La délégation russe et les ministres chargés des Affaires étrangères de l’AES en séance de travail
Le
ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye
Diop et ses homologues du Burkina Faso Karamoko Jean Marie Traoré et Bakary
Yaou Sangaré du Niger se sont entretenus, jeudi dernier, avec leur homologue
russe Sergueï Lavrov. À l’issue de cet entretien, le ministre burkinabè a
précisé que la rencontre s’inscrit dans un mécanisme de consultation cyclique
que les parties ont établi au terme d’un mémorandum d’entente entre les trois
ministères des Affaires étrangères pour permettre à la Confédération des États
du Sahel et à la Fédération de Russie de trouver un cadre de dialogue pour
revisiter les dossiers de coopération. « Nous nous étions rencontrés à Niamey,
où nous avons pu discuter et travailler à mettre en place une feuille de route
ficelée autour d’un certain nombre d’activités. Aujourd’hui, il était question
de voir quelles sont les activités qui ont pu être menées et comment est-ce que
nous allons articuler et organiser la synergie dans le cadre de la mise en
œuvre de cette feuille de route. C’était naturellement l’occasion aussi pour se
féliciter des succès que nous avons pu engranger ensemble sur tous les fronts
sécuritaires et sur le front aussi de la coopération au développement. Nous
nous sommes également félicités de la collaboration entre nos représentants
permanents ici à New York, au sein du système des Nations Unies, mais aussi
dans notre cadre multilatéral, où nous avons pris l’habitude de nous apporter
du soutien mutuel », a précisé Karamoko Jean Marie Traoré. Évoquant les
grandes actions réalisées, le ministre burkinabè a indiqué que « nous
avons d’abord travaillé à asseoir le cadre juridique. Dans tous les trois pays,
vous avez des commissions intergouvernementales qui sont mises en place et qui
sont des instruments de consultation qui vont permettre à tous les départements
sectoriels, finances, commerce, énergie, industries, de travailler ensemble sur
des projets mutuellement bénéfiques pour la Confédération et pour la Russie.
Nous avons également échangé sur la coopération en matière de défense et de
sécurité ».
« Vous
savez que c’est une question qui est assez sensible. Dans tous les cas, c’était
l’occasion pour nous de réaffirmer, en tant que département des Affaires
étrangères, notre rôle de coordination, d’interface, d’organisation,
d’accompagnement, d’information et de suivi de ce qui se fait en termes de
coopération et de relations entre nos pays et la Fédération de Russie », a
conclu le ministre burkinabè.
ASPIRATIONS
à LA PAIX- De façon bilatérale, le ministre Diop a eu un entretien avec Miguel
Angel Moratinos, Haut représentant des Nations unies pour l’Alliance des
civilisations (UNAOC). Après l’entretien qu’il lui a accordé, Miguel Angel
Moratinos a souligné qu’il a eu le privilège, la satisfaction de rencontrer son
cher ami le ministre des Affaires étrangères.
« On
est de vieux amis, de longue date. Tout d’abord, j’ai salué et félicité le
travail intense que le Président de la République, le Général d’armée Assimi
Goïta et tout son gouvernement et bien évidemment la diplomatie du Mali sont en
train de faire pour asseoir son narratif contre la domination coloniale, non
seulement dans la sous-région, mais sur tous les continents et dans les
affaires internationales. Je crois que cette voie forte de l’Afrique, cette
voie forte du Mali est nécessaire dans ce monde actuel », a détaillé le
Haut représentant de l’Onu.
Avant
de préciser que dans ce sens, on a essayé de trouver des créneaux de possibilités
pour poursuivre la coopération bilatérale qui a été toujours très active.
« Je dois me rappeler que quand j’étais ministre des Affaires étrangères,
j’ai ouvert l’ambassade d’Espagne à Bamako, j’ai ouvert le bureau de
coopération. Je tiens en souvenir un engagement personnel et politique avec le
Mali. Et pour cela, on a décidé de trouver des actions concrètes sur le
terrain. Le travail des femmes qui travaillent pour la médiation, pour la
prévention, le dialogue interreligieux entre les différentes communautés, la
façon dont on peut renforcer cette prévention, cette politique de prévention
pour éviter les conflits et les crises me tiennent à cœur. Et pour cela, M. le
ministre m’a toujours dit que je suis le bienvenu à Bamako », a fait remarquer
l’interlocuteur. Qui s’est réjoui de l’invitation qui lui a été faite de se
rendre au Mali et qu’il promet d’honorer l’année prochaine avec des actions
concrètes pour continuer notre coopération bilatérale.
Les
audiences se sont poursuivies vendredi avec le ministre cubain des Affaires
étrangères Bruno Rodriguez, son homologue algérien Ahmed Attaf, Ismaël Ould
Cheick, secrétaire général de l’Organisation de la conférence islamique et son
homologue nicaraguayen, Valdrack L. J. Whitaker. Avec toutes ces personnalités,
les échanges ont porté sur les opportunités de la coopération bilatérale entre
le Mali et ces pays ou organisations internationales.
à l’issue de l’entretien avec le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a expliqué que les deux chefs d’état, notamment le président algérien Abdelmadjid Tebboune et le président malien, le Général d’armée Assimi Goïta ont décidé de se donner la main pour reconstruire une relation fraternité entre nos deux pays. Cette relation qui est elle-même dictée par l’histoire, la géographie et la nécessité pour nos pays de travailler ensemble pour nous mettre à l’abri d’un certain nombre de difficultés d’évolution géopolitique qui posent problèmes. « Naturellement, nous nous réjouissons de l’effort déployé par le Mali. L’important est que les pays de l’AES et leurs dirigeants ont une vision très claire de là où, ils veulent aller et ils ont une compréhension très fine aussi des dynamiques et des enjeux géopolitiques dans notre espace et nous allons vraiment travailler ensemble en tenant compte de tout ça, en nous donnant la main, en faisant en sorte que la volonté de nos populations et leurs aspirations à la paix et au développement puissent être respectées », a conclu le ministre algérien Ahmed Attaf.
Moriba COULIBALY
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