Une vue du présidium
La situation était au cœur d’une assemblée générale, organisée hier dans les locaux de l’entreprise de presse, à l’initiative du comité syndical. L’assemblée a souverainement pris la décision d’observer lundi prochain un sit-in de 10 heures à 11 heures et un arrêt de travail tous les jeudis de la semaine à compter du 29 octobre prochain. D’ailleurs un préavis de grève sera déposé dans ce sens sur la table du ministre chargé de la Fonction publique. Les travailleurs entendent mettre en œuvre cette menace de débrayage jusqu’à la satisfaction de leurs doléances, notamment le paiement intégral des arriérés de salaires. Ce sont les décisions fortes qui ressortent de cette rencontre des travailleurs, tenue en présence des représentants de la direction générale, Souleymane Bobo Tounkara et Amadou O. Diallo.
Ces dispositions ont été prises après plusieurs efforts consentis par le comité syndical de l’Agence pour alerter la direction et les autorités sur la situation financière préoccupante que traverse la structure. Dans son intervention, le secrétaire général de ce comité syndical, affilié au Syndicat national de l’information, de l’informatique, de la presse et de l’industrie du livre (Snipil), Bassaro Haïdara, a énuméré de nombreuses actions et démarches entreprises par le comité, notamment l’esprit de dialogue constant avec la direction, la levée de mot d’ordre de grève si les salaires du mois échu ne sont pas payés avant le 10 du mois suivant pour attester de sa bonne foi de trouver une solution aux préoccupations des travailleurs. Le syndicaliste a aussi évoqué la rencontre avec le ministre de tutelle, Alhamdou Ag Ilyiène, qui sera ensuite élargie au secrétaire général de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), Yacouba Katilé.
Le comité syndical a été aussi reçu par le ministre chargé du Travail, Fassoun Coulibaly, sur instruction du Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga, à la suite d’une demande d’audience auprès du Chef du gouvernement et du président du Conseil national de Transition, le Général de corps d’armée, Malick Diaw. Le syndicat a largement partagé des inquiétudes avec le ministre Fassoun Coulibaly sur la situation actuelle de l’entreprise.
Selon le leader syndical, cette situation financière affecte le fonctionnement du service à travers la faible mobilisation des travailleurs pour l’exécution des tâches au quotidien. Les travailleurs endettés auprès des Banques de la place subissent aussi le contrecoup des retards dans le paiement des salaires et des arriérés. Ils sont durement pénalisés par la retenue de deux échéances de prêt sur le salaire du mois échu, en raison du retard des virements., Il a regretté le fait de voir les travailleurs confrontés à cette situation depuis plus d’une année.
«Nous avons fait à la rentrée des classes sans les salaires. C’est pénible pour les chefs de famille qui frôlent à la limite l’humiliation», a confié le secrétaire général. Et de dire aussi que la décision prise à la suite de cette assemblée n’est pas de gaité de cœur. «Nous voulons continuer à travailler. C’est pourquoi, on a décidé de faire une grève perlée», a-t-assuré.
L’initiative a été acclamée par les travailleurs qui, au cours de la rencontre, ont exprimé leur désarroi moral et leurs inquiétudes. Faut-il aussi préciser qu’en raison de cette tension de trésorerie, les travailleurs ne bénéficient pas des prestations à l’Assurance maladie obligatoire (Amo) depuis des mois.
Mohamed DIAWARA
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