Né en 1934 à Nango, dans l’arrondissement central de Ségou, Balla Moussa Keïta se retrouve, à l’âge de huit ans, sur les bancs de l’école à Ségou-ville. Il y poursuit ses études primaires jusqu’à l’obtention du Certificat d’études primaires. Il est ensuite contraint d’arrêter l’école, afin d’aider ses parents dans les travaux champêtres.
Après le décès de son père, Balla Moussa Keïta quitte sa région natale pour se rendre à Bamako. Il devient d’abord employé de commerce pendant douze ans, un métier qui lui permet de découvrir plusieurs autres villes maliennes, notamment Mopti et Dioro, où il se rendait pour acheter du riz et du poisson avant de les revendre à Bamako.
À l’âge de 18 ans, il s’essaie au cinéma avec succès. Toutefois, son véritable rapport avec le cinéma commence quelques années après l’indépendance du Mali, lorsqu’il est envoyé avec une délégation malienne en Chine, afin de doubler trois films chinois en bambara. Il séjourne cinq mois en Chine. C’est le début d’une brillante carrière d’homme de culture.
En 1960, Balla Moussa Keïta intègre la compagnie du Théâtre national, puis le Haut-commissariat à la jeunesse. Il y travaille pendant dix-huit ans dans le domaine de l’art et du théâtre. Il est ensuite détaché, en 1978, au ministère de l’Information. Cette transition s’explique notamment par le fait que, depuis 1967, il avait déjà commencé à intervenir à la radio, notamment à travers de petits programmes de sensibilisation sur les dangers des feux de brousse et sur la mauvaise conduite des camionneurs. Balla Moussa devient alors « une voix » très appréciée des auditeurs. Il réalise des bulletins d’information, des avis et communiqués ainsi que des magazines pour plusieurs structures publiques et privées, notamment des agences nationales d’information et l’Agence malienne de presse et de publicité.
UNE TRÈS RICHE FILMOGRAPHIE- La véritable incursion de Balla Moussa Keïta dans le cinéma se fait en 1975, grâce au cinéaste Souleymane Cissé, qui lui propose un rôle dans son premier film, Den Muso. Il joue par la suite dans plusieurs films, notamment Baara, de Souleymane Cissé (1978) ; Finyè, de Souleymane Cissé (1982) ; Yeelen, de Souleymane Cissé (1987); Desebagato, le dernier salaire, d’Emmanuel Sanon (1987); 1989 Finzan, de Cheick Oumar Sissoko ; 1990 Séré, le témoin, de Mohamed Dansogo Camara ; 1991 : Ta Dona, d’Adama Drabo ; 1991 : Céline au Mali, de Monique Crouillère ; 1993 : Tiefing, de Djibril Kouyaté ; 1994 : L’Enfant noir, de Laurent Chevallier ; 1995 : Guimba, de Cheick Oumar Sissoko,1995 : Waati, de Souleymane Cissé ; 1995 : Sita, de Missa Hébié ;1996 : Macadam Tribu, de José Zeka Laplaine ;1997 : Faraw, une mère des sables, d’Abdoulaye Ascofaré ; 1999 : La Genèse, de Cheick Oumar Sissoko ; et enfin en 2002 : Sita, de Missa Hébié, série télévisée.Durant sa riche carrière d’homme de théâtre et de cinéma, Balla Moussa Keïta obtient plusieurs prix et distinctions honorifiques. Il reçoit notamment le Prix d’interprétation masculine au FESPACO en 1991, à Ouagadougou. Le Prix Fah Cissé lui est également attribué en hommage à sa contribution exceptionnelle à la culture malienne. Une des salles du Centre international de conférences de Bamako (CICB) porte son nom.
Balla Moussa Keïta s’éteint le 6 mars 2001 à Bamako. À l’occasion de la cérémonie funèbre, les acteurs du monde de la culture et du cinéma lui ont rendu un hommage mérité. De grandes figures maliennes, notamment le regretté Souleymane Cissé et l’ancien ministre de la Culture, Cheick Oumar Sissoko, reconnaissent unanimement la grandeur de l’homme.
Balla Moussa Keïta était un homme mystérieux, délicat, très cultivé et constamment sollicité pour la qualité de ses textes et de ses interprétations. Aujourd’hui encore, ses œuvres théâtrales, son talent d’acteur et surtout sa voix inimitable continuent d’inspirer les amoureux du théâtre, du cinéma et de la culture malienne.
Mohamed Lamine H. DICKO
Rédaction Lessor
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