Conseil de sécurité de l’ONU : La France ne portera plus le dossier Mali

Les autorités maliennes ont décidé de dénoncer le statut de porte-plume de l’ancienne puissance coloniale dans tous les dossiers concernant notre pays devant la haute instance onusienne. Paris perd ainsi son prestigieux rôle de parrain de l’action de la communauté internationale dans le cadre de la crise malienne

Publié vendredi 03 mars 2023 à 06:27
Conseil de sécurité de l’ONU : La France ne portera plus le dossier Mali

Dans une correspondance adressée au président du Conseil de sécurité des Nations unies, par ailleurs représentant permanent de la République du Mozambique auprès des Nations unies, Pedro Comissário Afonso, mercredi dernier, le gouvernement a récusé officiellement le statut de porte-plume de la France sur toutes les questions examinées par la haute instance onusienne concernant le Mali.

En effet, depuis l'inscription de la situation de notre pays à l'agenda du Conseil de sécurité, conformément à sa résolution 2085 du 20 décembre 2012, la France a toujours porté la plume sur toutes les questions concernant notre pays devant cet auguste organe, y compris pour ce qui concerne l'initiative et le portage des projets de résolutions relatifs au mandat de la Mission multidimensionnelle des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) ou au régime de sanctions concernant le Mali.

Selon nos sources, cette décision intervient parce qu’au regard de la tension diplomatique entre les deux pays, l’ancienne puissance coloniale n’a plus la confiance des autorités maliennes. Paris n’est plus crédible pour traiter convenablement les dossiers du Mali. La correspondance du Mali amènera le Conseil de sécurité à choisir un autre porte-plume pour le dossier Mali. Et notre pays aura la latitude d’accepter ou de récuser le nouveau porte-plume qui sera désigné. Le statut de porte-plume est dévolu généralement aux cinq membres permanents du Conseil de sécurité.

Au regard de la vive tension entre les deux pays, ce développement était prévisible. Par communiqué en date du 12 janvier 2022 et du 26 avril 2022, le gouvernement alertait l'opinion publique nationale et internationale sur les actes hostiles, notamment la violation de l'espace aérien du Mali par des aéronefs des militaires français.

Ces alertes publiques ont été suivies, le 15 août 2022, d'une lettre par laquelle les autorités portaient plainte auprès du Conseil de sécurité pour « actes d’agression, de violation de notre espace aérien, de subversion et de déstabilisation ». Ces faits sont d’une extrême gravité interrogent sur l'objectivité et l'impartialité de la France.

 

MARCHÉ DE DUPES- Il faut rappeler que les relations entre Paris et Bamako ont commencé à se dégrader sérieusement depuis la rectification de la trajectoire de la Transition en mai 2021. Le Mali a décidé de s’orienter vers la Fédération de Russie pour mener efficacement la lutte contre le terrorisme. Décision vivement contestée par les dirigeants français en des termes emprunts de condescendance.

Les échanges de propos peu diplomatiques ont abouti au retrait de la force anti-terroriste Barkhane du Mali puis de la Force Takuba. La tension a culminé par l’expulsion de l’ambassadeur de France à Bamako, Joël Meyer, le 31 janvier 2022. Dans son communiqué, le gouvernement de Transition a justifié sa décision par les «déclarations hostiles» du diplomate français à son encontre.

Paris a usé de toutes son influence pour tenter d’isoler notre pays. Les différentes demandes de résolutions au niveau du Conseil de sécurité des Nations unies pour sanctionner le Mali ont échoué grâce au veto du partenaire russe. Notre pays avait même demandé une réunion d’urgence au Conseil de sécurité pour exhiber les preuves concernant la complicité de la France avec les groupes armés terroristes au Sahel. Une demande restée lettre morte jusqu’ici. L’ancienne puissance coloniale ne souhaite pas – on la comprend – que son double jeu soit étalé à la face du monde.

Les autorités maliennes accusent la France d’aider les terroristes qu’elle prétend combattre aux côtés des Forces armées maliennes. Le compagnonnage entre les deux pays était devenu un marché de dupes.

La volonté courageuse du Mali de dénoncer cette situation ubuesque vaut aujourd’hui à notre pays une campagne médiatique odieuse pour faire accréditer l’idée que l’état malien perpètre des exactions contre une partie de ses propres populations. Le sort d’une ethnie malienne importe peu pour ces néocolonialistes.


La « question peulh » est tout simplement un moyen de semer la discorde dans le pays pour favoriser leur vieille politique du diviser pour mieux régner. Malgré les pressions politico-diplomatiques et médiatiques, les autorités maliennes maintiennent le cap de la résistance contre toute forme de domination étrangère.

Bamako prend la décision de s’affranchir de la tutelle de Paris dans les couloirs du Palais de verre de Manhattan. La France perd du coup un levier diplomatique important. Paris ne pourra plus se prévaloir d’un quelconque statut de parrain de l’action de la communauté internationale dans le cadre de la crise malienne.

 

Bembablin DOUMBIA

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