 28 janvier 2024.


Les raisons évoquées pour justifier ce retrait de l’organisation sous-régionale sont que la Cedeao s’est éloignée des idéaux de ses pères fondateurs et du panafricanisme. Les trois pays reprochent à l’organisation le manque d’assistance dans le cadre de leur lutte existentielle contre le terrorisme et l’insécurité. Pire, «lorsque ces états ont décidé de prendre leur destin en main, la Cedeao a adopté une posture irrationnelle et inacceptable en imposant des sanctions illégales, illégitimes, inhumaines et irresponsables en violation de ses propres textes», a ajouté le communiqué conjoint des trois états, pour justifier leur décision de retrait. Quelques mois après, le sommet inaugural des Chefs d’État de l’Alliance s’est tenu, le 6 juillet 2024, à Niamey au Niger. Au cours de ce sommet, ils ont adopté le traité instituant une Confédération entre les trois états. Avant de confier la présidence inaugurale et tournante à notre pays.


Plus d’une année après, la Confédération sous le leadership et la présidence du Général d’armée Assimi Goïta est aujourd’hui une réalité géopolitique au Sahel, en Afrique de l’Ouest et en Afrique de façon générale avec laquelle il faut désormais compter. Déjà, plusieurs actions ont été réalisées.  Au niveau de la sécurité, des succès importants ont été engrangés sur le terrain par les Forces de défense des trois pays dans le cadre de leur lutte commune contre le terrorisme. Il y a une coordination entre les Armées dans le cadre d’une Force unifiée, la constance des consultations politiques de haut niveau et la coordination diplomatique entre les trois états, afin de porter d’une seule voix, la vision et les intérêts de la Confédération AES sur la scène régionale et internationale.


Pour l’intégration sous-régionale, des mesures ont été prises pour faciliter la libre circulation des ressortissants des états membres de la Cedeao au sein de l’espace AES. Malgré le retrait, les ressortissants de cet espace peuvent entrer, résider et exercer des activités dans l'AES sans avoir besoin de visa. De même que les véhicules immatriculés dans un État membre de la Cedeao peuvent circuler librement dans l'espace AES, sous réserve du respect des réglementations en vigueur.


également, la Confédération AES a mis en circulation des passeports biométriques depuis le 29 janvier dernier. S'agissant du développement, il y a eu l'identification de projets structurants notamment la création d'une compagnie aérienne, des chemins de fer, des projets d’infrastructures, d’énergie, la mise en place de la banque confédérale d'investissement et de développement qui permettra de générer des ressources internes pour financer le développement des trois États.


D’autres projets sont en cours notamment, la mise en place d’un Parlement de la Confédération. Les trois pays travaillent également à l'intégration de leurs économies avec le projet de mise en place d'une union économique incluant l'harmonisation des politiques fiscales, douanières et des réglementations commerciales. Ils œuvrent aussi à l’intégration de leurs systèmes de santé et à l’harmonisation des systèmes juridiques et judiciaires. La création d’une monnaie commune fait aussi partie des projets en cours.

Dieudonné DIAMA

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