Des camions bennes assurent le transport du sable vers les clients
Le quartier
Djicoroni para, en Commune IV du District de Bamako, abrite l’un des plus
grands sites de vente de sable. Un marché a été développé autour de
l’exploitation de granulats avec plusieurs autres activités connexes
génératrices de revenu. Le sable est un matériau indispensable dans la
construction d’infrastructures tels les routes, ponts et bâtiments, entre
autres. Ce qui en fait un produit commercial très prisé.
L’extraction
et la commercialisation du sable sont aujourd’hui une industrie qui crée
beaucoup d’emplois. Ici, on distingue plusieurs catégories de travailleurs. La
première chaîne est composée de propriétaires de pirogues. Ceux-ci emploient
directement des extracteurs de sable dans le fleuve ou louent leurs
embarcations à des particuliers. Ces derniers à leur tour font travailler des
extracteurs pour charger les pirogues de sable à des dizaines de kilomètres de
là. La chaîne est bien organisée. Chaque jour, un convoi de 20 voire 30
pirogues, attachées les unes aux autres, est propulsé par une seule pinasse à
moteur. Celui-ci quitte le port d’attache pour le voyage à la recherche du
précieux sésame.
Le périple peut durer souvent des jours. à leur retour, on
assiste à un spectacle. Des embarcations
chargées à ras bord, glissent en grappe vers le port. à quelques centaines de
mètres, elles se détachent et arrivent en rang dispersé. Ce spectacle rythme le
quotidien des acteurs et les riverains du «Tchin tchin danguan», port de sable
de Djicoroni para.
Sur la
berge se trouvent les acteurs l’autre maillon de la chaîne. Il s’agit des
négociants de sable où, l’on retrouve beaucoup de femmes qui y ont fait fortune
et les intermédiaires ou «coxeurs» qui cherchent de potentiels clients pour les
revendeurs. On assiste à un ballet incessant de camions bennes qui assurent le
transport du sable vers les clients. Ces véhicules sont chargés au rythme de
cris de gaillards triés sur le volet, compte tenu de la rudesse de la tâche qui
consiste à charger les véhicules à la pelle.
Cette activité très lucrative a
favorisé la création d’un marché où, on peut trouver tout ce dont on a besoin
sur place. Des étals pour articles usagers, aux gargotes, en passant par les
vendeurs ambulants, tout y passe. On se croirait même dans une véritable
fourmilière. Yaya Keïta est ropriétaire de deux pirogues. Ce qui lui permet de
gagner dignement sa vie, confie-t-il. Il envoie régulièrement ses pirogues
chercher du sable sur commande des clients. Il rémunère les déchargeurs à
15.000 Fcfa.
À quelques encablures, nous rencontrons Kanda Camara. Assis dans
une chaise, à l’ombre d’un arbre, discutant avec ses collègues. Il nous parle
de sa petite entreprise sur ce port de sable. Il est propriétaire de trois
pirogues et explique comment les choses se passent. «Nous donnons nos pirogues
aux laptots (ouvriers chargeurs) qui partent extraire le sable à plusieurs
kilomètre d’ici. à leur retour, je paie les miens à 15.000 Fcfa chacun, les
dockers à 13.000 Fcfa et il revient à la pirogue à moteur 17.500Fcfa de la part
de tous les piroguiers associés à lui.
Car une seule pirogue à moteur peut
tirer une vingtaines de pirogues». Selon le jeune homme, les bennes sont
numérotées entre 7, 6, 5, 4 et 3, en fonction de leur contenance. Un chargement
de pirogue équivaut à un chargement de benne de 7 ou 6 bombée (plus évasée).
Kanda Camara révèle qu’ils vendent un chargement de benne 7 bombée (b7b) à
65.000 F cfa et non bombée à 50.000 Fcfa. Il ajoute que les chauffeurs de
bennes peuvent vendre à leurs prix et selon les distances. Aussi, il explique
que quand le prix du carburant augmente, les propriétaires des pirogues à
moteurs aussitôt majorent leurs prix. Le jeune patron déplore, le tarissement
progressif de l’eau. «Quand l'eau tarit
à partir du mois de janvier, les marchés se ralentissent au port de Djicoroni
para, car les pirogues se cognent aux rochers. Toute chose qui cause des dégâts», regrette-t-il.
«Le travail
éloigne de nous trois grands maux : l’ennui, le vice et le besoin »,
disait Voltaire. Des femmes battantes se nourrissent de cette philosophie et
exercent dans ce secteur d’activité. Eh mon fils ! «Ni ye ntori ye san fè,
dugumala man nôgon a bolo», prosaïquement quand on voit le crapaud grimper,
cela atteste des difficultés que le batracien éprouve en bas. C’est par cet
adage que Kounadi Doumbia nous a accueilli. Maniant la pelle, la sexagénaire
est entourée d’autres femmes. Certaines remplissent les récipients de sable
pour constituer un stock.
Elle avoue évoluer dans cette activité depuis 20 ans.
«Notre travail est de sortir le sable de l'eau pour constituer un stock qui est
ensuite vendu par les chefs. Ce que nous gagnons par semaine est reparti entre
les travailleuses et la caisse collective pour faire face aux taxes et autres
problèmes sur le site». Selon elle, ce gain oscille entre 15.000 à 20.000Fcfa
par semaine pour chacune d’entre elles. La vieille femme exprime son regret de
toujours exercer cette activité malgré son âge.
Moussa
Diarra, marié et père de 5 enfants, y évolue depuis 25 ans et arrive à joindre les deux bouts. Il
rappelle aussi que les difficultés rencontrées sont liées au ravitaillement en
bois. Ces bois viennent de la Côte d'Ivoire ou de la Guinée Conakry. On les
utilise pour souder les pirogues, explique le quadragénaire. Le prix d’une
pirogue neuve peut atteindre un pu plus de 1,1 million de Fcfa selon la dimension.
Solomane
Djiré est natif de Sinzani, dans la Région de Segou. Marié et père de deux enfants, chaque année,
ce jeune laptot vient travailler pendant 6 à 7 mois. Après il retourne au village auprès des siens. Selon
lui, cette activité lui permet d'être indépendant, d’aider ses parents au
village. Mais il reste conscient que c’est un travail pénible aussi sans
oublier l’épuisement corporel et l’insomnie.
« Quand on quitte ici dans la journée, on arrive à la maison souvent à des heurs indues. Nous remplissons nos pirogues en plongeant dans l’eau pour extraire le sable. C'est un travail nocturne, même en période de froid», explique-t-il, avant de préciser qu’en dépit de tout ça, certains patrons ne payent pas convenablement leurs employés.
N’Famoro KEITA
Rédaction Lessor
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