Après
Anéfis, la progression des Forces armées maliennes (FAMa) vers la ville de
Kidal est en cours avec pour objectif d’occuper le camp qui sera rétrocédé par
la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation
au Mali (Minusma). Cependant cette opération ne sera pas un long fleuve
tranquille. Comme à Anéfis, les combats s’annoncent rudes entre les
indépendantistes se présentant sous la bannière CSP et leurs alliés des groupes
terroristes.
Beaucoup
de nos compatriotes craignent que nos militaires stationnés à Kidal dans le
cadre des Forces armées reconstituées soient pris pour cible par la coalition
des ennemis de la paix. Ces derniers jours, des rumeurs faisant état de leur
transfèrement à Gao par la Minusma couraient dans la ville.
Hier,
la Direction de l’information et des relations publiques des armées (Dirpa) a
coupé court à ces rumeurs. Dans son communiqué, le service de communication de
l’Armée a rappelé que le Bataillon des Forces armées reconstituées (BATFAR),
composé des FAMa, des combattants de la Plateforme et de la CMA, était basé
dans le camp I de Kidal sous la protection de la Minusma.
«La composante FAMa et la Plateforme de ce bataillon, a précisé la Dirpa, ont quitté ce mardi le camp I de Kidal pour celui de la Minusma». C’est dire que nos soldats et les éléments de la Plateforme sont maintenant directement sous la protection des Casques bleus des Nations unies. Des informations faisaient état hier d’un possible transfèrement du contingent par avion de la Minusma vers Gao.
Avant-hier, la Minusma avait aussi apporté un démenti aux informations relatives au départ du contingent guinéen de Kidal, précisant que celui-ci quittera Kidal au moment prévu, conformément au plan de retrait. La Mission onusienne a aussi démenti son retrait des camps d’Aguelhoc et de Tessalit. Ce retrait, a rappelé la Minusma, doit intervenir à partir de la mi-octobre, conformément au calendrier prévu. «Ce calendrier ajusté, du fait de l’arrivée tardive des convois logistiques en provenance du Tchad, suivie de problèmes de sécurité, est connu de tous les acteurs concernés», a précisé la Minusma, ajoutant que les rumeurs à son encontre risquent de mettre en danger les mouvements de ses contingents.
C’est le 10 février 2020 que les premières unités de l’armée reconstituée avaient quitté Gao pour la ville de Kidal. Elles ont mis trois jours de route pour arriver à Kidal avant de s’installer dans le camp I de la ville. Conformément aux dispositions de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger, les unités de l’armée reconstituée devraient mener des patrouilles dans le but de sécuriser la libre circulation des personnes et des biens dans leurs zones d’intervention. Cependant, le Bataillon des Forces armées reconstituées de Kidal n’a jamais été déployé sur le terrain. Seuls les éléments de la CMA opéraient à Kidal et ses enivrions en toute violation de l’Accord.
Madiba KEÏTA
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