Commémoration du 20 janvier 1961 : Plaidoyer pour la renaissance des Ateliers militaires centraux de Markala

Les Ateliers militaires centraux de Markala ont été créés en 1929 par le Service temporaire d’irrigation du Niger (STIN), dans le but de la réparation et de l’entretien des engins de terrassement.

Publié vendredi 21 janvier 2022 à 07:42
Commémoration du 20 janvier 1961 : Plaidoyer pour la renaissance des Ateliers militaires centraux de Markala

Le STIN, ayant terminé ses travaux en 1935, passa les Ateliers à un consortium composé de trois sociétés françaises, à savoir la Société nationale des travaux publics (SNTP) ; la Société meunier et Coses et la Compagnie des Batignolles. En Juillet 1947, le consortium céda les ateliers à l’Office du Niger. Le 1er août 1961, les ateliers se détachent de l’Office du Niger et deviennent une société autonome, dénommée «Entreprise malienne de construction et d’outillage mécanique» (EMCOM), sous la tutelle du ministère des Travaux Publics.

Le 15 juillet 1964, les ateliers fusionnent avec la Compagnie malienne de navigation et l’Usine de bois de Niaréla, pour former les Ateliers et Chantiers du Mali (ACM). Le 9 octobre 1973, les ateliers portent le nom de «Entreprise nationale de Métallurgie», sous la tutelle du ministère chargé des Sociétés et Entreprises d’État. Le 29 avril 1976, les ateliers sont inclus au Service matériel et bâtiment de l’Armée (SMB). Telles furent, depuis leur création, les différentes appellations que prirent ces ateliers.

Les Ateliers militaires centraux de Markala, comme on les appelle aujourd’hui, sont un complexe industriel spécialisé en métallique, dans la fabrique de charpentes, citernes, remorques, cuves, châteaux d’eau, matériels agricoles, vannes d’irrigation, bacs, chalands, mobiliers de bureau, lits, armoires, etc…
Ainsi pour répondre à un récent questionnement lu dans une certaine presse relatif à l’expertise des AMC quant à l’exécution du marché de réhabilitation du Barrage de Markala à lui octroyer par les plus hautes autorités, je réponds par l’affirmative.

Aussi, les AMC sont spécialisés en mécanique, dans la confection et la réparation de toutes les pièces mécaniques en fonte, bronze, ou acier ; le coulage en fonderie de toute pièce suivant modèle ou croquis ; la transformation-adaptation du moteur essence au diesel, la réparation de véhicules de tout type, etc…

Aussi, ces ateliers apparaissaient au-delà d’un simple assemblage de pièces et d’autres machines, comme une véritable industrie de fabrique d’armements et de pièces de rechange de véhicules de guerre, comme les BRDM et autres engins lourds de fabrication soviétique. Avec une cage et/ou un dépôt d’armement souterrain, ces ateliers-là constituaient une véritable prouesse pour toute une armée en quête d’équipements pour faire face à la menace terroriste.

Aujourd’hui, hélas, ces ateliers-là sont moribonds. Allez voir dans quel état se trouvent les Ateliers militaires centraux de Markala.
Si l’on n’y prend pas garde, ces ateliers mourront de leur belle mort, faute de subvention conséquente de l’Etat, qui pourtant, à travers ses premiers dirigeants (les présidents successifs), n’arrêtaient pas de faire leurs éloges tous les ans, dans leurs différents discours lus lors des cérémonies commémoratives du 20 janvier (Fête de l’armée).

Nous sommes tous témoins de l’état de cette armée malienne, jadis vaillante et équipée, et dont nombre des équipements se sont vite avérés dépassés et/ou obsolètes au fil des ans, sans une véritable politique de renouvellement. Or, jadis, ces ateliers répondaient amplement aux besoins de renouvellement et de maintenance d’équipements militaires. Et les moyens d’équipement d’une armée sous-tendent la politique de l’État à travers sa première institution, qui est le président de la République.     

En dépit de la place qu’auraient pu jouer les Ateliers militaires centraux de Markala dans la lutte contre le terrorisme, la question que l’on est en passe de se poser est la suivante : qu’est-ce que les présidents successifs du Mali ont fait de ces Ateliers ? 

Modibo Keita, Père de la nation malienne, avait-il la même vision de ces Ateliers que ses successeurs, dont deux généraux de l’armée ? Oh que Non. Aujourd’hui, le peuple malien est plus que jamais meurtri, humilié, outragé. Si une seconde mort était destinée à Modibo Keita, elle aurait été causée par la honte subie par le Mali suite à l’embrasement des régions nord puis du centre du pays par une déferlante poussée du terrorisme.

Seydou Badian Kouyaté, une icône de l’ère Modibo Keita l’a dit : «Si Modibo Keita était là, la MINUSMA n’aurait pas vécu», car sa vision était d’avoir la plus forte armée de la sous-région. Les Ateliers militaires centraux de Markala devaient en être la cheville ouvrière.

À titre illustratif, dans un passé récent (en 2012), les Ateliers militaires centraux de Markala avaient reçus des véhicules de l’Armée malienne pour l’installation de supports métalliques d’armes ‘‘12.7’’. Ces travaux remarquablement bien faits ont été d’un apport capital pour permettre à notre vaillante armée d’accomplir sa mission régalienne autour de la zone de combat, de Diabaly jusqu’à Léré.
Si Modibo était en vie, les Ateliers militaires centraux de Markala seraient en pole position dans la lutte contre le fléau du terrorisme, tant l’homme était un visionnaire. 

Pendant que la Russie reste toujours un pays ami du Mali, et au vu de l’exemplarité des relations d’amitié très fortes avec notre cher Maliba, ceci est un appel au secours, pour sauver le Mali.
De grâce, redynamisons le pan de la coopération russo-malienne qui constituerait à aider les Ateliers militaires centraux de Markala à sortir de l’ornière et à mieux équiper notre vaillante armée. Aujourd’hui, Il y a mieux à faire qu’auparavant, au regard de la nouvelle dynamique insufflée par les autorités de la Transition. 
La renaissance des Ateliers militaires centraux de Markala serait plus que salutaire, car ces ateliers permettront, à coup sûr, non seulement d’entretenir et de maintenir à point les nouveaux équipements militaires chèrement acquis mais aussi de servir de cheville ouvrière pour mieux l’équiper davantage, en vue d’assurer l’intégrité totale du territoire.

Commandes d’armes non livrées à temps, blocage des armements destinés au Mali par la Cedeao et autres institutions machiavéliques. Rien de tout cela n’arriverait si les Ateliers militaires centraux de Markala étaient associés à la dotation de notre armée en équipements militaires.
Avec la nouvelle dynamique, tous les ingrédients sont d’ores et déjà réunis pour y parvenir avec succès. En dépit des camps militaires de Bafo et de Banancoro, c’est toute l’Armée malienne qui, du coup, bénéficiera des produits finis des AMC. Ainsi, de vastes champs de test d’armements, d’entrainement et d’aguerrissement des pensionnaires de ces deux camps militaires pourront s’ouvrir dans ces zones-là pour limiter les mouvements des groupes terroristes et peuvent même s’avérer dissuasifs.
   
Aboubacar DIARRA,
Comptable UCP REDISSE III/Covid-19

Rédaction Lessor

Lire aussi : Région de Tombouctou : Les FAMa démantèlent d'importants sanctuaires logistiques appartenant aux terroristes

Dans le cadre de la sécurisation du territoire, les Forces armées maliennes (FAMa) mènent actuellement des opérations de contrôle de zone de grande envergure dans le secteur ouest de la localité de Léré, Région de Tombouctou..

Lire aussi : Œuvres sociales du Président de la Transition : Des kits alimentaires remis à des familles vulnérables

Ce geste du Général d’armée Assimi Goïta s’inscrit dans le cadre du Ramadan 2026 qui va bientôt débuter.

Lire aussi : Mutilations génitales féminines : Halte à la pratique !

A l’instar de la communauté internationale, notre pays a célébré la Journée internationale du 6 février «Tolérance zéro» aux mutilations génitales féminines (MGF)/excision sous le thème : «Rôles et responsabilités des autorités et légitimités traditionnelles du Mali face aux enj.

Lire aussi : Fédération nationale des mines et de l’Énergie du Mali : Moussa Coulibaly rempile

Le secrétaire général (sortant) de la Fédération nationale des mines et de l’Énergie du Mali (FENAME), Moussa Coulibaly , a été reconduit à son poste pour un mandat de cinq ans. Il dirige un bureau de 36 membres, en plus des 7 membres de la Commission de vérification..

Lire aussi : Affaires Paramount-Embraer : Le dossier renvoyé pour l’audition d’autres témoins

Le verdict tant attendu dans le procès dit «Paramount-Embraer» n’a finalement pas été rendu, le vendredi dernier, comme annoncé. Lors de cette séance, la Chambre criminelle spécialisée en matière économique et financière du Pôle national économique et financier a décidé de rabattre.

Lire aussi : Recrutement de 200 surveillants pénitentiaires : le ministre Mamoudou Kassogué lance la première phase

Le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, Mamoudou Kassogué, a procédé, samedi dernier sur la colline de Badalabougou, au lancement de la première phase du concours de recrutement de 200 agents du cadre de la surveillance des services pénitentiaires et de l’éduc.

Les articles de l'auteur

Communiqué du conseil des ministres du 07 janvier 2026

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 7 janvier 2026, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du Général d’Armée Assimi GOÏTA, Président de la Transition, Chef de l’État..

Par Rédaction Lessor


Publié jeudi 08 janvier 2026 à 08:53

ESPGMP : la 7ᵉ promotion sur le marché de l’emploi

L’École supérieure de passation et de gestion des marchés publics (ESPGMP) a procédé ce mardi, à la remise des diplômes de Master aux auditeurs de sa 7è promotion. La promotion a été parrainée par le président de l'Autorité de régulation des marchés publics et des délégations de service public, Alassane Ba.

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 07 janvier 2026 à 08:10

«Tourbillon dans un canari» : le nouvel ouvrage de Taki Kanté ElKalil

«Le nouvel ouvrage de l’écrivaine Taki Kanté Elkhalil intitulé: «Tourbillon dans un canari» vient renforcer le patrimoine littéraire. Le livre a été lancé, le samedi 27 décembre 2025, dans la bibliothèque de la Fondation Amadou Toumani Touré pour l’enfance sise à Hamdallaye ACI en Commune IV du District de Bamako..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 07 janvier 2026 à 08:09

L’ISFMI : La promotion Harouna Niang versée sur le marché de l’emploi

L’Institut Simon finance et management international (ISFMI) a organisé, jeudi dernier dans un hôtel de la place, une cérémonie de remise de diplômes aux 211 étudiants en Licence et Master de la promotion baptisée Harouna Niang, économiste et ancien ministre de l’Industrie, du Commerce et de la Promotion des Investissements..

Par Rédaction Lessor


Publié lundi 29 décembre 2025 à 09:04

Vaccination des enfants indigents : L’Anam s’engage à améliorer le taux national

L’Agence nationale d’assistance médicale (Anam), en collaboration avec le Centre national d’immunisation (CNI), a mis en place un programme d’identification et d’immunisation des enfants dits «zéro dose»..

Par Rédaction Lessor


Publié lundi 29 décembre 2025 à 09:03

Rémunération liée à la performance dans l’administration publique : Le commissariat au développement institutionnel engage la réflexion

Le secrétaire général du ministère de la Refondation de l’État, Ibrahim Simpara, a présidé, la semaine dernière dans un hôtel de la place, la cérémonie d’ouverture de l’atelier sur la rémunération liée à la performance dans l’administration publique..

Par Rédaction Lessor


Publié lundi 29 décembre 2025 à 09:02

Livre du banquier Hamadoun Ousmane Bocoum : une lecture structurée pour renforcer notre système financier

La parution de son livre s’inscrit dans une démarche citoyenne. En la matière, l’auteur, directeur du pôle exploitation commerciale de la BNDA, estime que la résilience de demain se prépare aujourd’hui, par la connaissance, la mémoire et la formation des futurs cadres de notre système financier.

Par Rédaction Lessor


Publié lundi 29 décembre 2025 à 08:54

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner